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Queenie
Invité

[Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Ven 17 Juin 2016 - 18:13


Dernière édition par Tylda le Jeu 20 Juil 2017 - 11:56, édité 1 fois
Rappel du premier message :


Bienvenue sur ma galerie. Ici, je poste mes créations sur les Sims 4 mais également des textes.
Vous pouvez, justement, retrouver l'avancée de mon histoire juste ici :

Chapitre 1 - pas de modification depuis la page 5
Spoiler:

Stirn
14 Juin 1506, Château de l'Aube, Manes

–  Je pense que ce sera tout pour aujourd'hui.

Ma voix est dénuée de chaleur et mon ton et sec. Je n'ai jamais aimé participer aux conseils du royaume en l'absence de mon époux. Les hommes présents dans la salle me vouent une haine sans égale et si je n'ai pas peur d'eux, je me sens tout de même mal à l'aise à leur côtés.
La pièce est éclairée de bougies. Les fenêtres ne nous offrent que la clarté de la lune : cela fait maintenant quatre heures que le conseil a débuté et la Capitale est déjà endormie.
Je suis installée sur le trône du Roi, comme toutes fois où c'est moi et uniquement moi qui préside l'Assemblée. Autour de la longue table en chêne, les conseillers se lèvent. Le bruit du frottement de leurs sièges contre le sol humide m'insupporte. Si le Roi avait été présent, ces hommes seraient sortis de la salle silencieusement après lui avoir accordé une humble révérence. Aujourd'hui, ils se contentent de s'abaisser rapidement devant moi et de sortir sans un mot de plus.

Je rejoint donc mes appartements sans prendre la peine d'adresser la parole à mes dames de compagnie qui me suivent au pas de course dans les couloirs du château de l'Aube.
Je suis exténuée par cette journée. Ce matin, alors que j'étais toujours dans mon lit, un message est arrivé du front. La lettre venait de mon mari. J'aime son écriture et la façon dont il m'écrit : bien que grand nombre de ses actes soient moralement douteux, il m'écrira toujours de sa propre main, manière chevaleresque d'un homme à son épouse.
Mais le contenu du message avait tout pour me déplaire. Son armée a perdu deux batailles consécutives et il ne pouvait m'assurer son retour avant le mois de Janvier prochain. Ce qui signifie donc que mon rôle de régente n'est pas prêt d'être terminé avant de longs mois.

Je laisse mes femmes de chambre me dévêtir et leur demande de sortir. Avant de me glisser sous les draps, je me pose devant la fenêtre de ma tour. Au loin, j'ai beaucoup de mal à distinguer la ligne d'horizon. J'ai entendu les servantes discuter de mon comportement. Ces idiotes s'imaginent que j'attends le retour du Roi. Notre couple produit un effet ridiculement romantique sur les jeunes femmes du pays. Toutes s'imaginent vivre l'idylle de la même manière que leurs monarques... Quel amour ? Quelle idylle ? Je n'ai jamais rien ressenti.
Ce que je guette, ce n'est ni le levé du jour, ni mon époux. J'attends mon heure, voilà tout. Mon regard est porté à l'Ouest, sur la Terre lointaine où j'ai grandi : Idonis. À chaque fois que je suis face à cette direction, je fini par fermer les yeux. Et je repense aux événements qui ont changé ma vie.

Il fut un temps où je me croyais libre.
J'ai vécu les treize premières années de ma vie en paix. Je vivais dans la partie Sud d'Idonis, mon Île. J'étais l'héritière de la famille la plus riche qu'il soit : et pour cause, puis-ce que j'ai un jour été la fille de la Gouvernante du pays. Ma mère s'appelait Ema. Elle ne possédait pas le titre de Reine, car dans notre religion, la seule divinité qui existe est notre Déesse. Alors ma mère dirigeait le pays selon Ses volontés, sans abuser de ses pouvoirs. Notre famille était la famille de la Gouvernance depuis la nuit des temps. J'aurai du faire de même. J'aurai du devenir la Gouvernante à mon tour, et léguer mon statut à ma fille.

En 1484, le vent a tourné et mon destin a changé.

Je me souviens bien du jour où l'armée d'Azaga, ce pays étranger dont je ne connaissais rien, est rentrée dans Agen. Je me trouvais dans la même position qu'aujourd'hui : dans ma chambre, regardant par la fenêtre.
Je n'avais vu ni ma mère, ni mon père depuis des jours. Mes femmes de chambre ne voulaient pas que je sorte dans les jardins : j'étais recluse dans ma chambre. Déjà à l'époque, j'aimais observer le monde s'éveiller au delà de ma fenêtre. Comme je n'avais rien à faire, je lisais tranquillement durant de longues nuits, et le jour, je guettais les environs, je regardais femmes et hommes déambuler dans les rues de ma ville pour aller travailler.
Ce jour là, quand j'ai posé mon livre et relevé la tête, il y avait des affrontements dans le port. Des centaines – non, des milliers d'hommes armés semblaient se battre. Je cherchais à voir plus de choses, mais une épaisse fumée m'en empêchait. Comment tous ces hommes, habillés si étrangement, aux armes si différentes des nôtres, avaient-ils pu débarquer sur mon Île, dans notre havre de paix et de tranquillité ?
Je ne sais pas comment je me sentais. Je pense qu'à l'époque, je ne le savais pas non plus. Le seul sentiment dont je me souviens, c'était ma curiosité débordante. Avais-je peur ? Étais-je confiante ?
Si les hommes avaient envahi le port, ils étaient forcément venus par bateau. Dehors, des gens hurlaient. Les bruits d'horreur me paraissaient bien proches. Était-il possible que d'autres hommes armés avaient pénétré la ville ?
Ma nourrice m'informa que ma mère allait venir me voir et que je n'avais pas le droit de sortir. C'est seulement après l'avoir supplié de m'en dire plus que la vieille femme me dit ce qu'elle savait.

– J'ai entendu les domestiques en parler entre eux. Ils disent que deux armées différentes ont pénétré le pays. Les Deux Grandes, précisa t-elle.

Je ne savais pas grand choses des deux grandes puissances voisines, Stirn et Azaga. Jamais aucun étranger n'avait franchi nos frontières. Jamais personne ne s'était intéressé à nous. Nous vivions seuls, nous vivions très bien sans eux.

– Que veulent t-ils ?

– Je ne sais pas, me répondit-elle. Je sais seulement que l'armée qui a envahi Agen s'appelle A.. Aza.. Enfin, que les deux armées se sont séparé la moitié du pays. À l'heure qu'il est, l'autre Île doit être en train d'envahir le Nord.

Je suis restée dans ma chambre pendant des heures, silencieuse. Les bruits de combat étaient de plus en plus net. La fumée avait pénétré par les barreaux de ma chambre et je ne pouvais m'arrêter de tousser.

La porte a fini par s'ouvrir. Ma mère pénétra dans la pièce et, d'un signe de tête, fit sortir les femmes de chambre paniquées qui pleuraient silencieusement dans mes appartements.

– Ma fille. Approche-toi.

Elle me prit dans ses bras. Je me souviens qu'elle possédait un parfum particulier, une fragrance différente de celles de chez moi. Hommes et femmes d'Idonis possédaient tous la peau claire, les cheveux noirs et les yeux verts. Ils étaient beaux. Ma mère était belle. Voilà ce que je me disais à cet instant.

– Mère ?

– Nous n'avons pas beaucoup de temps. Ma chère Cerra, nous allons devoir nous quitter. Je suis désolé, terriblement désolé. Des hommes armés arrivent d'un autre pays et viennent pour conquérir toute notre Île. Ce sont des barbares. Ils torturent, tuent et prennent des prisonniers.

– Notre armée pourrait peut-être les vaincre ?

– La moitié de nos hommes sont déjà morts. Ils se rapprochent. J'ai passé les deux derniers jours dans la chapelle. La Déesse entend toutes les prières, mais n'a pas répondu à mon appel. Cet obstacle, c'est elle qui nous l'envoie.

– Pourquoi nous ferait-elle ça ? Pourquoi venir nous tuer ?

Elle s'est approchée de la fenêtre à son tour. Je remarquais qu'elle ne tremblait pas : ma mère ne tremblait jamais. Elle se tenait droite et semblait sûre d'elle. Sa voix était calme. Son attitude rassurante me trompait : je croyais qu'elle détenait une solution pour que nous puissions continuer à vivre unis, elle, mon père et moi.

– Nous n'avons plus beaucoup de temps, répéta t-elle. Écoute moi bien. Un cheval t'attend aux écuries. Ton père voyagera avec toi, et ce sera tout. Nous ne pouvons pas nous permettre d'augmenter le nombre de voyageurs, vous vous ferriez repérer.

– Pour-...

– Tu écoutera ton père quoi qu'il arrive. Si il vient à mourir, tu continuera seule. Tu es bonne cavalière : promet moi d'être rapide et toujours silencieuse. Ne parle à personne en chemin. Ne révèle pas ta vraie identité.

– Pour aller où, Mère ?

À l'époque déjà, j'étais plus petite que la moyenne des femmes d'Idonis. Elle s'agenouilla près de moi et caressa mon visage du bout de son index. Ses yeux habituellement remplis de tendresse étaient désormais remplis de larmes qui n'osaient franchir ses paupières pour glisser le long de ses joues. Ou peut-être étaient-ce les flammes de la cheminé qui les faisaient briller autant ?

– Ton père t'expliquera tout. Tu dois partir maintenant. Ton père portera ton bagage – trois robes seulement, nous ne pouvons pas nous permettre plus. Promet moi de ne pas m'oublier et de ne pas perdre ta foi, quelques soient les événements à venir. Je t'aime.

Elle avait toujours été pleine de bienveillance envers moi, mais elle ne m'avait jamais dit ouvertement qu'elle m'aimait.
Démunie, je la regardais sortir de la pièce. J'étais totalement paralysée par la peur de l'inconnu, par la suite des événements. Ses mots se bousculaient dans ma tête, j'essayais de les rendre plus clairs, je voulais comprendre.

– Vite, me dit elle après avoir ouvert la porte.

Je jeta un dernier regard vers l'armée d'Azaga. Je n'avais plus le temps de rester là. Quelque soit le danger, je compris que désormais, je devais agir.
Je franchi la porte, attendant sur le seuil avec ma Mère. Ses yeux ne brillaient plus. Avait-elle refoulé ses larmes où leur éclat du aux flammes avait-il disparu ?

– Aux écuries. Prend ça.

Elle décrocha le collier qui ne quittait jamais son cou : une ficelle brodée d'or sur laquelle était accroché une pierre blanche. Puis je me suis élancée dans le couloir en direction des escaliers. Alors que je descendais les premières marches, j'entendis sa voix appeler mon nom.

Je ne la voyais plus, j'imagine qu'elle était toujours au seuil de ma porte. En fait, je ne faisais pas attention à ce genre de détails à l'époque. J'étais certaine de la revoir dans un futur proche.
Je ne la voyais pas, mais je sentais sa présence.

– Ce n'est pas de ta faute. N'oublie jamais ça.

J'ai attendu une éternité sur les marches d'escalier, jusqu'à ce que je sois sûre qu'elle était partie.
Puis j'ai repris mon chemin, sans me rendre compte que c'était la dernière fois que j'entendais sa voix.

Quand je rouvre les yeux, les flammes des bougies de ma chambre se sont éteintes. Mon esprit est tout aussi fatigué que mon corps, et je déteste ne pas y voir clair. Je me dirige doucement vers mon lit puis me glisse sous les draps. Une fois protégée par l'épaisse couche de tissus recouvrant ma peau, je me laisse allée au sommeil en gardant entre mes doigts le collier accroché autour de mon cou.

Chapitre 2 - tout juste modifié.
J'ai nuancé les propos de mon héroïne suite aux conseils de Lady et de Rope', merci !
Spoiler:

Stirn
23 Juin 1506, Palais d'été, Apas
Cela fait dix-huit ans maintenant que je me rend à Apas pour fêter la nouvelle saison.
Le Palais d'été est magnifique. Il s'agit certainement de ma demeure favorite. Sa construction a débuté il y a vingt et un an, lors de mon arrivée dans mon nouveau pays. Mon époux rentrait d'Idonis victorieux et plus riche que jamais. Il savait que sans moi et l'accord qu'il passa avec ma mère, il n'aurait jamais gagné la guerre. Alors que je cherchais à être la plus distante possible de mon nouveau mari, lui, voulait me prouver qu'il était digne de confiance et pouvait être un bon époux.

Il me remercia donc en faisant construire ce qu'il voulait être le château le plus magnifique au monde. Edmond disait à qui voulait l'entendre que le Palais allait être à l'image de ma beauté et de ma lignée. J'étais jeune et intimidée, je ne voulais pas de son affection ni de l'attention qu'il me portait. En l'épousant, je pensais vivre en sécurité dans un donjon où je n'aurais jamais l'occasion de sortir. C'est ce que j'aurai préféré.

Il le fit ériger au Sud, là où le temps est particulièrement clément en comparaison avec les fortes pluies de la Capitale.


Le trajet ne fut pas très long : Stirn est situé à mi chemin entre le Nord et le Sud et les chemins empruntés par le carrosse ne pouvaient être plus praticables. Lors de mon arrivée, le vingt et un au soir, je fus une nouvelle fois frappée par la magnificence des lieux et de l'édifice, entouré de grandes forêts de chênes centenaires et d'une rivière. Après notre mariage, Edmond la rebaptisa Cerra. La rivière de Cerra.

Le granit du château n'est pas un granit ordinaire : il est rosé, parfois rouge selon la lumière du soleil. Sa taille est telle que nous pourrions facilement y loger tous les membres de la Cour et les familles des membres du Conseils.

Fort heureusement, le Roi étant absent, je n'eus pas à emmener beaucoup de monde avec moi. Quelques dames de compagnies, mes enfants et leurs précepteurs suffisent amplement pour ces vacances de deux semaines.
Ici, je suis plus tranquille et plus reposée. Je veux profiter de mes enfants et passer du temps avec les jeunes princes et princesses.

Parfois, vivre sans le Roi à ses bons côtés.


– Mère, me dit Amédée. Pourrons-nous aller nous promener à cheval, demain ?

C'est la fin de la journée. Les garçons s'affrontent à l'épée dans jardin, Blanche est assise près d'eux en lisant. Quand à Bathilde, elle est restée alitée tout le jour durant, se plaignant de violents maux de tête, soit, comme d'habitude.

– à condition que le temps soit clément et que vous vous teniez tous tranquilles au dîner.

Je ponctue ma phrase d'un regard appuyé envers l'aîné de la fratrie, Edward. Il ressemble déjà à un homme : ses boucles brunes tombent devant ses yeux, aussi sombres que ceux de son père. Il me dépasse déjà d'une demi-tête et sa carrure pourrait être comparée à celle d'un gladiateur des temps anciens. Pourtant, son comportement n'a rien d'adulte : il aime se bagarrer avec son frère, de cinq ans son cadet, et se sent en constante rivalité avec Blanche. Malgré ses seize ans, l'héritier de la couronne agit comme si il en avait dix de moins.

Les enfants ont continué à jouer quelques temps.
J'ai rédigé des lettres tout l'après-midi, des lettres personnelles : hors de question pour moi de travailler à Apas. La majorité étaient adressées à quelques dames de la Cour qui me témoignaient une sympathie inhabituelle : là-bas, je suis respectée mais détestée par bon nombre de jeunes femmes amoureuses d'Edmond.

Juste avant de partir pour Apas, j'ai justement reçu une lettre de sa part. Elle date d'il y a trois semaines. Le messager qui me l'a fait parvenir s'est montré particulièrement rapide : d'habitude, quand je reçois un billet venant d'un pays voisin, il met au moins un mois et demi à arriver.
J'ai décidé d'emporter la lettre avec moi au Palais d'été pour la lire tête reposée et avoir plus de temps pour lui répondre.

Cerra, mon aimée,

Son écriture est magnifique. Il n'y a aucune bavure sur le papier. Je l'imagine, le jour sur le champ de bataille pour guider ses troupes et le soir en train de m'écrire, éclairé seulement par une bougie et le clair de lune. Il y a des chances pour que ce soit le cas : il est si chevaleresque, comment pourrait-il en être autrement ?

Une terrible bataille a eu lieu il y a quelques jours. Pardonnez-moi de ne pas vous en avoir informé plus tôt : d'ailleurs, je ne sais même pas quand ce message vous parviendra. Enfin, si il vous parvient...
Je suis blessé à la jambe et ne peux plus me battre. Vous, et les enfants, priez en mon nom.

Au fil de ma lecture, une boule apparaît dans mon ventre.
À Stirn tout comme à Azaga, hommes et femmes n'ont foi quand le Roi. C'est à lui nous devons nous adresser dans chacune de nos prières.
Je ne le prie pas . Le soir, juste après avoir prié auprès de la Déesse en laquelle je n'ai jamais cessé de croire, j'essaye de tout mon cœur de faire de même, en tentant désespérément de diviniser mon mari. C'est vraiment difficile. Ce n'est pas un Dieu : Edmond est un homme dont l'apparence ne surpasse pas celle des autres hommes et, même si la moitié du pays n'a pas accès à l'éducation, je suis sûre que quelque part il y a des hommes bien plus intelligents que lui.
Il est juste né au bon endroit, au bon moment, mis au monde par la bonne femme, elle même mis enceinte par le Roi. Et ça aurait pu être n'importe qui d'autre. Alors, non, mon mari n'a rien de divin.

J'ai promis de vous revenir victorieux, alors comptez sur moi pour que cela soit le cas. Je pourrais très bien rentrer et demeurer auprès de vous durant ma convalescence : c'est de loin ce que je préférerais. Mais je ne puis être de retour misérable et estropié. Priez pour moi afin que je guérisse et je pourrais rentrer. Priez pour moi, croyez en moi. J'ai besoin de vous savoir de mon côté.
Je ne peux vous en dire plus car nous repartons bientôt au combat et je dois désormais m'entraîner à marcher de nouveau.


« J'ai besoin de vous savoir de mon côté »... Je fronce les sourcils, malgré moi. Mon époux sait à quel point il a été difficile pour moi de devenir Reine en si peu de temps, mais je pensais qu'il avait confiance en moi. Visiblement, il n'est pas dupe, et il doit sûrement savoir que tous les mots doux que je lui glisse à l'oreille sont faux et surjoués.

Ne restez pas cloîtrée au château. Il ne vous arrivera rien si vous décidez de partir comme chaque année au Palais d'été. Mes gardes veilleront sur vous. Jamais l'armée de ce fou de Richard ne foulera nos terres. Enfin, tout cela, vous le savez. Vous n'avez jamais peur.

Embrassez les enfants de ma part, et dites leur que je pense à eux chaque jour. N'oubliez pas de prier.

Edmond, votre Roi et fidèle époux.

La lettre semblait être terminée, mais il a réécrit quelque chose, tout au bout du parchemin. Son écriture est moins bonne, comme si il avait du écrire rapidement avant de partir.

Je vous veux, Cerra. Je me languis de vous chaque jour. Je suis impatient de vous retrouver.

Je sens le rouge me monter aux joues et chasse cette sensation d'un geste de la main, comme si mon mari se trouvait juste derrière moi et venait de me chuchoter ces quelques mots intimes.
Edmond est un homme très étrange. Il est très différent des hommes d'Idonis. Beaucoup plus... passionné. Il s'imagine être un personnage de roman, un chevalier, un Dieu : c'est comme ça qu'il se considère, mais est-ce réellement de sa faute ? S'il avait été le Gouverneur d'Idonis, il aurait été bien plus humble. Je ne peux pas lui en vouloir d'être parfois un peu trop imbu de lui-même. Après tout, il est le Roi, et presque le Roi du monde, si il me revient après avoir gagné la guerre.

Je ne pouvais pas l'apprécier. Une fillette de 13 ans ne peut pas aimer un inconnu, un étranger arrivant mettre des chaînes à sa terre natale. C'est impossible. Une jeune adolescente ne peut rien ressentir pour un homme qui lui vole son enfance dans le lit conjugal.
Mais moi aussi, je dois être une femme étrange. Car mes sentiments envers lui, eux, le sont.

Il n'a jamais cru un mot de ce que racontait mes ennemis lorsque l'on m'accusait d'être une sorcière, venue à Manes pour diriger le pays à travers mon mari.
Il a de l'estime pour moi.
J'ai de l'estime pour un Roi. Et si il venait à mourir...

Mon époux,

Votre lettre vient seulement de m'être arrivée. Nous sommes le vingt-troisième jour du mois de Juin. Comment vous portez vous ? J'ai prié pour vous, désormais je prierai pour le rétablissement de votre blessure.
Si vous ne pouvez vous battre, ne prenez aucun risque. On dit que Richard a envoyé des troupes vers le Nord : encouragez votre armée, guidez la, et rétablissez-vous. Quand vous serez remis sur pied, vous pourrez vous battre : et avec toutes les prières que vous recevez pour votre victoire, vous allez vaincre Richard une bonne fois pour toute.

Je me suis rendue au Palais d'été avec les enfants. Je n'ai pas pris de Cour : j'ai décidé qu'il était bon pour Edward d'être seul un petit moment. Peut-être qu'ainsi, il se remettra en cause. Son égoïsme est devenu maladif et je doute qu'il fasse un bon roi en étant si narcissique. Un Dieu se doit d'être humble.

Nous allons rester quelque temps puis repartir à Manes. Rien a signaler au pays : j'estime gérer la situation du mieux que je le peux. Ce n'est pas une situation enviable. Les gens me détestent ici. Il n'y a qu'à Apas où j'ai réellement la paix. Quand vous serez victorieux et que vous serez de retour à Stirn, je cesserai de me sentir étrangère dans un pays qui est pourtant le mien.

Encore une fois, prenez soin de vous. Vous gagnerez, j'en suis certaine.
Je vous désire tout autant que vous me désirez et vous attend chez vous. Venez au plus vite m'y retrouver.

Cerra, votre épouse.

- Comment va père, mère ? Me demande Blanche.

- Il est blessé. Priez pour lui.

Amédée et Edward se retourne vers moi et me regarde. Je n'ajoute rien de plus. Qu'est-ce que je pourrais dire d'autre ? Que leur père est peut-être mort et que je peux savoir où il se trouve actuellement ?



Nous prenons notre repas dans la plus petite salle à manger. Bathilde nous a rejoints en retard, le visage sombre, la tête baissée. Je lui ai fait remarqué son retard, elle s'est excusée d'une toute petite voix et n'a rien dit depuis.

– Qu'est-ce que vous lisiez, tout à l'heure, Blanche ?

– Oh, un simple roman que j'ai trouvé dans la bibliothèque de Père. Un conte, me répond t-elle.

– Votre père et le romantisme...

Edward s'esclaffe.

– Les romans ne sont pas pour les femmes, dit-il. Ce n'est pas pour rien que très peu d'entre elles sachent lire.

– Les ignorants ne le sont pas à cause de leur genre, réplique sa sœur. Tu en es la preuve vivante.

– Garce, grince t-il.

– Taisez-vous, tous les deux. Les pauvres n'ont pas d'éducation. Vous avez ce privilège, alors ne vous disputez pas pour une stupide question de genre.

Edward regarde son assiette d'un air maussade et lève les yeux aux ciel, un tic qu'il tient de moi.

– Ne le prenez pas mal, Mère, mais Apas est bien triste sans Père. Pourquoi ne pas avoir emmené la Cour ? Je me retrouve bloqué ici, loin de tout, avec comme seule compagnie un gamin de onze ans.

Amédée, qui mangeait bruyamment depuis le début du dîner, lâche sa nourriture. Ses yeux se remplissent de larmes.

– Tu ne m'aimes pas, pleurniche t-il. Tu es méchant. Je n'ai rien fait.

– Laisse-le, Ed', reprend Blanche avant que l'aîné ne réplique.

Plus personne ne parle le reste du repas. À l'image de mon peuple, ma famille est unie seulement quand Edmond est là pour régner, pour assurer la paix et l'autorité.



Une fois les enfants couchés, je peux à mon Tour me rendre dans la chambre royale. Sa grandeur et sa beauté m'a toujours intimidé quand je dois y résider seule. Mon mari a cependant insisté pour que nos appartements soient communs, jurant ainsi que jamais une autre femme ne partagera sa couche. Promesse qu'il a tenu deux ans. Désormais, que nous résidons à Apas ou à Manes, c'est lui qui partage la couche de ses maîtresses. Par passion, encore une fois. Peut-être croyait-il vraiment me rester fidèle et, vivant toujours au jour le jour, s'est-il réveillé un matin en désirant une autre femme.
Je me fiche éperdument qu'il me trompe. C'est un Roi, et un Roi prend des amants.
Ce qui me gêne, c'est les commérages qui se font sur mon passage et qui touchent mon égo bien plus que leurs stupides accusations de sorcellerie. Mon honneur est mis à mal à chaque fois qu'une femme se vente à la Cour d'avoir couché avec le Roi. Fière, je ne répond rien, je ne réagis pas, je fais comme si tout cela me passait au-dessus de la tête.

J'ai les paupières lourdes et le cœur gros, mais je n'arrive pas à trouver le sommeil, trop perdue dans mes pensées pour m'endormir. La lettre d'Edmond m'a fait un drôle d'effet. J'ai la gorge nouée à le savoir à des milliers de lieux, sali de boue et de sang, dirigeant une armée décimée par cette guerre sans fin.
Des gens meurent à cause de moi.

Chapitre 3 - tout juste modifié suite aux conseils de Lady et de Rope', merci ! Smile
Spoiler:

- Père ?

Nous avons galopé durant de longues heures, profitant de l'épaisseur de la forêt d'Agen pour nous cacher sous les arbres. C'est étrange comment ce décor apaisant contrastait avec la précipitation des événements. Au fil de notre traversé dans les bois calmes, je me rappelais des après-midis que je passais avec ma mère à galoper et à me ressourcer. Je n'arrivais pas encore à me dire que si, désormais, j'arpentais ces lieux, c'était non pas pour m'amuser mais pour fuir.

Depuis notre départ de la maison, mon père n'avait prononcé ne serait-ce qu'un seul mot. Il n'a jamais beaucoup parlé. La seule personne qui connaissait sa voix par cœur, le poids de ses mots sur sa langue, c'était ma mère.
Mais nous étions partis, sans que je sache réellement pourquoi, et nous étions désormais à des dizaines de lieux de sa présence, maternelle et rassurante.
J'avais beau l'interpeller, papa ne répondait jamais à mes appels. Je ne comprenais rien à la situation. Pourquoi ma mère m'avait-elle dit de fuir, pourquoi m'avait-elle parlé comme si nous ne nous reverrions jamais ? Tout était bien trop compliqué. C'est comme si une vague de brouillard était apparue dans mon esprit.

Nous avons traversé une petite rivière qui brillait avec les reflets du soleil. L'eau était aussi calme que les environs. Quelques heures auparavant, j'avais pu voir de ma fenêtre des hommes armés décimer les miens. Désormais, nous étions seuls, et les seuls bruits que je pouvais entendre étaient le chant des oiseaux et le courant de l'eau.

Alors, je serrais le collier contre mon cou. J'avais l'impression que cette petite pierre marquait sa présence. Bien évidemment qu'elle était avec nous. Nous n'avions jamais été séparés, tous les trois. Ce cadeau voulait dire qu'elle pensait à moi, et qu'elle m'accompagnait lors de ce voyage qui allait me mener vers l'inconnu. Ema, ma très chère mère, était là, avec moi.
Mon père prononça ses premiers mots depuis notre départ.

- Arrêtons nous pour manger.

Mon père était agile à cheval. Il glissa de l'animal si naturellement que je me surpris à croire que tout allait bien, que le monde n'était pas en train de s'écrouler. Sa prestance était la même que quand nous allions chasser ou nous promener aux alentours de la maison.

Papa accrocha son cheval, me fit signe de descendre et fit la même chose pour le deuxième animal, sur lequel mon maigre corps reposait depuis des heures.

- Nous allons devoir nous arrêter pour un moment. Il y a bien trop de lumière, nos ombres vont nous trahir si nous continuons à bouger. Il va falloir attendre la tombée du jour, et rester silencieux.

Sa voix était monocorde, comme à son habitude, et ne tremblait pas. Tous les éléments étaient réunis pour me persuader que toute cette histoire était une mauvaise blague. Peut-être que ma mère préparait une fête, et voulait me faire une surprise ? Elle m'avait dit de faire attention, et pour le moment, nous n'avions croiser aucun étranger barbare sur le chemin.
Alors, comment expliquer les affrontements sur le port ?
Je commençais à fouiller dans le sac, mais il n'y avait aucune nourriture. J'ai alors levé les yeux vers mon père qui, face à un grand chêne, ne me regardait pas. Bien évidemment, il attendait que je me lève pour le rejoindre.

- Suis-je obligée ?

Son silence signifiait que oui.

Je me redressa, secoua ma robe pour enlever toute la poussière qui s'y était accumulée. Je ne voulais pas le faire, mais c'était la seule solution pour ne pas mourir de faim. Je me positionnais de la même façon dont se tenait mon père, face au chêne, et posa mes mains sur l'écorce sombre. Mon cœur battait à tout rompre. Maman ne m'obligeait jamais à utiliser mes pouvoirs.

- Je n'ai pas assez de force pour le faire, m'indiqua simplement mon père, comme si il avait lu dans mes pensées.

Pourquoi a t-il fallu que je naisse femme ? C'est la question que je me posais à cet instant. Je n'avais jamais remis en cause mon genre avant de me retrouver dans cette situation.
Je ne pouvais pas faire autrement. Je n'allais pas laisser mon père mourir de faim.

Mes mains étaient toujours posées sur le chêne. Peu à peu, je sentais mon sang se réchauffer dans mes veines, et, même si je n'avais pas très faim, mon appétit diminuer en un temps record. La sensation que me procurait les racines du grand arbre était indescriptible. Une force... une sensation de résurrection, tel le phénix qui renaît de ses cendres.

J'ai attendu un bon moment avant de me retourner vers mon père. Ça faisait un long moment que la pierre m'avait déjà nourri. La pierre, seules les femmes peuvent maîtriser l'étendue de ses pouvoirs. La pierre, elle est au centre de tous les arbres de la forêt, de toutes les montagnes du pays, au fin fond des océans qui entourent notre île.
Et la pierre est et était autour de mon cou.
J'essayais de me concentrer sur autre chose, sur une image positive avant de devoir ressourcer mon père. Le bruit d'un petit animal dans les buissons. Le bruit que faisais les feuilles tapissant le sol quand je marchais dessus. La sensation de l'écorce contre mes doigts. Je voulais me rattacher à quelque chose avant de devoir faire ça.

Le soleil tapait dans mon dos, mais je tremblais, et mon père le voyait bien. Enfermé dans son mutisme habituel, il ne fit aucune remarque. Il ne prit pas la peine de s'excuser. D'habitude, c'est ma mère qui le nourrit.
Papa s'agenouilla près de moi, faisant pratiquement ma taille quand moi, j'étais debout. Son visage se rapprochait dangereusement du miens, comme si il s'apprêtait à m'embrasser. Mais, au lieu d'enfoncer ses canines dans mes lèvres, il décida de mordre mon cou, blanc et frêle, qui se mis à saigner à peine ses dents l'eurent-il frôlé.

Les larmes me montaient aux yeux et je ne m'empêcha pas de les laisser couler. Tout cela n'avait aucun sens. Je ne suis pas maman. Papa a une nourrice, et elle devrait être avec nous.
En revanche, je réussi à retenir ma langue. Je ne pouvais pas hurler. Mon père l'avait dit simplement, n'avait pas insisté sur la question, mais je comprenais que je devais suivre cette indication à la lettre si nous ne voulions pas nous faire remarquer.

Rester silencieux.


J'ai serré les dents. Quand mon père eut fini de se nourrir, il se remit debout. Sa bouche était tâchée d'un liquide noir et visqueux, qui continuait de gicler de mon cou. Son visage était humide, sûrement mes larmes ayant coulé le long de sa mâchoire.
Il s'essuya la bouche avec le tissus de sa chemise de lin, et je l'imita, portant les manches de ma robe  jusqu'à mon cou, pour essuyer le liquide. Mon liquide. Mon sang.

Papa enleva sa veste et la disposa en dessous de l'arbre, et me fit signe de m'y asseoir, ce que je fis aussitôt. La tête me tournait, et il est conseillé aux femmes de s'asseoir un moment après avoir nourrit un homme. J'essayais de me convaincre qu'il ne faisait pas ça pour me faire mal, et que j'étais tout simplement plus puissante que lui. Je flattais mon ego pour ne pas être effrayée par mon propre père. Pourtant, je ne ressentais que du dégoût pour cet homme qui ne m'avait jamais témoigné de réelle affection.

- Où est maman ? J'osais demander d'une petite voix, tant dis ce qu'il était debout, silencieux, inspectant les alentours sans bouger d'un poil.

- À la maison.

- Qui étaient ces hommes, sur le port ? Que nous veulent-ils ?

Pas de réponse.

- Est-ce qu'ils ont tués maman ?

Alors, mon père fit un geste qu'il n'avait jamais fait auparavant, même quand j'étais encore petite fille.
Il se laissa tomber près de moi. Son visage ne trahissait aucune émotion, mais je le savais démuni. Il s'approcha de sa fille a qui il n'avait pratiquement jamais parlé, et prononça son nom. Deux fois.

- Cerra.

- Est-ce que maman est morte ?

- Cerra.

Il passa son bras autour de mon épaule tant dis ce que je me recroquevillais dans les bras de cet homme qui avait toujours était un inconnu à mes yeux.
Maman était morte. Ils – ces étrangers – allaient nous chercher, nous trouver, et nous tuer.
La douleur de la morsure m'avait arraché des larmes, mais ce n'était rien comparé au torrent qui sortait de mes yeux, alors que mon père commençait à pleurer à son tour, silencieusement et dignement, sans prononcé autre chose que mon prénom.
Depuis ce jour, je n'ai jamais pleuré à nouveau.

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Re: [Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Dim 2 Avr 2017 - 20:59
Merci beaucoup Lady ! Smile
C'est le ton que je voulais donner. En même temps, comme a dit Rope' la dernière fois, le fait que le personnage n'est pas beaucoup confiance en lui me pose problème, comme si elle me représentait trop, je sais pas, ça fait bizarre...
je vais encore modifier (ahah) et j'enverrai la version finale finale finale (j'ai l'impression de dire ça à chaque fois).
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Re: [Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Mer 14 Juin 2017 - 7:51
Bonsoir.
Ça fait longtemps que je n'ai pas posté dans ma galerie moi !
Du coup, comme j'ai du stock, je vais vous poser une petite question : que voulez-vous voir ?
Un appartement ? Mes sims favoris de 2017 ? Un texte ?
En sachant que je compte tout poster ! Mais Ça me ferait plaisir de connaître vos avis pour savoir dans quel ordre je vais poster.
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Re: [Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Mer 14 Juin 2017 - 12:00
Ça va être difficile de te répondre, Tylda, perso, j'aime bien les sims, mais d'autres voudront voir du texte en premier, d'autres , un appart... Si je peux me permettre, poste tout, et on fera le tri nous-même Wink !

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Re: [Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Mer 14 Juin 2017 - 12:31
J'aimerai bien voir tes sims favoris in preeeems.

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Re: [Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Mer 14 Juin 2017 - 16:53
En fait comme pour une fois j'ai justement de quoi poster, je préfère poster en allant, peut-être un truc par jour, histoire de ne pas tout vous balancer et vous abandonner sans aucune créations pendant 3 mois ahah.

Du coup j'ai décidé de commencer par mes sims.

Tout d'abord le premier : Edouard Robin. C'est mon petit chouchou. Ma création favorite. Je l'ai effectué en début d'année. Je venais tout juste de réinitialisé mon jeu et perdre mes autres familles à cause de bugs. Je l'ai donc réalisé sans aucun CC ! C'est la première fois que je m'amuse en faisant un homme.

C'est un homme très, très enjôleur, actif et jaloux. Mais pas que ! Je ne veux pas tomber dans le total cliché du beau-gosse possessif. C'est également une bête de travail, totalement consacré à sa carrière d'humoriste... C'est sûr que comme ça, on ne dirait pas ! Pour le moment il n'est pas encore très haut dans sa carrière, et est contraint d'apprendre à jouer du violon pour plaire à sa patronne qui ne sait pas encore où l'orienter... Son objectif est d'être entouré d'amis pour toujours, et de mourir en ayant un nom, en ayant sa place, pour que personne ne l'oublie.

Spoiler:





Il vit en colocation avec Alexia Dorrel, une jeune demoiselle qu'il a rencontré lors de sa dernière année de lycée. Le chaud-lapin ci-dessus à tout de suite essayé de la séduire, et la pétillante Alexia s'est beaucoup amusé de la façon dont Edouard la "courtisait" ... Quant il s'est enfin rendu compte qu'elle se moquait éperduement de lui, il ne s'est pas vexé, ils s'amusèrent de la situation et devinrent amis. Quand Alexia hérita de la maison de sa vieille tante à Newcrest, elle proposa à son ami de venir vivre avec elle. En effet, Edouard décida après le lycée de couper les ponts avec sa famille, mais n'avait aucun argent et était contraint de vivre sous les combles dans un vieil immeuble de San Myshuno. L'invitation d'Alexia fut une bénédiction, le démarrage d'une nouvelle vie !
Alexia est un véritable clown. Elle est également très charismatique, et est également une grande manipulatrice. Elle est la première pour raconter des blagues salaces et mettre l'ambiance lors de fêtes ! Mais la vraie grande ambition de la jeune femme est de fonder une famille. Si elle trouve bien quelqu'un qui veut d'elle...

Spoiler:





6 mois après l'installation des deux jeunes adultes dans leur douillette maison de Newcrest, une nouvelle venue secoua la vie de la maisonnée : Mélanie Park, une jolie blonde au visage d'ange... Cette jeune femme rencontra les deux colocataires pendant l'une des nombreuses fêtes qu'organisaient Edouard et Alexia. Ce fut le coup de foudre amical : soudain, les trois jeunes adultes commencèrent à parler de tout et de rien, à se confier les uns vers les autres : Edouard révéla même certains éléments sur sa famille compliquée. à un moment dans la soirée, Alexia, déjà bien bourrée, faut l'admettre, proposa à Mélanie de venir rejoindre la colocation. Le lendemain et après 10 verres d'eau et trois dolipranes, Alexia se rendit compte de son erreur. Mélanie a emménagé il y a deux semaines, et pour le moment tout se passe plus ou moins bien. Si en apparence, Alexia apprécie sa "nouvelle amie", la jeune brune a du mal à accepter que désormais, la reine de toutes leur soirées, ce sera la jolie blonde. Edouard ? Oh, qu'est-ce qu'il se trouve chanceux de vivre en si charmante compagnie !
Mélanie est assez mystérieuse. Son comportement est étrange... Elle n'aime pas parler d'elle, et pourtant sait user de son charme pour arriver à ses fins. Alexia va t-elle réussir à percevoir le réel caractère de sa nouvelle colocataire?

Spoiler:




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Re: [Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Mer 14 Juin 2017 - 18:02
Ah, ça me fait plaisir de voir de la création de Sims !

Préférence pour ton mâle, Ed', que je trouve très réussi : bon choix de preset pour les joues, les fossettes lui donne une touche d'originalité et beaucoup de charme, tout comme ses lèvres charnues. Le reste du visage est plus classique, mais bien proportionné, donc forcément j'apprécie. Il ne veut pas poser pour un avatar estival lui aussi ?




En tout cas ça serait sympa de voir des screens de tes parties, c'est toujours un peu de challenge en plus d'utiliser des traits pas forcements positifs sur un Sims (jaloux, dans le cas présent), ça ajoute du piquant !

Alexia a un petit côté bimbo, entre les lèvres bien roses, et ces sourcils trop fins et arqués pour être naturels. Une tronche sympathique la aussi, mais j’avoue que je bloque un peu sur le corps : elle m'a l'air bien importante et un peu basse, cette poitrine. Enfin c'est peut-être voulu.

Le visage de Mélanie diffère un peu plus de ce que l'on voir d'habitude, avec ses yeux plutôt écartés, et un nez pas trop fin. Si j'avais deux suggestions, je choisirais une couleur plus sombre pour les sourcils, qui sont ici invisibles, et je réduirais un poil l'espace entre le nez et les yeux.

Enfin voilà, et n'hésite pas à nous donner des nouvelles de la coloc' !

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Re: [Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Mer 14 Juin 2017 - 18:19
Hey merci pour tes commentaires !
Faut dire que pour faire Edouard je me suis imaginé TOI en train de me dire de ne pas faire un mâle trop banal, et je me suis imaginé TOI tomber amoureux de ce magnifique éta... ouais nan je m'égare.

J'ai fait pas mal de parties avec lui, je m'y suis vraiment attachée. Même que sur l'une d'entre elle je l'ai marié à mon simself !

Je vais préparer un nouvel avatar estival. :3 Et bien sur pour les screens de mes parties !

Merci pour le conseil, pour les sourcils d'Alexia. je vais essayer de modifier un peu ça ! Sinon la poitrine basse est voulue. Je voulais tester de nouveaux types de corps.. perso j'aime bien, après c'est subjectif ! Elle aussi elle serait très.. mimi.. sur un avatar estival.

Du coup aide hâte de rentrer chez moi pour également modifier Mélanie !
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Re: [Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Mer 14 Juin 2017 - 19:58
Je rejoins assez Rope sur le coup : ton mâle est plus que charmant, tu pourrais faire de très belles images avec lui. Et puis se sachant beau gosse, je suis certaine qu'il adorerait poser pour toi. sourcil2

Pour Alexia je suis plus mitigé, ça dépend peut être de la pose car sur le premier screen j'apprécie assez ses traits mais sur les suivants je les trouve plus banals. La luminosité assez forte ne doit pas aider non plus.

Pour la petite blondinette là par contre elle, elle sort de l'ordinaire. Je rejoins encore une fois el diabolo, foncer les sourcils et lui rapprocher les yeux pourraient être vraiment pas mal. Pas trop si tu as envie de lui garder des traits un peu plus atypiques, mais un petit chouïa ça serait top.

En tout cas j'aime bien le fait que tu nous présentes des sims aux caractères bien trempés et au final très humains. Même en jeu, c'est souvent plus drôle quand on s'amuse à choisir des traits un peu plus... chiants (genre les jaloux... sérieux c'est un enfer ).

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Re: [Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Jeu 15 Juin 2017 - 7:53
Ah, il m'a toujours aimé ! Il est vraiment dégouté d'être un sims. En vrai si il avait été un humain il aurait voulu me pecho. J'en suis certaine. Je le connais comme si je l'avais fait *insérer ici un Smiley coquin parce que sûr tel je peux pas en utiliser*

Alexia, en fait, je l'ai longtemp utilisé sur une partie puis sa fille a pris la relève. Et sa fille est encore plus belle je trouve ! Mais je sais pas je voulais honorer Alexia qui fut d'abord l'une des fondatrice de mon random legacy. Mais je vois ce que tu veux dire ! Je vais la retravailler une foid que j'aurai trouvé le temps pour le faire.

Le truc c'est que pour les sourcils de la blondinette j'ai bien essayé de les foncer mais après ça fait jaune canard ! x) je vais également essayer de rapprocher les yeux pour voir ce que ca donne.

Merci pour tes commentaires !
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Re: [Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Jeu 15 Juin 2017 - 8:16
Ah non, on ne rapproche pas les yeux de la simette blonde ! Pour ses sourcils, prend le coloris brun clair (pas le jaune), il fonctionne bien sur les sims blonds.

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Re: [Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Jeu 15 Juin 2017 - 17:13
Ahhhh ! J'ai compris ! Je pensais que tu m'avais dit de rapprocher les yeux. Tu me conseil de les redescendre un petit peut c'est ça?
Oui chef, bien chef. Dès que j'ai accès à mon ordinateur, je m'y met !
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Re: [Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Jeu 15 Juin 2017 - 18:14
J'adore tes Sims, ils dégagent quelques chose ! :3 
J'adore surtout Mélanie mon dieu, elle est super bien faite.

Sinon pour les yeux je prends les conseils de Rope aussi maintenant, les yeux rapprochés ça fais souvent plus réaliste et ça rend bien. Smile

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Re: [Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Jeu 15 Juin 2017 - 21:09
Oh ça me fait trop plaisir cher Mister Stabilo tout nu !
Le truc c'est que je ne comprend pas ce que Rope' veut dire ahah. Je ne dois pas rapprocher les yeux mais je dois les rapprocher du nez... Alors je les descend ?
En attendant je ne touche pas à mes sims (pas le temps) mais dès demain vous aurez :
- de nouveaux screens
- mon nouvel avatar version grand...
(et oui, encore de la concurrence lol)
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Re: [Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Ven 16 Juin 2017 - 12:38
Edouard est effectivement très charmant mais je sais pas pourquoi je fais une fixette sur son strabisme. ^^

Alexia a un visage tout mimi et elle a l'air toute menue sur la première photo. Mais ouch, elle a abusé de la chirurgie plastique pour sa poitrine et son postérieur digne d'une Kardashian. Du coup, je trouve ça dommage, son physique dénote avec sa personnalité. Ça fait d'elle une bimbo de télé réalité.

Mélanie a un physique nordique ou est-européen assez intéressant. Personnellement, ses sourcils clairs ne me choquent pas, surtout si c'est une vraie blonde.


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Re: [Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Sam 24 Juin 2017 - 22:29
Merci pour tes messages Sucré !

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Aujourd'hui, après avoir cogité pendant une bonne semaine grâce aux conseils du grand méchant que je ne citerai pas, je peux désormais vous présenter une premier ébauche de ce qui pourrait être appelé un premier prologue de mon histoire Fantasy.
Vous n'êtes pas obligés d'aller lire le résumé dans le coin écriture : au contraire ! Si vous ne l'avez pas fait, j'aimerai bien avoir vos avis sur ce premier extrait pour tester votre niveau de compréhension.
Si vous voulez bien jouer le jeu, est-il possible de savoir si, au niveau de l'écriture, mon texte est fluide et agréable à lire ?
Merci d'avance et très bonne lecture !

Spoiler:

Stirn
14 Juin 1506, Château de l'Aube, Manes


J'ai fini par me retrouver seule. Voilà l'un des avantages de la guerre. Mon époux commande ses armées pendant que j'assure la régence du pays, pendant que je représente la couronne. Plus besoin d'organiser de véritables festins pour la Cour. Plus besoin d'être épiée par mes dames de compagnie.
Bien sûr, je dois me rendre aux conseils. Tous ces membres me haïssent, et je le sais. Quand il s'agit d'Edmond qui les président, personne n'ose le contredire sur aucun point.

Quand l'a guerre a recommencé, tout le monde pensait que l'affaire allait être vite réglée. Que Stirn, mon royaume, régnait en maître sur l'Archipel. Que notre ennemi, le pays voisin Azaga, était bien trop faible pour gagner ne serait-ce qu'une seule bataille. Edmond ne prit pas la peine de se rendre sur le terrain pour guider ses armées tellement il trouvait cette histoire ridicule.
Et puis, il est parti. J'avais vingt ans, la première fois où j'ai été nommé régente en son absence.
Lors de mon premier Conseil, tous les hommes qui étaient présents ont essayé de m'attaquer et de me contraindre à nommer l'un d'eux à ma place. Grave erreur. Je pense qu'ils se souviendront toujours de ce jour là. Ils n'osèrent plus jamais de me défier. Depuis cette fameuse première expérience en tant que Reine, je les effraie et c'est moi qui décide. Ils me détestent en silence.

Mon mari est revenu, reparti, revenu à nouveau et ceux pendant quinze ans. Ses retours furent toujours marqués de fêtes et festins qui duraient des jours ; ses retours, eux, marqués d'espoir pour une prochaine victoire.

Cela fait donc six mois que je règne à nouveau, six mois que je m'isole dans l'aile familiale du château. Mes enfants sont bien les seuls à qui je parle, et ça me suffit.
Je suis dans mes appartements, et je regarde mon pays se réveiller du haut de ma fenêtre. Les gens de la Capitale, Manes, sont déjà éveillés. Cela fait trois nuits que je ne dors pas, que je me contente d'observer l'horizon. J'ai entendu les servantes qui font ma toilette le matin en parler entre elles alors qu'elles me croyaient endormie sur mon siège. À leurs yeux, je guette silencieusement le retour du Roi, ce qui renforce l'effet romantique que notre couple produit.
Ce n'est lui que j'attends.

J'attends mon heure, voilà tout. Mon regard est fixé sur l'horizon, fixé vers l'Ouest, là où j'ai grandi.
Je regarde Idonis, ma terre natale, terre si convoitée qu'elle a changé ma vie et celle de mon peuple.
Le soleil se lève. Je ferme les yeux. Son éclat réchauffe mes paupières, réchauffe peu à peu les murs de pierres qui m'entourent.


Il fut un temps où je me croyais libre.
Là où je viens, à Idonis, les gens ont foi en la Déesse. Ce Dieu au féminin, celle qui accorda autrefois un autre destin à toutes les femmes de son Île. J'ai grandi là bas. Je pouvais laisser mes cheveux détachés, courir et jouer avec les jeunes de mon âge dans les plaines et forêts. Là où j'ai un jour vécu, les femmes pouvaient posséder des terres et pouvaient même employés des hommes à leur service. Idonis garantissait une liberté à son peuple, une liberté infinie, uniquement définie par les Commandements de notre Déesse.
J'ai vécu les treize premières années de ma vie en paix. Je vivais dans la partie Sud de l'Île. J'étais l'héritière de la famille la plus riche qu'il soit : et pour cause, puis-ce que j'ai un jour été la fille de la Gouvernante du pays. Ma mère s'appelait Ema. Elle ne possédait pas le titre de Reine, car dans notre religion, la seule divinité était la Déesse. Alors ma mère dirigeait le pays selon Ses volontés, sans abuser de ses pouvoirs. Notre famille était la famille de la Gouvernance depuis la nuit des temps. J'aurai du faire de même. J'aurai du devenir la Gouvernante à mon tour, et léguer mon statut à ma fille.

En 1484, les îles voisines, Stirn et Azaga, que nous appelions les Deux Grandes, ont envahi Idonis. J'étais bien, bien trop jeune pour comprendre pourquoi et comment ces deux étrangers avaient décidé de décimer les miens. Jusqu'à lors, jamais aucun autre pays n'avait foulé nos Terres.
Les Deux Grandes se séparèrent le pays en deux. Je vivais au Sud, dans la Capitale, Agen. C'est Azaga qui s'empara de ma ville. Stirn prit le Nord.

Je me souviens bien du jour où l'armée d'Azaga est rentrée dans Agen. Je me trouvais dans la même position qu'aujourd'hui : dans ma chambre, regardant par la fenêtre.
Je n'avais vu ni ma mère, ni mon père depuis des jours.
C'est elle qui est rentrée dans ma chambre.

– Ma fille. Approche-toi.

Elle me prit dans ses bras. Je me souviens qu'elle possédait un parfum particulier, une fragrance différente de celles de chez moi. Hommes et femmes d'Idonis possédaient tous la peau claire, les cheveux noirs et les yeux verts. Ils étaient beaux. Ma mère était belle. Voilà ce que je me disais à cet instant.

– Mère ?

– Nous n'avons pas beaucoup de temps. Ma chère Cerra, nous allons devoir nous quitter. Je suis désolé, terriblement désolé. Des hommes armés arrivent d'un autre pays et viennent pour conquérir toute notre Île. Ce sont des barbares. Ils torturent, tuent et prennent des prisonniers.

– Pourquoi n'envoyez-vous pas une armée pour les contrer ?

– Ce serait une véritable boucherie. Ce serait un suicide.

Elle s'est approchée de la fenêtre à son tour. Je remarquais qu'elle ne tremblait pas : ma mère ne tremblait jamais. Elle se tenait droite et semblait sûre d'elle. Sa voix ne tremblait pas. Son attitude rassurante me trompait : je croyais qu'elle détenait une solution pour que nous puissions continuer à vivre unis, elle, mon père et moi.

– Nous n'avons plus beaucoup de temps, répéta t-elle. Écoute moi bien. Un cheval t'attend aux écuries. Ton père voyagera avec toi, et ce sera tout. Nous ne pouvons pas nous permettre d'augmenter le nombre de voyageurs, vous vous ferriez repérer.

– Pour-...

– Tu écoutera ton père quoi qu'il arrive. Si il vient à mourir, tu continuera seule. Tu es bonne cavalière : promet moi d'être rapide et toujours silencieuse. Ne parle à personne en chemin. Ne révèle pas ta vraie identité.

– Pour aller où, Mère ?

À l'époque déjà, j'étais plus petite que la moyenne des femmes d'Idonis. Elle s'agenouilla près de moi et caressa mon visage du bout de son index. Ses yeux habituellement remplis de tendresse étaient désormais remplis de larmes qui n'osaient franchir ses paupières pour glisser le long de ses joues. Ou peut-être étaient-ce les flammes de la cheminé qui les faisaient briller autant ?

– Ton père t'expliquera tout. Tu dois partir maintenant. Ton père portera ton bagage – trois robes seulement, nous ne pouvons pas nous permettre plus. Je t'aime.

Elle avait toujours été pleine de bienveillance envers moi, mais elle ne m'avait jamais dit ouvertement qu'elle m'aimait.
Démunie, je la regardais sortir de la pièce. J'étais totalement paralysée par la peur de l'inconnu, par la suite des événements. Ses mots se bousculaient dans ma tête, j'essayais de les rendre plus clairs, je voulais comprendre.

– Vite, me dit elle après avoir ouvert la porte.

Je jeta un dernier regard vers l'armée d'Azaga. Je n'avais plus le temps de rester là. Quelque soit le danger, je compris que désormais, je devais agir.
Je franchi la porte, attendant sur le seuil avec ma Mère. Ses yeux ne brillaient plus. Avait-elle refoulé ses larmes où leur éclat du aux flammes avait-il disparu ?

– Aux écuries.

Je m'élançais dans le couloir en direction des escaliers. Alors que je descendais les premières marches, j'entendis sa voix appeler mon nom.

Je ne la voyais plus, j'imagine qu'elle était toujours au seuil de ma porte. En fait, je ne faisais pas attention à ce genre de détails à l'époque. J'étais certaine de la revoir dans un futur proche.
Je ne la voyais pas, mais je sentais sa présence.

– Ce n'est pas de ta faute. N'oublie jamais ça.

J'ai attendu une éternité sur les marches d'escalier, jusqu'à ce que je sois sûre qu'elle était partie.
Puis j'ai repris mon chemin, sans me rendre compte que je venais d'entendre ses derniers mots.

Musiques écoutées pendant l'écriture :
- God's Calling de John Lunn
- Birth, Marriage, Death de John Lunn
- Seeds of Doubt de John Lunn
- The Brothers Unite de John Lunn
- Where Do I Stand de John Lunn
- My Boys de John Lunn
- I Command You to Live de John Lunn
- The Upper Hand de John Lunn
- King Richard III de John Lunn
- Court de John Lunn

Un petit jeu maintenant : quel est le point commun entre toutes ces musiques ? réfléchirbis


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Re: [Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Dim 25 Juin 2017 - 12:23
Une lecture plutôt interessante !

Le soucis je pense, c'est que tu veux donner trop d'informations d'un coup, on se retrouve sur la première partie un peu noyé dans les noms, les événements, quand tu nous parles de sa situation de reine dans le présent, et des conflits du passé. Et ça marche mieux sur la fin, dans le flashback, quand tu prend un peu plus de temps pour développer. L'avantage de la fantasy, c'est que c'est souvent de longs romans (à plusieurs tomes ou non), on a donc le temps d'exposer les situations.

Honnêtement ici, je pense que tu devrais faire un choix : tu débute dans le présent, où tu nous décrit la situation, puis tu part dans un flashback. Si tu veux garder cette structure, déjà, pense à revenir dans le présent avant de conclure ton chapitre, sauf si le suivant est la suite du flashback. Mais ici honnêtement, je resterais sur le flashback, uniquement, en remettant le reste à un prochain chapitre.

Cerra laissée seule dans sa chambre, observant les combats qui se déroulent au loin dans le port, Elle ne distinguerait pas grand chose à cause de la fumée, mais à voir cette agitation, à entendre les cris et les fracas qui lui parviennent malgré la distance, elle comprendrait que quelque chose ne va pas. Tu pourrais alors évoquer des discutions entendues, évoquant une flotte ennemie en approche, qui viendrait des grandes îles. Et sa mère viendrait ensuite, pour cette scène d'adieu, en retouchant les dialogues peut-être, pour laisser transparaître sa piété. Tu reprendrais dans le présent ensuite, avec le prochain chapitre.

Pas besoin de développer pour le moment sur le mode de vie des Idoniens, tu trouveras plus tard une occasions de l'évoquer, dans une situation où le contraste entre celui-ci et celui des habitants de Manes sera flagrant pour ton héroïne. Plutôt que de nous parler simplement de l'animosité du conseil envers leur Reine, montre nous une de ses séances (l'occasion aussi d'évoquer les femmes aux pouvoir à Idonis). C'est un conseil qui s'applique à beaucoup de médium, quand tu racontes une histoire, si tu peux nous montrer les choses, nous les faire comprendre par les situations, plutôt que de simplement nous les dire de façon brute, fait plutôt les choses de cette manière, c'est plus naturel.

Voilà voilà, j'espère que tu ne le prendras pas mal ! Mais ça reste tout de même agréable à lire. Dernier petit conseil sur l'écriture, peut-être, n'abuse pas des anaphores, y en a un sacré paquet sur les premiers paragraphes. ;p

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Re: [Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Dim 25 Juin 2017 - 14:32
Voici donc la deuxième version suite à la lecture de tes conseils !

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Spoiler:

Stirn
14 Juin 1506, Château de l'Aube, Manes
–  Je pense que ce sera tout pour aujourd'hui.

Ma voix est dénuée de chaleur et mon ton et sec. Je n'ai jamais aimé participer aux conseils du royaume en l'absence de mon époux. Les hommes présents dans la salle me vouent une haine sans égale et si je n'ai pas peur d'eux, je me sens tout de même mal à l'aise à leur côtés.
La pièce est éclairée de bougies. Les fenêtres ne nous offrent que la clarté de la lune : cela fait maintenant quatre heures que le conseil a débuté et la Capitale est déjà endormie.
Je suis installée sur le trône du Roi, comme toutes fois où c'est moi et uniquement moi qui préside l'Assemblée. Autour de la longue table en chêne, les conseillers se lèvent. Le bruit du frottement de leurs sièges contre le sol humide m'insupporte. Si le Roi avait été présent, ces hommes seraient sortis de la salle silencieusement après lui avoir accordé une humble révérence. Aujourd'hui, ils se contentent de s'abaisser rapidement devant moi et de sortir sans un mot de plus.

Je rejoint donc mes appartements sans prendre la peine d'adresser la parole à mes dames de compagnie qui me suivent au pas de course dans les couloirs du château de l'Aube.
Je suis exténuée par cette journée. Ce matin, alors que j'étais toujours dans mon lit, un message est arrivé du front. La lettre venait de mon mari. J'aime son écriture et la façon dont il m'écrit : bien que grand nombre de ses actes soient moralement douteux, il m'écrira toujours de sa propre main, manière chevaleresque d'un homme à son épouse.
Mais le contenu du message avait tout pour me déplaire. Son armée a perdu deux batailles consécutives et il ne pouvait m'assurer son retour avant le mois de Janvier prochain. Ce qui signifie donc que mon rôle de régente n'est pas prêt d'être terminé avant de longs mois.

Je laisse mes femmes de chambre me dévêtir et leur demande de sortir. Avant de me glisser sous les draps, je me pose devant la fenêtre de ma tour. Au loin, j'ai beaucoup de mal à distinguer la ligne d'horizon. J'ai entendu les servantes discuter de mon comportement. Ces idiotes s'imaginent que j'attends le retour du Roi. Notre couple produit un effet ridiculement romantique sur les jeunes femmes du pays. Toutes s'imaginent vivre l'idylle de la même manière que leurs monarques... Quel amour ? Quelle idylle ? Je n'ai jamais rien ressenti.
Ce que je guette, ce n'est ni le levé du jour, ni mon époux. J'attends mon heure, voilà tout. Mon regard est porté à l'Ouest, sur la Terre lointaine où j'ai grandi : Idonis. À chaque fois que je suis face à cette direction, je fini par fermer les yeux. Et je repense aux événements qui ont changé ma vie.

Il fut un temps où je me croyais libre.
J'ai vécu les treize premières années de ma vie en paix. Je vivais dans la partie Sud d'Idonis, mon Île. J'étais l'héritière de la famille la plus riche qu'il soit : et pour cause, puis-ce que j'ai un jour été la fille de la Gouvernante du pays. Ma mère s'appelait Ema. Elle ne possédait pas le titre de Reine, car dans notre religion, la seule divinité qui existe est notre Déesse. Alors ma mère dirigeait le pays selon Ses volontés, sans abuser de ses pouvoirs. Notre famille était la famille de la Gouvernance depuis la nuit des temps. J'aurai du faire de même. J'aurai du devenir la Gouvernante à mon tour, et léguer mon statut à ma fille.

En 1484, le vent a tourné et mon destin a changé.

Je me souviens bien du jour où l'armée d'Azaga, ce pays étranger dont je ne connaissais rien, est rentrée dans Agen. Je me trouvais dans la même position qu'aujourd'hui : dans ma chambre, regardant par la fenêtre.
Je n'avais vu ni ma mère, ni mon père depuis des jours. Mes femmes de chambre ne voulaient pas que je sorte dans les jardins : j'étais recluse dans ma chambre. Déjà à l'époque, j'aimais observer le monde s'éveiller au delà de ma fenêtre. Comme je n'avais rien à faire, je lisais tranquillement durant de longues nuits, et le jour, je guettais les environs, je regardais femmes et hommes déambuler dans les rues de ma ville pour aller travailler.
Ce jour là, quand j'ai posé mon livre et relevé la tête, il y avait des affrontements dans le port. Des centaines – non, des milliers d'hommes armés semblaient se battre. Je cherchais à voir plus de choses, mais une épaisse fumée m'en empêchait. Comment tous ces hommes, habillés si étrangement, aux armes si différentes des nôtres, avaient-ils pu débarquer sur mon Île, dans notre havre de paix et de tranquillité ?
Je ne sais pas comment je me sentais. Je pense qu'à l'époque, je ne le savais pas non plus. Le seul sentiment dont je me souviens, c'était ma curiosité débordante. Avais-je peur ? Étais-je confiante ?
Si les hommes avaient envahi le port, ils étaient forcément venus par bateau. Dehors, des gens hurlaient. Les bruits d'horreur me paraissaient bien proches. Était-il possible que d'autres hommes armés avaient pénétré la ville ?
Ma nourrice m'informa que ma mère allait venir me voir et que je n'avais pas le droit de sortir. C'est seulement après l'avoir supplié de m'en dire plus que la vieille femme me dit ce qu'elle savait.

– J'ai entendu les domestiques en parler entre eux. Ils disent que deux armées différentes ont pénétré le pays. Les Deux Grandes, précisa t-elle.

Je ne savais pas grand choses des deux grandes puissances voisines, Stirn et Azaga. Jamais aucun étranger n'avait franchi nos frontières. Jamais personne ne s'était intéressé à nous. Nous vivions seuls, nous vivions très bien sans eux.

– Que veulent t-ils ?

– Je ne sais pas, me répondit-elle. Je sais seulement que l'armée qui a envahi Agen s'appelle A.. Aza.. Enfin, que les deux armées se sont séparé la moitié du pays. À l'heure qu'il est, l'autre Île doit être en train d'envahir le Nord.

Je suis restée dans ma chambre pendant des heures, silencieuse. Les bruits de combat étaient de plus en plus net. La fumée avait pénétré par les barreaux de ma chambre et je ne pouvais m'arrêter de tousser.

La porte a fini par s'ouvrir. Ma mère pénétra dans la pièce et, d'un signe de tête, fit sortir les femmes de chambre paniquées qui pleuraient silencieusement dans mes appartements.

– Ma fille. Approche-toi.

Elle me prit dans ses bras. Je me souviens qu'elle possédait un parfum particulier, une fragrance différente de celles de chez moi. Hommes et femmes d'Idonis possédaient tous la peau claire, les cheveux noirs et les yeux verts. Ils étaient beaux. Ma mère était belle. Voilà ce que je me disais à cet instant.

– Mère ?

– Nous n'avons pas beaucoup de temps. Ma chère Cerra, nous allons devoir nous quitter. Je suis désolé, terriblement désolé. Des hommes armés arrivent d'un autre pays et viennent pour conquérir toute notre Île. Ce sont des barbares. Ils torturent, tuent et prennent des prisonniers.

– Notre armée pourrait peut-être les vaincre ?

– La moitié de nos hommes sont déjà morts. Ils se rapprochent. J'ai passé les deux derniers jours dans la chapelle. La Déesse entend toutes les prières, mais n'a pas répondu à mon appel. Cet obstacle, c'est elle qui nous l'envoie.

– Pourquoi nous ferait-elle ça ? Pourquoi venir nous tuer ?

Elle s'est approchée de la fenêtre à son tour. Je remarquais qu'elle ne tremblait pas : ma mère ne tremblait jamais. Elle se tenait droite et semblait sûre d'elle. Sa voix était calme. Son attitude rassurante me trompait : je croyais qu'elle détenait une solution pour que nous puissions continuer à vivre unis, elle, mon père et moi.

– Nous n'avons plus beaucoup de temps, répéta t-elle. Écoute moi bien. Un cheval t'attend aux écuries. Ton père voyagera avec toi, et ce sera tout. Nous ne pouvons pas nous permettre d'augmenter le nombre de voyageurs, vous vous ferriez repérer.

– Pour-...

– Tu écoutera ton père quoi qu'il arrive. Si il vient à mourir, tu continuera seule. Tu es bonne cavalière : promet moi d'être rapide et toujours silencieuse. Ne parle à personne en chemin. Ne révèle pas ta vraie identité.

– Pour aller où, Mère ?

À l'époque déjà, j'étais plus petite que la moyenne des femmes d'Idonis. Elle s'agenouilla près de moi et caressa mon visage du bout de son index. Ses yeux habituellement remplis de tendresse étaient désormais remplis de larmes qui n'osaient franchir ses paupières pour glisser le long de ses joues. Ou peut-être étaient-ce les flammes de la cheminé qui les faisaient briller autant ?

– Ton père t'expliquera tout. Tu dois partir maintenant. Ton père portera ton bagage – trois robes seulement, nous ne pouvons pas nous permettre plus. Promet moi de ne pas m'oublier et de ne pas perdre ta foi, quelques soient les événements à venir. Je t'aime.

Elle avait toujours été pleine de bienveillance envers moi, mais elle ne m'avait jamais dit ouvertement qu'elle m'aimait.
Démunie, je la regardais sortir de la pièce. J'étais totalement paralysée par la peur de l'inconnu, par la suite des événements. Ses mots se bousculaient dans ma tête, j'essayais de les rendre plus clairs, je voulais comprendre.

– Vite, me dit elle après avoir ouvert la porte.

Je jeta un dernier regard vers l'armée d'Azaga. Je n'avais plus le temps de rester là. Quelque soit le danger, je compris que désormais, je devais agir.
Je franchi la porte, attendant sur le seuil avec ma Mère. Ses yeux ne brillaient plus. Avait-elle refoulé ses larmes où leur éclat du aux flammes avait-il disparu ?

– Aux écuries. Prend ça.

Elle décrocha le collier qui ne quittait jamais son cou : une ficelle brodée d'or sur laquelle était accroché une pierre blanche. Puis je me suis élancée dans le couloir en direction des escaliers. Alors que je descendais les premières marches, j'entendis sa voix appeler mon nom.

Je ne la voyais plus, j'imagine qu'elle était toujours au seuil de ma porte. En fait, je ne faisais pas attention à ce genre de détails à l'époque. J'étais certaine de la revoir dans un futur proche.
Je ne la voyais pas, mais je sentais sa présence.

– Ce n'est pas de ta faute. N'oublie jamais ça.

J'ai attendu une éternité sur les marches d'escalier, jusqu'à ce que je sois sûre qu'elle était partie.
Puis j'ai repris mon chemin, sans me rendre compte que c'était la dernière fois que j'entendais sa voix.

Quand je rouvre les yeux, les flammes des bougies de ma chambre se sont éteintes. Mon esprit est tout aussi fatigué que mon corps, et je déteste ne pas y voir clair. Je me dirige doucement vers mon lit puis me glisse sous les draps. Une fois protégée par l'épaisse couche de tissus recouvrant ma peau, je me laisse allée au sommeil en gardant entre mes doigts le collier accroché autour de mon cou.
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Re: [Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Dim 25 Juin 2017 - 15:28
Du coup, je précise que j'avais lu de mon côté ton résumé en coin lecture cependant je n'ai pas lu ta première version du texte posté hier, je n'ai lu que la seconde.

Et bah j'ai rien à dire.

mrgreen

Très franchement c'est vraiment très très très bien ! Ton écriture est toujours aussi agréable à suivre mais ça je te l'ai déjà dit sur tes précédents textes. Mais je dois avouer que concernant l'histoire, je crois plus accrocher à celle-ci. Peut-être en partie parce que ton héroïne est plus âgée et qu'elle a la niaque.
Il a juste peut-être un détail qui m'interpellent : que Cerra ne soit pas au courant de l'arrivée des envahisseurs ça ça me semble logique, sa mère ayant voulu la préserver. Mais que les servantes semblent aussi ignorantes de ce qui arrive alors que la moitié du pays est déjà détruit ça me semble plus improbable non ?

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Re: [Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Dim 25 Juin 2017 - 15:32
Merci Lady. <3
Honnêtement je dois l'avouer, je m'inspire de séries médiévales/début renaissance que j'ai vu il y a quelques temps mais également d'un roman début renaissance que j'ai lu en anglais. Alors selon moi, les femmes de chambres et nourrices sont ignorantes justement parce qu'elles sont chargées de rester 24 heures sur 24 avec Cerra. Après en effet je me pose des questions du coup, je vais réfléchir à nouveau à ce point que tu viens de souligner ! Encore merci d'avoir pris la peine de lire !
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Re: [Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Dim 25 Juin 2017 - 16:25
Je comprends mais je me dis que même si elles n'auraient peut être pas forcément d’éléments précis, elles doivent avoir de la famille et des relations en ville ou plus loin dans l'île et avec les commérages, il y aurait peut être au moins une rumeur qui s'installerait dans le palais ? Vu que l'invasion ne se ferait pas en 2 jours non plus ?

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Re: [Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Dim 25 Juin 2017 - 18:20
Bon je vais être très bref pour changer... ça fonctionne beaucoup mieux !

Je suis plutôt d'accord avec Lady sur ses remarques, mais il ne s'agit que de petits ajustements donc bon, je te fais confiance Wink

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Re: [Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Jeu 29 Juin 2017 - 12:28
Je viens de lire, j'aime beaucoup. Smile 
Le contexte dans les années 1500... je n'ai pas l'habitude de lire ce genre de récit médiéval, mais ça me plait. Je saurais pas quoi dire de plus, j’ai pas trop l'habitude de critiquer les récits donc... :3

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Re: [Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Jeu 29 Juin 2017 - 21:20
Merci Rope' ! Je suis trop contente, je sais que tu es assez porté sur les détails alors si tu trouves ça bien ça me rend vraiment heureuse.

Merci Flash ! J'espère que la suite continuera à te plaire. Voilà la suite :

Spoiler:
Stirn
23 Juin 1506, Palais d'été, Apas

Cela fait dix-huit ans maintenant que je me rend à Apas pour fêter la nouvelle saison.
Le Palais d'été est magnifique. Il s'agit certainement de ma demeure favorite. Sa construction débuta il y a vingt et un an, à mon arrivée à Stirn : mon époux rentrait d'Idonis victorieux et plus riche que jamais grâce à l'aide que moi et moi seule lui avait fourni, cette aide qui m'avait tant coûté.
Il me remercia donc en faisant construire ce qu'il voulait être le plus beau château du monde entier, le symbole de la beauté et de la richesse du pays. Il le fit érigé au Sud, là où le temps est particulièrement clément en comparaison avec les fortes pluies de la Capitale.

Le trajet ne fit pas très long : Stirn est situé à mi chemin entre le Nord et le Sud et les chemins empruntés par le carrosse ne pouvaient être plus praticables. Lors de mon arrivée, le 21 au soir, je fus une nouvelle fois frappée par la magnificence des lieux et de l'édifice, entouré de grandes forêts de chênes centenaires et d'une rivière. Après notre mariage, Edmond la rebaptisa Cerra. La rivière de Cerra.

Le granit du château n'est pas un granit ordinaire : il est rosé, parfois rouge selon la lumière du soleil. Sa taille est telle que nous pourrions facilement y loger tous les membres de la Cour et les familles des membres du Conseils. Fort heureusement, le Roi étant absent, je n'eus pas à emmener beaucoup de mondes avec moi. Quelques dames de compagnies, mes enfants et leurs précepteurs suffisent amplement pour ces vacances de deux semaines. Les gardes et cuisiniers déjà présents au Palais sont les meilleurs du pays. Ici, je suis plus tranquille et plus reposée. Je peux accorder plus de temps aux princes et princesses.

Parfois, vivre sans le Roi à ses bons côtés.


– Mère, me dit Amédée. Pourrons-nous aller nous promener à cheval, demain ?

C'est la fin de la journée. Les garçons s'affrontent à l'épée dans jardin, Blanche est assise près d'eux en lisant. Quand à Bathilde, elle est restée alitée tout le jour durant, se plaignant de maux de tête.

– à condition que le temps soit clément et que vous vous teniez tous tranquilles au dîner.

Je ponctue ma phrase d'un regard appuyé envers l'aîné de la fratrie, Edward. Il ressemble déjà à un homme : ses boucles brunes tombent devant yeux, aussi sombres que ceux de son père. Il me dépasse déjà d'une demi-tête et sa carrure pourrait être comparée à celle d'un gladiateur des temps anciens. Pourtant, son comportement n'a rien d'adulte : il aime se bagarrer avec son frère, de cinq ans son cadet, et se sent en constante rivalité avec Blanche. Malgré ses seize ans, l'héritier de la couronne agit comme si il en avait dix de moins.

Les enfants ont continué à jouer quelques temps.
J'ai rédigé des lettres tout l'après-midi, des lettres personnelles : hors de question pour moi de travailler à Apas. La majorité étaient adressées à quelques dames de la Cour qui me témoignaient une sympathie inhabituelle : à la Cour, je suis respectée mais détestée par bon nombre de jeunes femmes amoureuses d'Edmond.
C'est justement à lui que j'ai écris ma lettre la plus longue. Je l'informais des dernières nouvelles concernant le Royaume, les nouvelles taxes, mais également les dernières rumeurs de Manes dont mon mari est très friand. J'ai serré les dents en écrivant sur le vol de bijoux d'Isabelle Adjas, dernier scandale de la Capitale, que je trouve particulière dénudée d'intérêt.
Je lui ai parlé de notre voyage pour le Palais d'été. C'est la toute première fois que je m'y rend sans lui, et je sais à quel point il affectionne les quelques temps que nous passons en famille et avec les familles les plus nobles du pays durant cette période de l'année. J'ai brièvement expliqué la raison pour laquelle je m'y trouve sans la Cour bruyante et envahissante : pour passer plus de temps avec les enfants, pour montrer à Edward qu'il ne peut pas toujours être le centre de l'attention...
Des mensonges, bien sûr. La seule raison pour laquelle je n'organise pas de festins et de banquets au Palais, c'est parce que je déteste ça, et je déteste tous ces gens.
J'ai terminé par quelques formalités. Je vous aime, vous me manquez. Je brûle de désir pour vous. Revenez moi vite. J'ai appris à ne plus rougir en écrivant ce genre de choses, mais je ne crois pas un mot de ce que je raconte. Enfin...

Nous prenons notre repas dans la plus petite salle à manger. Bathilde nous a rejoints en retard, le visage sombre, la tête baissée. Je lui ai fait remarqué son retard, elle s'est excuser d'une toute petite voix et n'a rien dit depuis.

– Qu'est-ce que vous lisiez, tout à l'heure, Blanche ?

– Oh, un simple roman que j'ai trouvé dans la bibliothèque de Père. Un conte, me répond t-elle.

– Votre père et le romantisme...

Edward s'esclaffe.

– Les romans ne sont pas pour les femmes, dit-il. Ce n'est pas pour rien que très peu d'entre elles sachent lire.

– Les ignorants ne le sont pas à cause de leur genre, réplique sa sœur. Tu en es la preuve vivante.

– Garce, grince t-il.

– Taisez-vous, tous les deux. Les pauvres n'ont pas d'éducation. Vous avez ce privilège, alors ne vous disputez pas pour une stupide question de genre.

Edward regarde son assiette d'un air maussade et lève les yeux aux ciel, un tic qu'il tient de moi.

– Ne le prenez pas mal, Mère, mais Apas est bien triste sans Père. Pourquoi ne pas avoir emmené la Cour ? Je me retrouve bloqué ici, loin de tout, avec comme seule compagnie celle d'un gamin de onze ans.

Amédée, qui mangeait bruyamment depuis le début du dîner, lâche sa nourriture. Ses yeux se remplissent de larmes.

– Tu ne m'aimes pas, pleurniche t-il. Tu es méchant. Je n'ai rien fait.

– Laisse-le, Ed', reprend Blanche avant que l'aîné ne réplique.

Plus personne ne parle le reste du repas. À l'image de mon peuple, ma famille est unie seulement quand Edmond est là pour régner, pour assurer la paix et l'autorité.



Une fois les enfants couchés, je peux à mon Tour me rendre dans la chambre royale. Sa grandeur et sa beauté m'a toujours intimidé quand je dois y résider seule. Mon mari a cependant insisté pour que nos appartements soient communs, jurant ainsi que jamais une autre femme ne partagera sa couche. Promesse qu'il a tenu deux ans. Désormais, que nous résidons à Apas ou à Manes, c'est lui qui partage la couche de ses maîtresses.

Je ne tarde pas à trouver le sommeil. Mes paupières sont lourdes et j'ai le cœur gros. Juste avant de m'endormir, je sais que cette nuit, je vais rêver.
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Re: [Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Jeu 29 Juin 2017 - 22:40
Tu as écris ce chapitre un peu plus vite ma belle non ? Je vois des fautes contrairement au précèdent.^^

"Le trajet ne fit pas très long"
fut ?^^

"Il le fit érigé"
ériger ^^

"beaucoup de mondes"
monde

"ses boucles brunes tombent devant yeux"
ses yeux ?^^

"elle s'est excuser"
excusé

J'ai plus apprécié le premier chapitre même si celui-ci est aussi agréable à lire. C'est juste que cette fois-ci j'ai l'impression qu'il manque un tantinet de fluidité entre les différentes descriptions au début de texte.
Par contre j'ai apprécié la seconde partie du texte avec la relation entre les enfants et les remarques de Cerra sur sa famille.

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Re: [Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Jeu 29 Juin 2017 - 22:56
J'aime bien ce que tu écris .

Hâte de lire la suite .

(pas très constructive . )

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