Partagez
Aller en bas
Queenie
Invité

[Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Ven 17 Juin 2016 - 18:13


Dernière édition par Tylda le Jeu 20 Juil 2017 - 11:56, édité 1 fois
Rappel du premier message :


Bienvenue sur ma galerie. Ici, je poste mes créations sur les Sims 4 mais également des textes.
Vous pouvez, justement, retrouver l'avancée de mon histoire juste ici :

Chapitre 1 - pas de modification depuis la page 5
Spoiler:

Stirn
14 Juin 1506, Château de l'Aube, Manes

–  Je pense que ce sera tout pour aujourd'hui.

Ma voix est dénuée de chaleur et mon ton et sec. Je n'ai jamais aimé participer aux conseils du royaume en l'absence de mon époux. Les hommes présents dans la salle me vouent une haine sans égale et si je n'ai pas peur d'eux, je me sens tout de même mal à l'aise à leur côtés.
La pièce est éclairée de bougies. Les fenêtres ne nous offrent que la clarté de la lune : cela fait maintenant quatre heures que le conseil a débuté et la Capitale est déjà endormie.
Je suis installée sur le trône du Roi, comme toutes fois où c'est moi et uniquement moi qui préside l'Assemblée. Autour de la longue table en chêne, les conseillers se lèvent. Le bruit du frottement de leurs sièges contre le sol humide m'insupporte. Si le Roi avait été présent, ces hommes seraient sortis de la salle silencieusement après lui avoir accordé une humble révérence. Aujourd'hui, ils se contentent de s'abaisser rapidement devant moi et de sortir sans un mot de plus.

Je rejoint donc mes appartements sans prendre la peine d'adresser la parole à mes dames de compagnie qui me suivent au pas de course dans les couloirs du château de l'Aube.
Je suis exténuée par cette journée. Ce matin, alors que j'étais toujours dans mon lit, un message est arrivé du front. La lettre venait de mon mari. J'aime son écriture et la façon dont il m'écrit : bien que grand nombre de ses actes soient moralement douteux, il m'écrira toujours de sa propre main, manière chevaleresque d'un homme à son épouse.
Mais le contenu du message avait tout pour me déplaire. Son armée a perdu deux batailles consécutives et il ne pouvait m'assurer son retour avant le mois de Janvier prochain. Ce qui signifie donc que mon rôle de régente n'est pas prêt d'être terminé avant de longs mois.

Je laisse mes femmes de chambre me dévêtir et leur demande de sortir. Avant de me glisser sous les draps, je me pose devant la fenêtre de ma tour. Au loin, j'ai beaucoup de mal à distinguer la ligne d'horizon. J'ai entendu les servantes discuter de mon comportement. Ces idiotes s'imaginent que j'attends le retour du Roi. Notre couple produit un effet ridiculement romantique sur les jeunes femmes du pays. Toutes s'imaginent vivre l'idylle de la même manière que leurs monarques... Quel amour ? Quelle idylle ? Je n'ai jamais rien ressenti.
Ce que je guette, ce n'est ni le levé du jour, ni mon époux. J'attends mon heure, voilà tout. Mon regard est porté à l'Ouest, sur la Terre lointaine où j'ai grandi : Idonis. À chaque fois que je suis face à cette direction, je fini par fermer les yeux. Et je repense aux événements qui ont changé ma vie.

Il fut un temps où je me croyais libre.
J'ai vécu les treize premières années de ma vie en paix. Je vivais dans la partie Sud d'Idonis, mon Île. J'étais l'héritière de la famille la plus riche qu'il soit : et pour cause, puis-ce que j'ai un jour été la fille de la Gouvernante du pays. Ma mère s'appelait Ema. Elle ne possédait pas le titre de Reine, car dans notre religion, la seule divinité qui existe est notre Déesse. Alors ma mère dirigeait le pays selon Ses volontés, sans abuser de ses pouvoirs. Notre famille était la famille de la Gouvernance depuis la nuit des temps. J'aurai du faire de même. J'aurai du devenir la Gouvernante à mon tour, et léguer mon statut à ma fille.

En 1484, le vent a tourné et mon destin a changé.

Je me souviens bien du jour où l'armée d'Azaga, ce pays étranger dont je ne connaissais rien, est rentrée dans Agen. Je me trouvais dans la même position qu'aujourd'hui : dans ma chambre, regardant par la fenêtre.
Je n'avais vu ni ma mère, ni mon père depuis des jours. Mes femmes de chambre ne voulaient pas que je sorte dans les jardins : j'étais recluse dans ma chambre. Déjà à l'époque, j'aimais observer le monde s'éveiller au delà de ma fenêtre. Comme je n'avais rien à faire, je lisais tranquillement durant de longues nuits, et le jour, je guettais les environs, je regardais femmes et hommes déambuler dans les rues de ma ville pour aller travailler.
Ce jour là, quand j'ai posé mon livre et relevé la tête, il y avait des affrontements dans le port. Des centaines – non, des milliers d'hommes armés semblaient se battre. Je cherchais à voir plus de choses, mais une épaisse fumée m'en empêchait. Comment tous ces hommes, habillés si étrangement, aux armes si différentes des nôtres, avaient-ils pu débarquer sur mon Île, dans notre havre de paix et de tranquillité ?
Je ne sais pas comment je me sentais. Je pense qu'à l'époque, je ne le savais pas non plus. Le seul sentiment dont je me souviens, c'était ma curiosité débordante. Avais-je peur ? Étais-je confiante ?
Si les hommes avaient envahi le port, ils étaient forcément venus par bateau. Dehors, des gens hurlaient. Les bruits d'horreur me paraissaient bien proches. Était-il possible que d'autres hommes armés avaient pénétré la ville ?
Ma nourrice m'informa que ma mère allait venir me voir et que je n'avais pas le droit de sortir. C'est seulement après l'avoir supplié de m'en dire plus que la vieille femme me dit ce qu'elle savait.

– J'ai entendu les domestiques en parler entre eux. Ils disent que deux armées différentes ont pénétré le pays. Les Deux Grandes, précisa t-elle.

Je ne savais pas grand choses des deux grandes puissances voisines, Stirn et Azaga. Jamais aucun étranger n'avait franchi nos frontières. Jamais personne ne s'était intéressé à nous. Nous vivions seuls, nous vivions très bien sans eux.

– Que veulent t-ils ?

– Je ne sais pas, me répondit-elle. Je sais seulement que l'armée qui a envahi Agen s'appelle A.. Aza.. Enfin, que les deux armées se sont séparé la moitié du pays. À l'heure qu'il est, l'autre Île doit être en train d'envahir le Nord.

Je suis restée dans ma chambre pendant des heures, silencieuse. Les bruits de combat étaient de plus en plus net. La fumée avait pénétré par les barreaux de ma chambre et je ne pouvais m'arrêter de tousser.

La porte a fini par s'ouvrir. Ma mère pénétra dans la pièce et, d'un signe de tête, fit sortir les femmes de chambre paniquées qui pleuraient silencieusement dans mes appartements.

– Ma fille. Approche-toi.

Elle me prit dans ses bras. Je me souviens qu'elle possédait un parfum particulier, une fragrance différente de celles de chez moi. Hommes et femmes d'Idonis possédaient tous la peau claire, les cheveux noirs et les yeux verts. Ils étaient beaux. Ma mère était belle. Voilà ce que je me disais à cet instant.

– Mère ?

– Nous n'avons pas beaucoup de temps. Ma chère Cerra, nous allons devoir nous quitter. Je suis désolé, terriblement désolé. Des hommes armés arrivent d'un autre pays et viennent pour conquérir toute notre Île. Ce sont des barbares. Ils torturent, tuent et prennent des prisonniers.

– Notre armée pourrait peut-être les vaincre ?

– La moitié de nos hommes sont déjà morts. Ils se rapprochent. J'ai passé les deux derniers jours dans la chapelle. La Déesse entend toutes les prières, mais n'a pas répondu à mon appel. Cet obstacle, c'est elle qui nous l'envoie.

– Pourquoi nous ferait-elle ça ? Pourquoi venir nous tuer ?

Elle s'est approchée de la fenêtre à son tour. Je remarquais qu'elle ne tremblait pas : ma mère ne tremblait jamais. Elle se tenait droite et semblait sûre d'elle. Sa voix était calme. Son attitude rassurante me trompait : je croyais qu'elle détenait une solution pour que nous puissions continuer à vivre unis, elle, mon père et moi.

– Nous n'avons plus beaucoup de temps, répéta t-elle. Écoute moi bien. Un cheval t'attend aux écuries. Ton père voyagera avec toi, et ce sera tout. Nous ne pouvons pas nous permettre d'augmenter le nombre de voyageurs, vous vous ferriez repérer.

– Pour-...

– Tu écoutera ton père quoi qu'il arrive. Si il vient à mourir, tu continuera seule. Tu es bonne cavalière : promet moi d'être rapide et toujours silencieuse. Ne parle à personne en chemin. Ne révèle pas ta vraie identité.

– Pour aller où, Mère ?

À l'époque déjà, j'étais plus petite que la moyenne des femmes d'Idonis. Elle s'agenouilla près de moi et caressa mon visage du bout de son index. Ses yeux habituellement remplis de tendresse étaient désormais remplis de larmes qui n'osaient franchir ses paupières pour glisser le long de ses joues. Ou peut-être étaient-ce les flammes de la cheminé qui les faisaient briller autant ?

– Ton père t'expliquera tout. Tu dois partir maintenant. Ton père portera ton bagage – trois robes seulement, nous ne pouvons pas nous permettre plus. Promet moi de ne pas m'oublier et de ne pas perdre ta foi, quelques soient les événements à venir. Je t'aime.

Elle avait toujours été pleine de bienveillance envers moi, mais elle ne m'avait jamais dit ouvertement qu'elle m'aimait.
Démunie, je la regardais sortir de la pièce. J'étais totalement paralysée par la peur de l'inconnu, par la suite des événements. Ses mots se bousculaient dans ma tête, j'essayais de les rendre plus clairs, je voulais comprendre.

– Vite, me dit elle après avoir ouvert la porte.

Je jeta un dernier regard vers l'armée d'Azaga. Je n'avais plus le temps de rester là. Quelque soit le danger, je compris que désormais, je devais agir.
Je franchi la porte, attendant sur le seuil avec ma Mère. Ses yeux ne brillaient plus. Avait-elle refoulé ses larmes où leur éclat du aux flammes avait-il disparu ?

– Aux écuries. Prend ça.

Elle décrocha le collier qui ne quittait jamais son cou : une ficelle brodée d'or sur laquelle était accroché une pierre blanche. Puis je me suis élancée dans le couloir en direction des escaliers. Alors que je descendais les premières marches, j'entendis sa voix appeler mon nom.

Je ne la voyais plus, j'imagine qu'elle était toujours au seuil de ma porte. En fait, je ne faisais pas attention à ce genre de détails à l'époque. J'étais certaine de la revoir dans un futur proche.
Je ne la voyais pas, mais je sentais sa présence.

– Ce n'est pas de ta faute. N'oublie jamais ça.

J'ai attendu une éternité sur les marches d'escalier, jusqu'à ce que je sois sûre qu'elle était partie.
Puis j'ai repris mon chemin, sans me rendre compte que c'était la dernière fois que j'entendais sa voix.

Quand je rouvre les yeux, les flammes des bougies de ma chambre se sont éteintes. Mon esprit est tout aussi fatigué que mon corps, et je déteste ne pas y voir clair. Je me dirige doucement vers mon lit puis me glisse sous les draps. Une fois protégée par l'épaisse couche de tissus recouvrant ma peau, je me laisse allée au sommeil en gardant entre mes doigts le collier accroché autour de mon cou.

Chapitre 2 - tout juste modifié.
J'ai nuancé les propos de mon héroïne suite aux conseils de Lady et de Rope', merci !
Spoiler:

Stirn
23 Juin 1506, Palais d'été, Apas
Cela fait dix-huit ans maintenant que je me rend à Apas pour fêter la nouvelle saison.
Le Palais d'été est magnifique. Il s'agit certainement de ma demeure favorite. Sa construction a débuté il y a vingt et un an, lors de mon arrivée dans mon nouveau pays. Mon époux rentrait d'Idonis victorieux et plus riche que jamais. Il savait que sans moi et l'accord qu'il passa avec ma mère, il n'aurait jamais gagné la guerre. Alors que je cherchais à être la plus distante possible de mon nouveau mari, lui, voulait me prouver qu'il était digne de confiance et pouvait être un bon époux.

Il me remercia donc en faisant construire ce qu'il voulait être le château le plus magnifique au monde. Edmond disait à qui voulait l'entendre que le Palais allait être à l'image de ma beauté et de ma lignée. J'étais jeune et intimidée, je ne voulais pas de son affection ni de l'attention qu'il me portait. En l'épousant, je pensais vivre en sécurité dans un donjon où je n'aurais jamais l'occasion de sortir. C'est ce que j'aurai préféré.

Il le fit ériger au Sud, là où le temps est particulièrement clément en comparaison avec les fortes pluies de la Capitale.


Le trajet ne fut pas très long : Stirn est situé à mi chemin entre le Nord et le Sud et les chemins empruntés par le carrosse ne pouvaient être plus praticables. Lors de mon arrivée, le vingt et un au soir, je fus une nouvelle fois frappée par la magnificence des lieux et de l'édifice, entouré de grandes forêts de chênes centenaires et d'une rivière. Après notre mariage, Edmond la rebaptisa Cerra. La rivière de Cerra.

Le granit du château n'est pas un granit ordinaire : il est rosé, parfois rouge selon la lumière du soleil. Sa taille est telle que nous pourrions facilement y loger tous les membres de la Cour et les familles des membres du Conseils.

Fort heureusement, le Roi étant absent, je n'eus pas à emmener beaucoup de monde avec moi. Quelques dames de compagnies, mes enfants et leurs précepteurs suffisent amplement pour ces vacances de deux semaines.
Ici, je suis plus tranquille et plus reposée. Je veux profiter de mes enfants et passer du temps avec les jeunes princes et princesses.

Parfois, vivre sans le Roi à ses bons côtés.


– Mère, me dit Amédée. Pourrons-nous aller nous promener à cheval, demain ?

C'est la fin de la journée. Les garçons s'affrontent à l'épée dans jardin, Blanche est assise près d'eux en lisant. Quand à Bathilde, elle est restée alitée tout le jour durant, se plaignant de violents maux de tête, soit, comme d'habitude.

– à condition que le temps soit clément et que vous vous teniez tous tranquilles au dîner.

Je ponctue ma phrase d'un regard appuyé envers l'aîné de la fratrie, Edward. Il ressemble déjà à un homme : ses boucles brunes tombent devant ses yeux, aussi sombres que ceux de son père. Il me dépasse déjà d'une demi-tête et sa carrure pourrait être comparée à celle d'un gladiateur des temps anciens. Pourtant, son comportement n'a rien d'adulte : il aime se bagarrer avec son frère, de cinq ans son cadet, et se sent en constante rivalité avec Blanche. Malgré ses seize ans, l'héritier de la couronne agit comme si il en avait dix de moins.

Les enfants ont continué à jouer quelques temps.
J'ai rédigé des lettres tout l'après-midi, des lettres personnelles : hors de question pour moi de travailler à Apas. La majorité étaient adressées à quelques dames de la Cour qui me témoignaient une sympathie inhabituelle : là-bas, je suis respectée mais détestée par bon nombre de jeunes femmes amoureuses d'Edmond.

Juste avant de partir pour Apas, j'ai justement reçu une lettre de sa part. Elle date d'il y a trois semaines. Le messager qui me l'a fait parvenir s'est montré particulièrement rapide : d'habitude, quand je reçois un billet venant d'un pays voisin, il met au moins un mois et demi à arriver.
J'ai décidé d'emporter la lettre avec moi au Palais d'été pour la lire tête reposée et avoir plus de temps pour lui répondre.

Cerra, mon aimée,

Son écriture est magnifique. Il n'y a aucune bavure sur le papier. Je l'imagine, le jour sur le champ de bataille pour guider ses troupes et le soir en train de m'écrire, éclairé seulement par une bougie et le clair de lune. Il y a des chances pour que ce soit le cas : il est si chevaleresque, comment pourrait-il en être autrement ?

Une terrible bataille a eu lieu il y a quelques jours. Pardonnez-moi de ne pas vous en avoir informé plus tôt : d'ailleurs, je ne sais même pas quand ce message vous parviendra. Enfin, si il vous parvient...
Je suis blessé à la jambe et ne peux plus me battre. Vous, et les enfants, priez en mon nom.

Au fil de ma lecture, une boule apparaît dans mon ventre.
À Stirn tout comme à Azaga, hommes et femmes n'ont foi quand le Roi. C'est à lui nous devons nous adresser dans chacune de nos prières.
Je ne le prie pas . Le soir, juste après avoir prié auprès de la Déesse en laquelle je n'ai jamais cessé de croire, j'essaye de tout mon cœur de faire de même, en tentant désespérément de diviniser mon mari. C'est vraiment difficile. Ce n'est pas un Dieu : Edmond est un homme dont l'apparence ne surpasse pas celle des autres hommes et, même si la moitié du pays n'a pas accès à l'éducation, je suis sûre que quelque part il y a des hommes bien plus intelligents que lui.
Il est juste né au bon endroit, au bon moment, mis au monde par la bonne femme, elle même mis enceinte par le Roi. Et ça aurait pu être n'importe qui d'autre. Alors, non, mon mari n'a rien de divin.

J'ai promis de vous revenir victorieux, alors comptez sur moi pour que cela soit le cas. Je pourrais très bien rentrer et demeurer auprès de vous durant ma convalescence : c'est de loin ce que je préférerais. Mais je ne puis être de retour misérable et estropié. Priez pour moi afin que je guérisse et je pourrais rentrer. Priez pour moi, croyez en moi. J'ai besoin de vous savoir de mon côté.
Je ne peux vous en dire plus car nous repartons bientôt au combat et je dois désormais m'entraîner à marcher de nouveau.


« J'ai besoin de vous savoir de mon côté »... Je fronce les sourcils, malgré moi. Mon époux sait à quel point il a été difficile pour moi de devenir Reine en si peu de temps, mais je pensais qu'il avait confiance en moi. Visiblement, il n'est pas dupe, et il doit sûrement savoir que tous les mots doux que je lui glisse à l'oreille sont faux et surjoués.

Ne restez pas cloîtrée au château. Il ne vous arrivera rien si vous décidez de partir comme chaque année au Palais d'été. Mes gardes veilleront sur vous. Jamais l'armée de ce fou de Richard ne foulera nos terres. Enfin, tout cela, vous le savez. Vous n'avez jamais peur.

Embrassez les enfants de ma part, et dites leur que je pense à eux chaque jour. N'oubliez pas de prier.

Edmond, votre Roi et fidèle époux.

La lettre semblait être terminée, mais il a réécrit quelque chose, tout au bout du parchemin. Son écriture est moins bonne, comme si il avait du écrire rapidement avant de partir.

Je vous veux, Cerra. Je me languis de vous chaque jour. Je suis impatient de vous retrouver.

Je sens le rouge me monter aux joues et chasse cette sensation d'un geste de la main, comme si mon mari se trouvait juste derrière moi et venait de me chuchoter ces quelques mots intimes.
Edmond est un homme très étrange. Il est très différent des hommes d'Idonis. Beaucoup plus... passionné. Il s'imagine être un personnage de roman, un chevalier, un Dieu : c'est comme ça qu'il se considère, mais est-ce réellement de sa faute ? S'il avait été le Gouverneur d'Idonis, il aurait été bien plus humble. Je ne peux pas lui en vouloir d'être parfois un peu trop imbu de lui-même. Après tout, il est le Roi, et presque le Roi du monde, si il me revient après avoir gagné la guerre.

Je ne pouvais pas l'apprécier. Une fillette de 13 ans ne peut pas aimer un inconnu, un étranger arrivant mettre des chaînes à sa terre natale. C'est impossible. Une jeune adolescente ne peut rien ressentir pour un homme qui lui vole son enfance dans le lit conjugal.
Mais moi aussi, je dois être une femme étrange. Car mes sentiments envers lui, eux, le sont.

Il n'a jamais cru un mot de ce que racontait mes ennemis lorsque l'on m'accusait d'être une sorcière, venue à Manes pour diriger le pays à travers mon mari.
Il a de l'estime pour moi.
J'ai de l'estime pour un Roi. Et si il venait à mourir...

Mon époux,

Votre lettre vient seulement de m'être arrivée. Nous sommes le vingt-troisième jour du mois de Juin. Comment vous portez vous ? J'ai prié pour vous, désormais je prierai pour le rétablissement de votre blessure.
Si vous ne pouvez vous battre, ne prenez aucun risque. On dit que Richard a envoyé des troupes vers le Nord : encouragez votre armée, guidez la, et rétablissez-vous. Quand vous serez remis sur pied, vous pourrez vous battre : et avec toutes les prières que vous recevez pour votre victoire, vous allez vaincre Richard une bonne fois pour toute.

Je me suis rendue au Palais d'été avec les enfants. Je n'ai pas pris de Cour : j'ai décidé qu'il était bon pour Edward d'être seul un petit moment. Peut-être qu'ainsi, il se remettra en cause. Son égoïsme est devenu maladif et je doute qu'il fasse un bon roi en étant si narcissique. Un Dieu se doit d'être humble.

Nous allons rester quelque temps puis repartir à Manes. Rien a signaler au pays : j'estime gérer la situation du mieux que je le peux. Ce n'est pas une situation enviable. Les gens me détestent ici. Il n'y a qu'à Apas où j'ai réellement la paix. Quand vous serez victorieux et que vous serez de retour à Stirn, je cesserai de me sentir étrangère dans un pays qui est pourtant le mien.

Encore une fois, prenez soin de vous. Vous gagnerez, j'en suis certaine.
Je vous désire tout autant que vous me désirez et vous attend chez vous. Venez au plus vite m'y retrouver.

Cerra, votre épouse.

- Comment va père, mère ? Me demande Blanche.

- Il est blessé. Priez pour lui.

Amédée et Edward se retourne vers moi et me regarde. Je n'ajoute rien de plus. Qu'est-ce que je pourrais dire d'autre ? Que leur père est peut-être mort et que je peux savoir où il se trouve actuellement ?



Nous prenons notre repas dans la plus petite salle à manger. Bathilde nous a rejoints en retard, le visage sombre, la tête baissée. Je lui ai fait remarqué son retard, elle s'est excusée d'une toute petite voix et n'a rien dit depuis.

– Qu'est-ce que vous lisiez, tout à l'heure, Blanche ?

– Oh, un simple roman que j'ai trouvé dans la bibliothèque de Père. Un conte, me répond t-elle.

– Votre père et le romantisme...

Edward s'esclaffe.

– Les romans ne sont pas pour les femmes, dit-il. Ce n'est pas pour rien que très peu d'entre elles sachent lire.

– Les ignorants ne le sont pas à cause de leur genre, réplique sa sœur. Tu en es la preuve vivante.

– Garce, grince t-il.

– Taisez-vous, tous les deux. Les pauvres n'ont pas d'éducation. Vous avez ce privilège, alors ne vous disputez pas pour une stupide question de genre.

Edward regarde son assiette d'un air maussade et lève les yeux aux ciel, un tic qu'il tient de moi.

– Ne le prenez pas mal, Mère, mais Apas est bien triste sans Père. Pourquoi ne pas avoir emmené la Cour ? Je me retrouve bloqué ici, loin de tout, avec comme seule compagnie un gamin de onze ans.

Amédée, qui mangeait bruyamment depuis le début du dîner, lâche sa nourriture. Ses yeux se remplissent de larmes.

– Tu ne m'aimes pas, pleurniche t-il. Tu es méchant. Je n'ai rien fait.

– Laisse-le, Ed', reprend Blanche avant que l'aîné ne réplique.

Plus personne ne parle le reste du repas. À l'image de mon peuple, ma famille est unie seulement quand Edmond est là pour régner, pour assurer la paix et l'autorité.



Une fois les enfants couchés, je peux à mon Tour me rendre dans la chambre royale. Sa grandeur et sa beauté m'a toujours intimidé quand je dois y résider seule. Mon mari a cependant insisté pour que nos appartements soient communs, jurant ainsi que jamais une autre femme ne partagera sa couche. Promesse qu'il a tenu deux ans. Désormais, que nous résidons à Apas ou à Manes, c'est lui qui partage la couche de ses maîtresses. Par passion, encore une fois. Peut-être croyait-il vraiment me rester fidèle et, vivant toujours au jour le jour, s'est-il réveillé un matin en désirant une autre femme.
Je me fiche éperdument qu'il me trompe. C'est un Roi, et un Roi prend des amants.
Ce qui me gêne, c'est les commérages qui se font sur mon passage et qui touchent mon égo bien plus que leurs stupides accusations de sorcellerie. Mon honneur est mis à mal à chaque fois qu'une femme se vente à la Cour d'avoir couché avec le Roi. Fière, je ne répond rien, je ne réagis pas, je fais comme si tout cela me passait au-dessus de la tête.

J'ai les paupières lourdes et le cœur gros, mais je n'arrive pas à trouver le sommeil, trop perdue dans mes pensées pour m'endormir. La lettre d'Edmond m'a fait un drôle d'effet. J'ai la gorge nouée à le savoir à des milliers de lieux, sali de boue et de sang, dirigeant une armée décimée par cette guerre sans fin.
Des gens meurent à cause de moi.

Chapitre 3 - tout juste modifié suite aux conseils de Lady et de Rope', merci ! Smile
Spoiler:

- Père ?

Nous avons galopé durant de longues heures, profitant de l'épaisseur de la forêt d'Agen pour nous cacher sous les arbres. C'est étrange comment ce décor apaisant contrastait avec la précipitation des événements. Au fil de notre traversé dans les bois calmes, je me rappelais des après-midis que je passais avec ma mère à galoper et à me ressourcer. Je n'arrivais pas encore à me dire que si, désormais, j'arpentais ces lieux, c'était non pas pour m'amuser mais pour fuir.

Depuis notre départ de la maison, mon père n'avait prononcé ne serait-ce qu'un seul mot. Il n'a jamais beaucoup parlé. La seule personne qui connaissait sa voix par cœur, le poids de ses mots sur sa langue, c'était ma mère.
Mais nous étions partis, sans que je sache réellement pourquoi, et nous étions désormais à des dizaines de lieux de sa présence, maternelle et rassurante.
J'avais beau l'interpeller, papa ne répondait jamais à mes appels. Je ne comprenais rien à la situation. Pourquoi ma mère m'avait-elle dit de fuir, pourquoi m'avait-elle parlé comme si nous ne nous reverrions jamais ? Tout était bien trop compliqué. C'est comme si une vague de brouillard était apparue dans mon esprit.

Nous avons traversé une petite rivière qui brillait avec les reflets du soleil. L'eau était aussi calme que les environs. Quelques heures auparavant, j'avais pu voir de ma fenêtre des hommes armés décimer les miens. Désormais, nous étions seuls, et les seuls bruits que je pouvais entendre étaient le chant des oiseaux et le courant de l'eau.

Alors, je serrais le collier contre mon cou. J'avais l'impression que cette petite pierre marquait sa présence. Bien évidemment qu'elle était avec nous. Nous n'avions jamais été séparés, tous les trois. Ce cadeau voulait dire qu'elle pensait à moi, et qu'elle m'accompagnait lors de ce voyage qui allait me mener vers l'inconnu. Ema, ma très chère mère, était là, avec moi.
Mon père prononça ses premiers mots depuis notre départ.

- Arrêtons nous pour manger.

Mon père était agile à cheval. Il glissa de l'animal si naturellement que je me surpris à croire que tout allait bien, que le monde n'était pas en train de s'écrouler. Sa prestance était la même que quand nous allions chasser ou nous promener aux alentours de la maison.

Papa accrocha son cheval, me fit signe de descendre et fit la même chose pour le deuxième animal, sur lequel mon maigre corps reposait depuis des heures.

- Nous allons devoir nous arrêter pour un moment. Il y a bien trop de lumière, nos ombres vont nous trahir si nous continuons à bouger. Il va falloir attendre la tombée du jour, et rester silencieux.

Sa voix était monocorde, comme à son habitude, et ne tremblait pas. Tous les éléments étaient réunis pour me persuader que toute cette histoire était une mauvaise blague. Peut-être que ma mère préparait une fête, et voulait me faire une surprise ? Elle m'avait dit de faire attention, et pour le moment, nous n'avions croiser aucun étranger barbare sur le chemin.
Alors, comment expliquer les affrontements sur le port ?
Je commençais à fouiller dans le sac, mais il n'y avait aucune nourriture. J'ai alors levé les yeux vers mon père qui, face à un grand chêne, ne me regardait pas. Bien évidemment, il attendait que je me lève pour le rejoindre.

- Suis-je obligée ?

Son silence signifiait que oui.

Je me redressa, secoua ma robe pour enlever toute la poussière qui s'y était accumulée. Je ne voulais pas le faire, mais c'était la seule solution pour ne pas mourir de faim. Je me positionnais de la même façon dont se tenait mon père, face au chêne, et posa mes mains sur l'écorce sombre. Mon cœur battait à tout rompre. Maman ne m'obligeait jamais à utiliser mes pouvoirs.

- Je n'ai pas assez de force pour le faire, m'indiqua simplement mon père, comme si il avait lu dans mes pensées.

Pourquoi a t-il fallu que je naisse femme ? C'est la question que je me posais à cet instant. Je n'avais jamais remis en cause mon genre avant de me retrouver dans cette situation.
Je ne pouvais pas faire autrement. Je n'allais pas laisser mon père mourir de faim.

Mes mains étaient toujours posées sur le chêne. Peu à peu, je sentais mon sang se réchauffer dans mes veines, et, même si je n'avais pas très faim, mon appétit diminuer en un temps record. La sensation que me procurait les racines du grand arbre était indescriptible. Une force... une sensation de résurrection, tel le phénix qui renaît de ses cendres.

J'ai attendu un bon moment avant de me retourner vers mon père. Ça faisait un long moment que la pierre m'avait déjà nourri. La pierre, seules les femmes peuvent maîtriser l'étendue de ses pouvoirs. La pierre, elle est au centre de tous les arbres de la forêt, de toutes les montagnes du pays, au fin fond des océans qui entourent notre île.
Et la pierre est et était autour de mon cou.
J'essayais de me concentrer sur autre chose, sur une image positive avant de devoir ressourcer mon père. Le bruit d'un petit animal dans les buissons. Le bruit que faisais les feuilles tapissant le sol quand je marchais dessus. La sensation de l'écorce contre mes doigts. Je voulais me rattacher à quelque chose avant de devoir faire ça.

Le soleil tapait dans mon dos, mais je tremblais, et mon père le voyait bien. Enfermé dans son mutisme habituel, il ne fit aucune remarque. Il ne prit pas la peine de s'excuser. D'habitude, c'est ma mère qui le nourrit.
Papa s'agenouilla près de moi, faisant pratiquement ma taille quand moi, j'étais debout. Son visage se rapprochait dangereusement du miens, comme si il s'apprêtait à m'embrasser. Mais, au lieu d'enfoncer ses canines dans mes lèvres, il décida de mordre mon cou, blanc et frêle, qui se mis à saigner à peine ses dents l'eurent-il frôlé.

Les larmes me montaient aux yeux et je ne m'empêcha pas de les laisser couler. Tout cela n'avait aucun sens. Je ne suis pas maman. Papa a une nourrice, et elle devrait être avec nous.
En revanche, je réussi à retenir ma langue. Je ne pouvais pas hurler. Mon père l'avait dit simplement, n'avait pas insisté sur la question, mais je comprenais que je devais suivre cette indication à la lettre si nous ne voulions pas nous faire remarquer.

Rester silencieux.


J'ai serré les dents. Quand mon père eut fini de se nourrir, il se remit debout. Sa bouche était tâchée d'un liquide noir et visqueux, qui continuait de gicler de mon cou. Son visage était humide, sûrement mes larmes ayant coulé le long de sa mâchoire.
Il s'essuya la bouche avec le tissus de sa chemise de lin, et je l'imita, portant les manches de ma robe  jusqu'à mon cou, pour essuyer le liquide. Mon liquide. Mon sang.

Papa enleva sa veste et la disposa en dessous de l'arbre, et me fit signe de m'y asseoir, ce que je fis aussitôt. La tête me tournait, et il est conseillé aux femmes de s'asseoir un moment après avoir nourrit un homme. J'essayais de me convaincre qu'il ne faisait pas ça pour me faire mal, et que j'étais tout simplement plus puissante que lui. Je flattais mon ego pour ne pas être effrayée par mon propre père. Pourtant, je ne ressentais que du dégoût pour cet homme qui ne m'avait jamais témoigné de réelle affection.

- Où est maman ? J'osais demander d'une petite voix, tant dis ce qu'il était debout, silencieux, inspectant les alentours sans bouger d'un poil.

- À la maison.

- Qui étaient ces hommes, sur le port ? Que nous veulent-ils ?

Pas de réponse.

- Est-ce qu'ils ont tués maman ?

Alors, mon père fit un geste qu'il n'avait jamais fait auparavant, même quand j'étais encore petite fille.
Il se laissa tomber près de moi. Son visage ne trahissait aucune émotion, mais je le savais démuni. Il s'approcha de sa fille a qui il n'avait pratiquement jamais parlé, et prononça son nom. Deux fois.

- Cerra.

- Est-ce que maman est morte ?

- Cerra.

Il passa son bras autour de mon épaule tant dis ce que je me recroquevillais dans les bras de cet homme qui avait toujours était un inconnu à mes yeux.
Maman était morte. Ils – ces étrangers – allaient nous chercher, nous trouver, et nous tuer.
La douleur de la morsure m'avait arraché des larmes, mais ce n'était rien comparé au torrent qui sortait de mes yeux, alors que mon père commençait à pleurer à son tour, silencieusement et dignement, sans prononcé autre chose que mon prénom.
Depuis ce jour, je n'ai jamais pleuré à nouveau.

Invité
Invité

Re: [Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Sam 4 Fév 2017 - 17:38
Morgan
Spoiler:

avatar
Fluffy-Pompom
Ourson caféiné
Ourson caféiné
Féminin Messages : 10686
Age : 22
Localisation : Entrain de siroter un café latte sur le dos d'un ours

Re: [Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Sam 4 Fév 2017 - 17:58
Elle est très mignonne, j'adore son nez, me demande pas pourquoi huhu.

____________________________
avatar
LadySquirrel
Déesse déchue
Déesse déchue
Féminin Messages : 53862
Age : 25
Localisation : Dans une fiat.

Re: [Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Sam 4 Fév 2017 - 18:20
Je l'aime bien cette demoiselle, ainsi que les couleur des images.
Elle a le nez assez haut quand même non ?

____________________________
Je suis géniale et Moshine est mon esclave:



Invité
Invité

Re: [Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Sam 4 Fév 2017 - 18:22
Merci les filles ! Ma soeur a vu les images en avant première et elle aime également son nez. :3
En fait j'ai choisi une mannequin comme base, je l'ai donc reproduite, et ce mannequin a le nez assez particulier et assez haut. J'ai décidé de laisser ça comme ça, histoire de lui donner un peu d'originalité.
Invité
Invité

Re: [Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Mar 21 Fév 2017 - 18:02
Aujourd'hui, on se retrouve pour un extrait de mon projet d'écriture.

Spoiler:
J'ouvre doucement les yeux et les lumières de ma chambre s'allument aussitôt. Loin d'être aveuglantes, elle éclairent la pièce qui s'éveille en même temps que moi depuis dix-sept ans maintenant.
Cela fait dix-sept ans que je porte d'abord mon regard au plafond blanc, au dessus de ma tête ; puis il descend sur les murs – blancs, et se pose finalement sur le monde qui s'étend derrière ma fenêtre aux rideaux blancs. Dix-sept ans que le porte s'ouvre sur une Bérengère, aux cheveux désormais aussi blancs que son uniforme, pour déposer mes vêtements blancs dans mon dressing.
Blanc.
– Bonjour mademoiselle ! S'exclame la femme de ménage. Bien dormi ? Aujourd'hui, c'est le grand jour, alors j'ai repassé l'une de vos robes. Vous l'enfilerez vite en rentrant à la maison ce soir – avec un peu de chance, ils arriveront seulement après vous. Voulez-vous que je vous fasse couler un bain ? Me demande t-elle en m'offrant le plus chaleureux des sourires.
– Je veux bien. Merci.
– Mais c'est normal, demoiselle Ailla.

Une fois lavée et habillée, je peux descendre dans la salle à manger où le petit-déjeuner doit être déjà servi. Ai-je réellement besoin de préciser la couleur des objets et du mobilier qui m'entourent ? Tout comme le vêtements que nous portons chaque jour, toutes les choses qui font parti de ma maison, de ma ville et plus généralement de mon pays sont blanches. Cela peu paraître étrange, et ça l'est d'autant plus que l'être humain connaît la couleur. Le ciel est bleu le jour, noir la nuit. Les feuilles des arbres qui composent le jardin changent de couleur au fil des saisons. Nos cheveux peuvent être blonds, châtains, bruns – roux dans mon cas, et nos yeux sont tout aussi colorés.
Mais la société dans laquelle j'ai grandi est ainsi : neutre, et cela convient à tous. Je ne le sais que trop bien : cette neutralité, aussi froide qu'elle puisse être, nous apporte paix et tranquillité et ce depuis bientôt 100 ans. Il fut un temps où mon pays, Haldéo, s'appelait France. Quand on vivait en France, on vivait dans un pays de couleurs et de diversités. Mais les temps étaient durs. Plus d'argent. Des guerres civiles ou religieuses éclataient un peu partout et les dirigeants se succédaient, sans ne savoir que faire. Et puis un jour, un homme mis le doigt directement sur le problème : c'est cette diversité qui divise. Alors, le blanc devint la seule couleur autorisée. Les religions furent bannies de la société et tous les pratiquants français furent contraints de quitter le pays. Oh, il y eu protestations et rebellions. Cependant, tous se rendirent compte que le mode de vie adopté par le nouveau pays – mon pays, Haldéo – était en fait celui qui promettait l'avenir le plus serein et tranquille. Et me voilà moi, 100 ans après, riche et en bonne santé, à me remémorer mes cours d'Histoire pour comprendre pourquoi les choses sont ainsi.
À vrai dire, la vie est si aisée en ces lieux qu'il me serait difficile de renoncer à tous les blancs qui composent mon existence.

– Ah, Ailla, dit mon père alors que je prend place à côté de mon frère. Vous-avez bien dormi, ma chérie ?
– J'ai bien dormi, oui. Et vous, père ?
– De même. Il faut dire qu'un grand jour s'annonce. Sept membres de la famille Auprêtre qui posent leurs valises ici et ce dans la même journée, c'est un vaste programme pour un Lundi, me répond t-il en me faisant un clin d’œil.

Je lui répond par un sourire et m'attaque au repas, sans ajouter un mot de plus. Je ne suis pas douée aux bavardages : non seulement je suis quelqu'un d'assez réservée, mais en plus de cela je n'ai pas le même talent d'éloquence que mon père ou même de mon frère de dix ans.
Pour avouer, je n'ai pas vraiment de talent, et pourtant ce manque total de personnalité et de caractère n'a pas empêché deux personnes de jeter leur dévolu sur moi.

La première : Richard Auprêtre. Il est le petit-fils de notre président, François Auprêtre. Lui et sa famille nous rendent souvent visite et arrivent ce soir de Paris pour rester une semaine en notre compagnie. Richard est un gentil garçon. Il est aimable et courtois, cela va de soi, mais également cultivé et désireux de connaître mon avis sur les discussions animées que partagent nos familles respectives ; et, par conséquent, me connaître moi à travers mes réponses. J'ai beau ne pas être très loquace, tenir une conversation avec lui n'est pas déplaisant et parfois, nos discussions peuvent même être intéressantes. Il semble vraiment accorder de l'importance à mes paroles, aussi banales soient-elles. Dans un sens, je me moque royalement de savoir ce qu'il pense de moi. En revanche, si c'est avec cette personne que je dois partager le restant de mes jours, il est bon d'avoir le sentiment – rien que le sentiment – d'être aimée. La véracité de ce sentiment m'importe peu.

La deuxième : Brynn Davis. Son nom est étranger, nous ne faisons pas parti du même monde et c'est pourtant la personne dont je me sens la plus proche. Notre rencontre révèle du miracle.
Je ne me suis jamais vraiment intéressée au métier de mon père – ministre des affaires étrangères, mais un beau jour, je me suis retrouvée à devoir l'accompagner à l'étranger : de l'autre côté de la frontière d'Oris. Ma belle-mère était malade depuis de longues semaines et ne pouvait accompagner mon père pour sa visite. Sans vraiment réfléchir, j'ai proposé de prendre sa place. Il semblait tellement heureux de mon soudain intérêt pour la politique que c'en était touchant.
Très peu de gens ont l'autorisation de franchir la frontière de ce pays... pour le moins différent. En seulement quelques heures, j'ai pu apercevoir des gens aux vêtements colorés. Je me rappelle aussi avoir vu une fille avec les cheveux complètement bleus. J'ai entendu pour la toute première fois de ma vie de la musique – certes, depuis une rue animée où je ne pouvais entendre grand chose, mais de la musique tout de même. J'ai même vu des lieux de culte. Cette courte visite m'a conforté dans l'idée qu'il vaut mieux vivre dans les quartiers calmes de mon pays blanc ; car, même si Oris me paraissait attirant et mystérieux, je me suis imaginée me perdre dans ces rues bondées de monde où les gens sentent la fumée et l'alcool.

Nous nous sommes donc rendu directement au domicile du ministre Orisis – c'est ainsi que nous qualifions les habitants d'Oris – avec qui mon père devait régler une affaire importante, qui impliquait Argent et Accord : les deux grands A du travail de mon père qui me faisaient mourir d'ennui. En tout cas, j'ai pu rentrer dans l'énorme maison de l'Orisis. Elle était faite de pierres, un peu rosées, et possédait de très grandes baies vitrées qui donnaient sur un jardin verdoyant, aussi grand que le parc municipale de ma ville. Son propriétaire, le ministre, donc, était un homme aux cheveux mêlés de bruns et de gris mais plus jeune que mon père. Vestimentairement parlant, ils se ressemblaient à un détail près : là où le costume de mon pèré était évidemment blanc, le sien était bleu nuit et sa cravate rouge feu. Le contraste était assez étrange, d'autant plus que les grands murs de l'entrée étaient peint en jaune vif. Des choses étaient accrochées au mur (j'appris plus tard qu'il s'agissait de tableaux) et tout un tas de décorations aux tons pastels étaient posés ici ou là. Il y avait tellement de choses à voir, je me suis sentie si petite du haut de mon mètre soixante et de ma petite robe blanche. Les deux hommes se sont échangé des banalités, le ministre Orisis m'a proposé d'attendre dans un salon (vert prairie) et ils sont entrés dans le bureau dans lequel ils devaient s'entrevoir. Moi, je n'osais bouger d'un pas. Je ne me sentais pas à l'aise dans cet environnement, qui détonnait vraiment de ma vie bien rangée et bien nette.

– Tu cherches à savoir ce qui se dit derrière cette porte ? Dit une voix grave, derrière mon dos.

J'ai sursauté et me suis retournée. La voix appartenait à un garçon très, très grand aux petits yeux bleus en amandes. Il était habillé tout en noir mais ne semblait pas aussi effrayant que sa voix pouvait le laisser penser.

– Je n'écoute rien. J'attends.

– Tu es la fille Dufort ? Demanda t-il, mais n'attendit pas ma réponse pour continuer. Viens.

J'ai suivi le garçon dans une pièce, le salon vert prairie dans lequel j'étais censée attendre mon père. Il m'invita à m'asseoir sur un grand canapé orange. Je n'en croyais pas mes yeux. En seulement quelques minutes passé dans l'étrange maison, j'avais déjà fait tout le tour des couleurs de l'arc-en-ciel.

– Tu n'es jamais venue à Oris, n'est-ce pas ?

– Comment savez-vous ?

Il m'offrit son premier sourire.

– C'est la première fois que je vois quelqu'un avec ce regard. Tu regardes les choses autour de toi avec attention, mais tout doucement, comme si tu avais peur de les briser. Es-tu aussi destructrice que le laisse supposer ton regard attendri ?

Trop vite, mes joues ont pris la couleur de la cravate du ministre.
Rouge pivoine.
Non seulement personne ne me tutoyais d'habitude, si on ne compte pas mon petit frère Nathan, mais en plus de cela je venais d'être analysée – pire, draguée par un parfait inconnu.
Je n'ai rien répondu et un silence pesant s'est installé entre lui et moi.
Il me dévorait du regard, mais je ne voulais pas lui montrer que sa façon de se comporter avec moi me touchait et me faisait quelque chose. Alors, moi aussi, je l'ai observé. Il possédait une mâchoire un peu haute, mais ses traits étaient fins. Ses yeux brillaient d'une étrange façon, et il y avait quelque chose dans sa façon de me regarder qui reflétait quelque chose d'enfantin. Il continuait de me sourire.

– En quoi est faite la maison ? Ai-je dis trop vivement, ce qui trahissait le malaise qui m'avait gagné.

- En granit, me répond t-il du tac au tac. Du granit rose. Il existe une magnifique côte de Granit Rose, un peu plus au nord, toujours en Bretagne. C'est un endroit magnifique.

Je me suis remémorée mes cours de géographie : Oris, c'est la Loire-Atlantique, la Normandie et la Bretagne. Là, nous étions déjà en Bretagne. Je me suis imaginée marchant le long de grands rochers roses. C'est à cet instant que quelque chose est né en moi : la soif de l'inconnu. Une déchirante envie de découvrir des choses. De voir ailleurs.

– Vous êtes le fils de... de...

Le nom de mon hôte m'était totalement sorti de la tête et je me suis mise à bégayer comme une idiote, sans m'arrêter. L'homme en face de moi a éclaté de rire. Jamais de ma vie je ne m'étais sentie aussi gênée.

– Non, je ne suis pas le fils de monsieur Adam, dit-il en appuyant bien sur le nom de famille. Non, son fils s'appelle Alexandre et à l'heure actuelle, il est absent. Moi, c'est Brynn Davis. Je n'habite ici que temporairement.

– Et pourquoi temporairement ?

– C'est qu'elle est curieuse, la demoiselle...

J'ai éclaté de rire sans m'en rendre compte alors que Brynn fronçait les sourcils. Il semblait tellement à l'aise devant moi, une totale inconnue un peu gauche, que j'en étais déconcertée et plutôt intimidée. J'ai arrêté de rire.

– Vous voyez, il n'y a pas qu'à moi que cela arrive d'oublier, lui fis-je remarquer.

– ça arrive même aux meilleurs, affirma t-il. Comment tu t'appelles, déjà ?

– Je ne vous l'ai pas dit. Ailla Dufort.

Il continuait de me regarder et j'ai fini par baisser les yeux. Nous sommes restés silencieux pendant ce qui m'a parut être une éternité. Et puis, il a fini par reprendre.

– Tu connais le Café du Port ? Me demanda t-il.

– Bien sûr. Il est juste en face de mon lycée, lui indiquais-je. Mais comment est-ce que vous connaissez cet endroit ? Les Orisis ont besoin d'une autorisation pour entrer dans Haldéo.

- Tu auras toutes tes réponses si tu écoutes ma proposition. Je veux te revoir. Ça te dirait qu'on se voit, l'un de ces jours ? J'habite juste au dessus du café.

- Je pensais que vous habitiez ici.

- J'ai dit temporairement. Alors ?

J'ai relevé les yeux vers lui. Il semblait bien plus sérieux qu'il y a quelques minutes.

– C'est un peu direct, marmonnais-je sans grande conviction. Quand ?

– Tu acceptes ?

– Je ne me suis pas encore prononcée. J'ignore pourquoi vous souhaitez me voir. Je pense que nous avons chacun bien mieux à faire.

Au même instant, la porte du bureau s'est ouverte. Je me suis levée et le garçon dont je venais de faire la connaissance m'a imité. Je souhaitais lui dire simplement au revoir et l'oublier, mais il m'a ôté les mots de la bouche.

- Je serais à Haldéo 24 heures sur 24 à partir d'après-demain. Je resterai – pour le moment, car je reviendrais – deux semaines. Libre à vous de venir, chuchota y-il contre mon oreille quelques secondes seulement avant l'entrée de mon père dans le salon.

– Ailla, nous y allons.

Il s'est tourné vers le garçon, l'a regardé, m'a regardé, puis a reposé son attention sur lui.

– Vous êtes ? Demanda t-il

– Brynn.

Ils se serrèrent la main et j'ai vu – l'espace d'une seconde – que les yeux du garçon ont jetés des éclairs à l'instant même où leurs mains se sont croisées. D'ailleurs, il ne souriait plus.

Nous sommes rentrés chez nous. Je n'ai pas parlé à mon père durant tout le trajet.
Le Vendredi suivant, je suis allée au Café du Pont.
C'était il y a un an.
Depuis, je le vois toutes les semaines.




/// ici un message personnel que je vais écrire d'ici quelques minutes. Si je ne lève pas mes fesses tout de suite, ma mère va m'étriper ///
Invité
Invité

Re: [Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Mer 22 Fév 2017 - 12:50
Ça vous intéresse la suite ? Smile
avatar
Vavaveau
Serial Céréales Gameuse
Serial Céréales Gameuse
Féminin Messages : 5386
Age : 19
Localisation : Ponyville

Re: [Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Mer 22 Fév 2017 - 13:32
Oooh, on sent bien la plume juvénile dans cet extrait, mais j'aime beaucoup émue Et puis c'est normal pour de la littérature jeunesse. Tu écris vraiment bien! Moi je veux bien la suite rouge

____________________________

Psst...:


Invité
Invité

Re: [Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Mer 22 Fév 2017 - 15:46
Merci pour avoir lu et pour ton commentaire Vava. Smile J'ai conscience que ma plume est juvénile et qu'il y aurait des choses à revoir mais je préfère avoir cette plume juvenile que pas de plume du tout : je n'ai pas encore trouvé mon style alors je me cherche un peu partout, mais je suis déjà fière de moi pour avoir réussi à ecrire cet extrait. Tout ce qui m'importe, c'est de m'améliorer et d'être fiere du résultat final.
Merci encore ! :3
avatar
Rope'
Simvador Dali
Simvador Dali
Masculin Messages : 5443
Age : 26

Re: [Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Mer 22 Fév 2017 - 21:37
J'ai plutôt bien apprécié la lecture de cet extrait ! En tout cas, c'est un chapitre introductif efficace.

Les descriptions et explications me semblent assez bien dosées, tu ne nous noies pas sous les mots mais nous donne matière à imaginer. Concernant la forme, le seul point qui m'a vraiment gêne, c'est l'évocation très directe des deux intérêt romantiques de ton héroïne, qui fait un peu artificielle. La partie sur Richard aurait pu attendre qu'on le rencontre dans le récit (surtout que ça ne saurait tarder, vu qu'il est en chemin !), il n'est pas encore utile d'en parler.

Tu avais besoin de parler de Davis, mais tu aurait peut-être du l'attaquer sur un angle différent. Le début du texte nous fait bien comprendre qu'Ailla, si elle a toujours vécu dans cet univers aseptisé, a eu l'occasion de voir le monde extérieur, sinon, elle n'insisterait pas autant sur la question du blanc, ça lui paraîtrait normal et donc pas digne d'être mentionné (bien joué d'ailleurs, je me suis questionné sur cette insistance avant l’anecdote de son voyage). Après interruption du dialogue avec le père (qui fait coupure avec l'explication historique), Ton héroine, de nouveau dans ses pensées, aurait pu se souvenir de cette expédition dans ce monde si différent (avec l'apparition du père et le petit cours d'histoire juste avant, ça aurait parfaitement fait sens d’enchaîner là dessus).

C'est l'affaire d'un paragraphe a retirer sur Richard, et de quelques phrases à remanier pour introduire le souvenir, pas grand chose en fait ! A la limite, avant de conclure le chapitre, ajoute peut-être un cours paragraphe, une phrase, pour nous faire retourner à la réalité (pour que ça s’enchaîne bien avec la suite).

En tout cas, je suis vraiment intéressé par la suite. La poignée de main entre le père et Davis, et la réaction de se dernier, c'est un très bon moyen d'attiser notre curiosité. Sur le fond, je rejoins Vava, on ressent le côté littérature jeunesse, notamment par cette présentation des intérêts amoureux de ton personnage dont je parle plus haut : ça donne l'impression, à tord peut-être, que c'est le point majeur du récit. Si tu veux étonner, ose sortir des chantiers battus, ne nous enferme pas dans un triangle amoureux, surprend nous !

Autre point aussi, attention de ne pas trop calquer ton héroïne sur toi, c'est le meilleur moyen de créer un personnage finalement trop plat, parce qu'on osera pas exploiter ses failles, parce qu'on veut le rendre agréable au lecteur. Non, je te rassures, ce n'est pas flagrant, mais à voir une héroïne jeune, rouquine, pas très sûre d'elle, je préfère te donner ce conseil. Aucun hauteur, je pense, n'y échappe totalement, et ce n'est pas un problème, il est normal qu'on mette des parts de nous même dans nos créations. Restes vigilante, simplement ;p

En tout cas, n'hésite pas à m'envoyer des MP, si tu as envie de discuter de tout ça, d'approfondir certains points, d'avoir un avis avant de publier. Mais c'est très prometteur, en tout cas Wink


Ah, et aussi, je savait pas ou le mettre dans mon poste, mais y a un passage qui m'a vraiment bien plu, c'est les petites phrases qui parle de la "soif de l'inconnue" d'Ailla. C'est super cohérent avec la situation de ton personnage : passé le choc de la découverte de ce nouveau monde coloré, elle se rend soudain compte qu'il l'attire.

____________________________
Suivez mes créations sur mon Tumblr, Un Sims au Bout du Fil !
Invité
Invité

Re: [Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Jeu 23 Fév 2017 - 0:09
Je savais que j'avais bien fait de poster cet extrait sur le forum : tes conseils sont tout simplement géniaux, merci beaucoup !! Smile
Je me répète, mais c'est vraiment très gentil à vous deux d'avoir pris le temps de lire ceci, qui, je me doute, n'est pas un style littéraire dont vous avez habitude (plutôt jeunesse, j'entends).

En ce qui concerne les descriptions, j'avoue avoir eu un peu peur au moment de taper. J'ai écrit TOUT ce chapitre (avant sa première relecture) sur un carnet, et juste après avoir pris un médicament pour le sommeil. J'étais super fière de moi car au moment d'écrire, je me rendais compte que je m'étais trouvé un "style", certes pas un style que je maîtrise, mais une façon d'écrire qui me mettais à l'aise et dans lequel j'arrivais à m'exprimer. Résultat, le lendemain, alors que je souhaite taper sur un document de traitement de texte ce premier chapitre, je me rend compte que mon médicament a fait effet sur mon carnet : entre les énormes fautes d'orthographe, les répétitions et les phrases mal tournées, je ne m'en suis pas sortie. J'ai donc conscience que le texte est très maladroit à certains endroits. J'ai trouvé mes descriptions très longues, je voulais donc les déplacer, mais je ne savais pas où. Je suis contente de voir que tu les trouves équilibrées.

Je ne voulais justement pas tomber dans le triangle amoureux puis-ce qu'il n'a pas lieux d'être ! En fait, ce que je voulais exprimer dans ce chapitre, c'est le manque de confiance du personnage qui attire deux personnes : mais pour elle, son choix est déjà fait. C'est très maladroit de ma part, je m'en rend compte, surtout que je DETESTE les triangles amoureux...
Je vais donc déplacer la description de Richard dans le chapitre suivant comme tu viens de me le conseiller. Je trouve que c'est une idée géniale ! Merci beaucoup.

Je veux garder Brynn dans le premier chapitre : je ne veux pas tout vous dévoiler maintenant afin de vous garder la surprise pour la suite, mais c'est un élément très important dans l'histoire. Il est vrai que je peux l'attaquer sous un autre angle, mais au moment d'écrire, je ne savais pas comment l'aborder. Dans d'autres versions de ce texte (car j'ai réécris ce début des dizaines de fois au moins), elle parlait de Brynn car elle rencontrait justement Brynn dans le chapitre. J'ai un peu changé de plan, alors j'étais un peu bouchée à ce niveau là. En revanche, le fait de lire tes conseils vient de me donner une idée pour intégrer sa description -- et, plus généralement, la description de son monde et la comparaison avec Oris -- d'une façon moins maladroite et plus claire pour le lecteur.

Pour ce qui est de l'héroïne calquée sur moi : pas vraiment, en fait. C'est justement l'un des point majeur que j'aimerai travailler. Ailla est rousse et manque de confiance en elle, mais elle possède des qualités et des défauts (à découvrir par la suite) qui sont finalement mon exact opposé. (je ne dis pas que je n'ai pas de défaut, seulement que nous n'avons pas les même). Pour le coup j'ai réfléchi pendant plusieurs MOIS à mes personnages avant de commencer à écrire, et je sais où je vais avec eux. Wink Et elle ne me ressemblera pas du tout. (exemple :j'ai précisé qu'elle est réservée dans ce premier chapitre : je suis une vraie pipelette !)

Merci beaucoup pour ton message, une nouvelle fois, et je n'hésiterai pas à venir te voir par MP ! Smile Là je vais recorriger le chapitre en faisant attention aux points que tu as précisé. Je risque de publier cette correction sur ma galerie - mais je te l'enverrais très certainement avant, par MP.
Invité
Invité

Re: [Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Jeu 23 Fév 2017 - 13:52
J'ai modifié le texte en suivant vos conseils. Je ne sais pas si c'est bien, mais je sens une petite amélioration. Si ça vous intéresse, voici le chapitre que j'ai au final très, très peu modifié :

Spoiler:
J'ouvre doucement les yeux et les lumières de ma chambre s'allument aussitôt. Loin d'être aveuglantes, elle éclairent la pièce qui s'éveille en même temps que moi depuis dix-sept ans maintenant.
Cela fait dix-sept ans que je porte d'abord mon regard au plafond blanc, au dessus de ma tête ; puis il descend sur les murs – blancs, et se pose finalement sur le monde qui s'étend derrière ma fenêtre aux rideaux blancs. Dix-sept ans que le porte s'ouvre sur une Bérengère, aux cheveux désormais aussi blancs que son uniforme, pour déposer mes vêtements blancs dans mon dressing.
Blanc.
– Bonjour mademoiselle ! S'exclame la femme de ménage. Bien dormi ? Aujourd'hui, c'est le grand jour, alors j'ai repassé l'une de vos robes. Vous l'enfilerez vite en rentrant à la maison ce soir – avec un peu de chance, ils arriveront seulement après vous. Voulez-vous que je vous fasse couler un bain ? Me demande t-elle en m'offrant le plus chaleureux des sourires.
– Je veux bien. Merci.
– Mais c'est normal, demoiselle Ailla.

Une fois lavée et habillée, je peux descendre dans la salle à manger où le petit-déjeuner doit être déjà servi. Ai-je réellement besoin de préciser la couleur des objets et du mobilier qui m'entourent ? Tout comme le vêtements que nous portons chaque jour, toutes les choses qui font parti de ma maison, de ma ville et plus généralement de mon pays sont blanches. Cela peu paraître étrange, et ça l'est d'autant plus que l'être humain connaît la couleur. Le ciel est bleu le jour, noir la nuit. Les feuilles des arbres qui composent le jardin changent de couleur au fil des saisons. Nos cheveux peuvent être blonds, châtains, bruns – roux dans mon cas, et nos yeux sont tout aussi colorés.
Mais la société dans laquelle j'ai grandi est ainsi : neutre, et cela convient à tous. Je ne le sais que trop bien : cette neutralité, aussi froide qu'elle puisse être, nous apporte paix et tranquillité et ce depuis bientôt 100 ans. Il fut un temps où mon pays, Haldéo, s'appelait France. Quand on vivait en France, on vivait dans un pays de couleurs et de diversités. Mais les temps étaient durs. Plus d'argent. Des guerres civiles ou religieuses éclataient un peu partout et les dirigeants se succédaient, sans ne savoir que faire. Et puis un jour, un homme mis le doigt directement sur le problème : c'est cette diversité qui divise. Alors, le blanc devint la seule couleur autorisée. Les religions furent bannies de la société et tous les pratiquants français furent contraints de quitter le pays. Oh, il y eu protestations et rebellions. Cependant, tous se rendirent compte que le mode de vie adopté par le nouveau pays – mon pays, Haldéo – était en fait celui qui promettait l'avenir le plus serein et tranquille. Et me voilà moi, 100 ans après, riche et en bonne santé, à me remémorer mes cours d'Histoire pour comprendre pourquoi les choses sont ainsi.
À vrai dire, la vie est si aisée en ces lieux qu'il me serait difficile de renoncer à tous les blancs qui composent mon existence.

– Ah, Ailla, dit mon père alors que je prend place à côté de mon frère. Vous-avez bien dormi, ma chérie ?
– J'ai bien dormi, oui. Et vous, père ?
– De même. Il faut dire qu'un grand jour s'annonce. Sept membres de la famille Auprêtre qui posent leurs valises ici et ce dans la même journée, c'est un vaste programme pour un Lundi, me répond t-il en me faisant un clin d’œil.

Je lui répond par un sourire et m'attaque au repas, sans ajouter un mot de plus. Je ne suis pas douée aux bavardages : non seulement je suis quelqu'un d'assez réservée, mais en plus de cela je n'ai pas le même talent d'éloquence que mon père ou même de mon frère de dix ans.
Pour avouer, je n'ai pas vraiment de talent, et pourtant ce manque total de personnalité et de caractère n'a pas empêché deux personnes de jeter leur dévolu sur moi. Mais dans mon cœur, une seule compte réellement, car elle fait écho à une étonnante découverte. Je me souviendrai toujours de notre première rencontre, car ce ne fut pas la seule : mes yeux se sont ouverts sur un homme et sur un monde différent et... attirant. Et voilà que j'en oublie ma famille, réunie autour du petit-déjeuner, pour songer à cette journée qui a changé bien plus d'une chose dans ma vie d'adolescente de seize ans.
Il s'appelle Brynn Davis. Son nom est étranger, nous ne faisons pas parti du même univers et c'est pourtant la personne dont je me sens la plus proche. Notre rencontre révèle du miracle.
Je ne me suis jamais vraiment intéressée au métier de mon père – ministre des affaires étrangères, mais un beau jour, je me suis retrouvée à devoir l'accompagner à l'étranger : de l'autre côté de la frontière d'Oris. Ma belle-mère était malade depuis de longues semaines et ne pouvait accompagner mon père pour sa visite. Sans vraiment réfléchir, j'ai proposé de prendre sa place. Il semblait tellement heureux de mon soudain intérêt pour la politique que c'en était touchant.
Très peu de gens ont l'autorisation de franchir la frontière de ce pays... pour le moins différent. En seulement quelques heures, j'ai pu apercevoir des gens aux vêtements colorés. Je me rappelle aussi avoir vu une fille avec les cheveux complètement bleus. J'ai entendu pour la toute première fois de ma vie de la musique – certes, depuis une rue animée où je ne pouvais entendre grand chose, mais de la musique tout de même. J'ai même vu des lieux de culte. Cette courte visite m'a conforté dans l'idée qu'il vaut mieux vivre dans les quartiers calmes de mon pays blanc ; car, même si Oris me paraissait attirant et mystérieux, je me suis imaginée me perdre dans ces rues bondées de monde où les gens sentent la fumée et l'alcool.

Nous nous sommes donc rendu directement au domicile du ministre Orisis – c'est ainsi que nous qualifions les habitants d'Oris – avec qui mon père devait régler une affaire importante, qui impliquait Argent et Accord : les deux grands A du travail de mon père qui me faisaient mourir d'ennui. En tout cas, j'ai pu rentrer dans l'énorme maison de l'Orisis. Elle était faite de pierres, un peu rosées, et possédait de très grandes baies vitrées qui donnaient sur un jardin verdoyant, aussi grand que le parc municipale de ma ville. Son propriétaire, le ministre, donc, était un homme aux cheveux mêlés de bruns et de gris mais plus jeune que mon père. Vestimentairement parlant, ils se ressemblaient à un détail près : là où le costume de mon pèré était évidemment blanc, le sien était bleu nuit et sa cravate rouge feu. Le contraste était assez étrange, d'autant plus que les grands murs de l'entrée étaient peint en jaune vif. Des choses étaient accrochées au mur (j'appris plus tard qu'il s'agissait de tableaux) et tout un tas de décorations aux tons pastels étaient posés ici ou là. Il y avait tellement de choses à voir, je me suis sentie si petite du haut de mon mètre soixante et de ma petite robe blanche. Les deux hommes se sont échangé des banalités, le ministre Orisis m'a proposé d'attendre dans un salon (vert prairie) et ils sont entrés dans le bureau dans lequel ils devaient s'entrevoir. Moi, je n'osais bouger d'un pas. Je ne me sentais pas à l'aise dans cet environnement, qui détonnait vraiment de ma vie bien rangée et bien nette.

– Tu cherches à savoir ce qui se dit derrière cette porte ? Dit une voix grave, derrière mon dos.

J'ai sursauté et me suis retournée. La voix appartenait à un garçon très, très grand aux petits yeux bleus en amandes. Il était habillé tout en noir mais ne semblait pas aussi effrayant que sa voix pouvait le laisser penser.

– Je n'écoute rien. J'attends.

– Tu es la fille Dufort ? Demanda t-il, mais n'attendit pas ma réponse pour continuer. Viens.

J'ai suivi le garçon dans une pièce, le salon vert prairie dans lequel j'étais censée attendre mon père. Il m'invita à m'asseoir sur un grand canapé orange. Je n'en croyais pas mes yeux. En seulement quelques minutes passé dans l'étrange maison, j'avais déjà fait tout le tour des couleurs de l'arc-en-ciel.

– Tu n'es jamais venue à Oris, n'est-ce pas ?

– Comment savez-vous ?

Il m'offrit son premier sourire.

– C'est la première fois que je vois quelqu'un avec ce regard. Tu regardes les choses autour de toi avec attention, mais tout doucement, comme si tu avais peur de les briser. Es-tu aussi destructrice que le laisse supposer ton regard attendri ?

Trop vite, mes joues ont pris la couleur de la cravate du ministre.
Rouge pivoine.
Non seulement personne ne me tutoyais d'habitude, si on ne compte pas mon petit frère Nathan, mais en plus de cela je venais d'être analysée – pire, draguée par un parfait inconnu.
Je n'ai rien répondu et un silence pesant s'est installé entre lui et moi.
Il me dévorait du regard, mais je ne voulais pas lui montrer que sa façon de se comporter avec moi me touchait et me faisait quelque chose. Alors, moi aussi, je l'ai observé. Il possédait une mâchoire un peu haute, mais ses traits étaient fins. Ses yeux brillaient d'une étrange façon, et il y avait quelque chose dans sa façon de me regarder qui reflétait quelque chose d'enfantin. Il continuait de me sourire.

– En quoi est faite la maison ? Ai-je dis trop vivement, ce qui trahissait le malaise qui m'avait gagné.

- En granit, me répond t-il du tac au tac. Du granit rose. Il existe une magnifique côte de Granit Rose, un peu plus au nord, toujours en Bretagne. C'est un endroit magnifique.

Je me suis remémorée mes cours de géographie : Oris, c'est la Loire-Atlantique, la Normandie et la Bretagne. Là, nous étions déjà en Bretagne. Je me suis imaginée marchant le long de grands rochers roses. C'est à cet instant que quelque chose est né en moi : la soif de l'inconnu. Une déchirante envie de découvrir des choses. De voir ailleurs.

– Vous êtes le fils de... de...

Le nom de mon hôte m'était totalement sorti de la tête et je me suis mise à bégayer comme une idiote, sans m'arrêter. L'homme en face de moi a éclaté de rire. Jamais de ma vie je ne m'étais sentie aussi gênée.

– Non, je ne suis pas le fils de monsieur Adam, dit-il en appuyant bien sur le nom de famille. Non, son fils s'appelle Alexandre et à l'heure actuelle, il est absent. Moi, c'est Brynn Davis. Je n'habite ici que temporairement.

– Et pourquoi temporairement ?

– C'est qu'elle est curieuse, la demoiselle...

J'ai éclaté de rire sans m'en rendre compte alors que Brynn fronçait les sourcils. Il semblait tellement à l'aise devant moi, une totale inconnue un peu gauche, que j'en étais déconcertée et plutôt intimidée. J'ai arrêté de rire.

– Vous voyez, il n'y a pas qu'à moi que cela arrive d'oublier, lui fis-je remarquer.

– ça arrive même aux meilleurs, affirma t-il. Comment tu t'appelles, déjà ?

– Je ne vous l'ai pas dit. Ailla Dufort.

Il continuait de me regarder et j'ai fini par baisser les yeux. Nous sommes restés silencieux pendant ce qui m'a parut être une éternité. Et puis, il a fini par reprendre.

– Tu connais le Café du Port ? Me demanda t-il.

– Bien sûr. Il est juste en face de mon lycée, lui indiquais-je. Mais comment est-ce que vous connaissez cet endroit ? Les Orisis ont besoin d'une autorisation pour entrer dans Haldéo.

- Tu auras toutes tes réponses si tu écoutes ma proposition. Je veux te revoir. Ça te dirait qu'on se voit, l'un de ces jours ? J'habite juste au dessus du café.

- Je pensais que vous habitiez ici.

- J'ai dit temporairement. Alors ?

J'ai relevé les yeux vers lui. Il semblait bien plus sérieux qu'il y a quelques minutes.

– C'est un peu direct, marmonnais-je sans grande conviction. Quand ?

– Tu acceptes ?

– Je ne me suis pas encore prononcée. J'ignore pourquoi vous souhaitez me voir. Je pense que nous avons chacun bien mieux à faire.

Au même instant, la porte du bureau s'est ouverte. Je me suis levée et le garçon dont je venais de faire la connaissance m'a imité. Je souhaitais lui dire simplement au revoir et l'oublier, mais il m'a ôté les mots de la bouche.

- Je serais à Haldéo 24 heures sur 24 à partir d'après-demain. Je resterai – pour le moment, car je reviendrais – deux semaines. Libre à vous de venir, chuchota y-il contre mon oreille quelques secondes seulement avant l'entrée de mon père dans le salon.

– Ailla, nous y allons.

Il s'est tourné vers le garçon, l'a regardé, m'a regardé, puis a reposé son attention sur lui.

– Vous êtes ? Demanda t-il

– Brynn.

Ils se serrèrent la main et j'ai vu – l'espace d'une seconde – que les yeux du garçon ont jetés des éclairs à l'instant même où leurs mains se sont croisées. D'ailleurs, il ne souriait plus.

Nous sommes rentrés chez nous. Je n'ai pas parlé à mon père durant tout le trajet.
Le Vendredi suivant, je suis allée au Café du Pont.
C'était il y a un an.
Depuis, je le vois toutes les semaines.
avatar
LadySquirrel
Déesse déchue
Déesse déchue
Féminin Messages : 53862
Age : 25
Localisation : Dans une fiat.

Re: [Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Jeu 23 Fév 2017 - 14:06
Haaaan non je viens de terminer de lire la première version du texte mais heeeeeeeeu. Laughing

Bah du coup je reviendrais après avoir lu la nouvelle version sinon je risque de répéter des choses inutiles.

____________________________
Je suis géniale et Moshine est mon esclave:



Invité
Invité

Re: [Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Jeu 23 Fév 2017 - 14:31
Oh c'est trop gentil Lady ! x) Merci d'avoir pris le temps de lire. En sachant que sur la deuxième version il y a très, très peu de changement
avatar
LadySquirrel
Déesse déchue
Déesse déchue
Féminin Messages : 53862
Age : 25
Localisation : Dans une fiat.

Re: [Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Sam 25 Fév 2017 - 23:24
Lady elle a relu.

Du coup à ce que je vois tu as enlevé la présentation du premier prétendant entre autre chose. Tu vas l'inclure plus tard dans le récit ? Elle était bien écrite même si l'enlever est un choix judicieux, ça enlève le côté love triangle dont parlé Rope et moi aussi ça me lasse un peu à force d'en avoir trop vu.
J'aime énormément toute ta première partie de texte, je trouve que tes descriptions sont très agréables à lire et tu nous fais bien rentrer dans ce monde même si savoir au final que le pays de ton héroïne était autrefois la France m'a un peu perturbé, mais ça c'est juste parce que j'ai moins l'habitude de lire des dystopies françaises ou même européennes.

Je me suis moins projeté dans la partie dialogue car la romance je dois avouer que c'est moins ce qui me botte. Je rejoins aussi le grand méchant loup sur ton héroïne, elle te ressemble peut être un peu trop. Pas que tu ne serai pas une bonne héroïne choupette mais en tant qu'auteur il vaut mieux placer un peu de soi dans chacun des personnages que tout concentrer dans un seul. Mais tu dis qu'elle est en réalité très différente de toi alors j'attends de voir.

Voilà donc pour conclure, c'est un très bon début.

____________________________
Je suis géniale et Moshine est mon esclave:



avatar
Rope'
Simvador Dali
Simvador Dali
Masculin Messages : 5443
Age : 26

Re: [Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Dim 26 Fév 2017 - 11:36
C'est déjà mieux ainsi. J'avoue que j'aurais carrément viré la phrase sur les deux prétendants qui ont jeté leur dévolu sur ton héroïne sans qu'on comprenne pourquoi, c'est elle qui était pour moi au cœur du problème. C'est vraiment elle qui induit un triangle amoureux dont tu ne veux pas.

Et comme je te l'avais suggéré plus haut, n'hésite pas à ajouter une phrase ou deux à la fin pour nous encrer de nouveau au présent et ne pas conclure sur la fin de l’anecdote, il faut en quelque sorte fermer la parenthèse avant de reprendre le récit Wink

En tout cas, me tarde vraiment de lire la suite Tylda !

____________________________
Suivez mes créations sur mon Tumblr, Un Sims au Bout du Fil !
Invité
Invité

Re: [Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Dim 26 Fév 2017 - 12:49
Le problème c'est que je ne sais pas retranscrire mes idées sur papier. Ce que j'ai dans la tête et loin de ce que j'ai écris. C'est la huitième version de l'histoire, c'est la huitième fois que je me plante. Vos commentaires sont supers et intéressants, vraiment! Mais pas utiles puis ce que je ne suis jamais satisfaite. En plus je sais pas à quel point ça doit être ridicule une fille qui croit s'y connaître dans un domaine et qui en fait ne se débrouille pas. J'ai relu le conte de Noël pour la gazette et c'est une horreur, c'est maladroit, c'est trop jeune et je déteste être recalé au style "jeune" même si c'est normal. J'ai plus envie de poster, plus envie de progresser parce qu'il n'y a JAMAIS d'évolution. Du coup je laisse tomber. Mais merci pour vos messages.
En tout cas NON je ne dis pas ça parce que je suis énervée ou pas dans mon assiette, merci de me prendre au sérieux s'il vous plait. C'est pas une énième crise, c'est un ras le bol. Je ne compte plus les personnes qui m'ont dit "reparle quand tu seras calmée", là c'est pas une question de calme. Je suis sérieuse. Je n'ai pas que 14 ans. Je ne suis pas qu'une ado. Je suis quelqu'un qui arrête et qui aurait du arreter depuis un long moment déjà.
avatar
Rope'
Simvador Dali
Simvador Dali
Masculin Messages : 5443
Age : 26

Re: [Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Dim 26 Fév 2017 - 13:15
Tylda a écrit:c'est la huitième fois que je me plante.

Non. Relis un peu les messages plus haut : on dit tout le contraire Tylda. Oui on relève certains points à améliorer, mais comme je l'ai déjà dis, c'est l'histoire de quelques modifications mineures, parce que l'ensemble est bon. C'est normal qu'un texte mérite des modifications après relecture (par soi-même ou par d'autres personnes).

En tout cas j'ai pris plaisir à te lire, et tu m'intrigues pour la suite. Yep, tu as 14 ans. Et franchement, à ton âge, j'étais incapable de faire ce que tu fais en écriture. Détrompe toi, pour ce qui est de l'évolution, y a quand même un grand pas de franchis entre cet écrit et l'introduction que tu avait posté sur Wattpad. On se rend difficilement compte que notre propre style s'améliore.

Bref, je sais pas trop quoi ajouter là dessus.

____________________________
Suivez mes créations sur mon Tumblr, Un Sims au Bout du Fil !
Invité
Invité

Re: [Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Mer 8 Mar 2017 - 19:20
Spoiler:

J'ouvre doucement les yeux et les lumières de ma chambre s'allument aussitôt. Loin d'être aveuglantes, elle éclairent la pièce qui s'éveille en même temps que moi depuis dix-sept ans maintenant.
Cela fait dix-sept ans que je porte d'abord mon regard au plafond blanc, au dessus de ma tête ; puis il descend sur les murs – blancs, et se pose finalement sur le monde qui s'étend derrière ma fenêtre aux rideaux blancs. Dix-sept ans que le porte s'ouvre sur une Bérengère, aux cheveux désormais aussi blancs que son uniforme, pour déposer mes vêtements blancs dans mon dressing.
Blanc.
– Bonjour mademoiselle ! S'exclame la femme de ménage. Bien dormi ? Aujourd'hui, c'est le grand jour, alors j'ai repassé l'une de vos robes. Vous l'enfilerez vite en rentrant à la maison ce soir – avec un peu de chance, ils arriveront seulement après vous. Voulez-vous que je vous fasse couler un bain ? Me demande t-elle en m'offrant le plus chaleureux des sourires.
– Je veux bien. Merci.
– Mais c'est normal, demoiselle Ailla.

Une fois lavée et habillée, je peux descendre dans la salle à manger où le petit-déjeuner doit être déjà servi. Ai-je réellement besoin de préciser la couleur des objets et du mobilier qui m'entourent ? Tout comme le vêtements que nous portons chaque jour, toutes les choses qui font parti de ma maison, de ma ville et plus généralement de mon pays sont blanches. Cela peu paraître étrange, et ça l'est d'autant plus que l'être humain connaît la couleur. Le ciel est bleu le jour, noir la nuit. Les feuilles des arbres qui composent le jardin changent de couleur au fil des saisons. Nos cheveux peuvent être blonds, châtains, bruns – roux dans mon cas, et nos yeux sont tout aussi colorés.
Mais la société dans laquelle j'ai grandi est ainsi : neutre, et cela convient à tous. Je ne le sais que trop bien : cette neutralité, aussi froide qu'elle puisse être, nous apporte paix et tranquillité et ce depuis bientôt 100 ans. Il fut un temps où mon pays, Haldéo, s'appelait France. Quand on vivait en France, on vivait dans un pays de couleurs et de diversités. Mais les temps étaient durs. Plus d'argent. Des guerres civiles ou religieuses éclataient un peu partout et les dirigeants se succédaient, sans ne savoir que faire. Et puis un jour, un homme mis le doigt directement sur le problème : c'est cette diversité qui divise. Alors, le blanc devint la seule couleur autorisée. Les religions furent bannies de la société et tous les pratiquants français furent contraints de quitter le pays. Oh, il y eu protestations et rebellions. Cependant, tous se rendirent compte que le mode de vie adopté par le nouveau pays – mon pays, Haldéo – était en fait celui qui promettait l'avenir le plus serein et tranquille. Et me voilà moi, 100 ans après, riche et en bonne santé, à me remémorer mes cours d'Histoire pour comprendre pourquoi les choses sont ainsi.
À vrai dire, la vie est si aisée en ces lieux qu'il me serait difficile de renoncer à tous les blancs qui composent mon existence.

– Ah, Ailla, dit mon père alors que je prend place à côté de mon frère. Vous-avez bien dormi, ma chérie ?
– J'ai bien dormi, oui. Et vous, père ?
– De même. Il faut dire qu'un grand jour s'annonce. Sept membres de la famille Auprêtre qui posent leurs valises ici et ce dans la même journée, c'est un vaste programme pour un Lundi, me répond t-il en me faisant un clin d’œil.

Je lui répond par un sourire et m'attaque au repas, sans ajouter un mot de plus. Je ne suis pas douée aux bavardages : non seulement je suis quelqu'un d'assez réservée, mais en plus de cela je n'ai pas le même talent d'éloquence que mon père ou même de mon frère de dix ans.
Pour avouer, je n'ai pas vraiment de talent, et pourtant ce manque total de personnalité et de caractère n'a pas empêché deux personnes de jeter leur dévolu sur moi. Mais dans mon cœur, une seule compte réellement, car elle fait écho à une étonnante découverte. Je me souviendrai toujours de notre première rencontre, car ce ne fut pas la seule : mes yeux se sont ouverts sur un homme et sur un monde différent et... attirant. Et voilà que j'en oublie ma famille, réunie autour du petit-déjeuner, pour songer à cette journée qui a changé bien plus d'une chose dans ma vie d'adolescente de seize ans.
Il s'appelle Brynn Davis. Son nom est étranger, nous ne faisons pas parti du même univers et c'est pourtant la personne dont je me sens la plus proche. Notre rencontre révèle du miracle.
Je ne me suis jamais vraiment intéressée au métier de mon père – ministre des affaires étrangères, mais un beau jour, je me suis retrouvée à devoir l'accompagner à l'étranger : de l'autre côté de la frontière d'Oris. Ma belle-mère était malade depuis de longues semaines et ne pouvait accompagner mon père pour sa visite. Sans vraiment réfléchir, j'ai proposé de prendre sa place. Il semblait tellement heureux de mon soudain intérêt pour la politique que c'en était touchant.
Très peu de gens ont l'autorisation de franchir la frontière de ce pays... pour le moins différent. En seulement quelques heures, j'ai pu apercevoir des gens aux vêtements colorés. Je me rappelle aussi avoir vu une fille avec les cheveux complètement bleus. J'ai entendu pour la toute première fois de ma vie de la musique – certes, depuis une rue animée où je ne pouvais entendre grand chose, mais de la musique tout de même. J'ai même vu des lieux de culte. Cette courte visite m'a conforté dans l'idée qu'il vaut mieux vivre dans les quartiers calmes de mon pays blanc ; car, même si Oris me paraissait attirant et mystérieux, je me suis imaginée me perdre dans ces rues bondées de monde où les gens sentent la fumée et l'alcool.

Nous nous sommes donc rendu directement au domicile du ministre Orisis – c'est ainsi que nous qualifions les habitants d'Oris – avec qui mon père devait régler une affaire importante, qui impliquait Argent et Accord : les deux grands A du travail de mon père qui me faisaient mourir d'ennui. En tout cas, j'ai pu rentrer dans l'énorme maison de l'Orisis. Elle était faite de pierres, un peu rosées, et possédait de très grandes baies vitrées qui donnaient sur un jardin verdoyant, aussi grand que le parc municipale de ma ville. Son propriétaire, le ministre, donc, était un homme aux cheveux mêlés de bruns et de gris mais plus jeune que mon père. Vestimentairement parlant, ils se ressemblaient à un détail près : là où le costume de mon pèré était évidemment blanc, le sien était bleu nuit et sa cravate rouge feu. Le contraste était assez étrange, d'autant plus que les grands murs de l'entrée étaient peint en jaune vif. Des choses étaient accrochées au mur (j'appris plus tard qu'il s'agissait de tableaux) et tout un tas de décorations aux tons pastels étaient posés ici ou là. Il y avait tellement de choses à voir, je me suis sentie si petite du haut de mon mètre soixante et de ma petite robe blanche. Les deux hommes se sont échangé des banalités, le ministre Orisis m'a proposé d'attendre dans un salon (vert prairie) et ils sont entrés dans le bureau dans lequel ils devaient s'entrevoir. Moi, je n'osais bouger d'un pas. Je ne me sentais pas à l'aise dans cet environnement, qui détonnait vraiment de ma vie bien rangée et bien nette.

– Tu cherches à savoir ce qui se dit derrière cette porte ? Dit une voix grave, derrière mon dos.

J'ai sursauté et me suis retournée. La voix appartenait à un garçon très, très grand aux petits yeux bleus en amandes. Il était habillé tout en noir mais ne semblait pas aussi effrayant que sa voix pouvait le laisser penser.

– Je n'écoute rien. J'attends.

– Tu es la fille Dufort ? Demanda t-il, mais n'attendit pas ma réponse pour continuer. Viens.

J'ai suivi le garçon dans une pièce, le salon vert prairie dans lequel j'étais censée attendre mon père. Il m'invita à m'asseoir sur un grand canapé orange. Je n'en croyais pas mes yeux. En seulement quelques minutes passé dans l'étrange maison, j'avais déjà fait tout le tour des couleurs de l'arc-en-ciel.

– Tu n'es jamais venue à Oris, n'est-ce pas ?

– Comment savez-vous ?

Il m'offrit son premier sourire.

– C'est la première fois que je vois quelqu'un avec ce regard. Tu regardes les choses autour de toi avec attention, mais tout doucement, comme si tu avais peur de les briser. Es-tu aussi destructrice que le laisse supposer ton regard attendri ?

Trop vite, mes joues ont pris la couleur de la cravate du ministre.
Rouge pivoine.
Non seulement personne ne me tutoyais d'habitude, si on ne compte pas mon petit frère Nathan, mais en plus de cela je venais d'être analysée – pire, draguée par un parfait inconnu.
Je n'ai rien répondu et un silence pesant s'est installé entre lui et moi.
Il me dévorait du regard, mais je ne voulais pas lui montrer que sa façon de se comporter avec moi me touchait et me faisait quelque chose. Alors, moi aussi, je l'ai observé. Il possédait une mâchoire un peu haute, mais ses traits étaient fins. Ses yeux brillaient d'une étrange façon, et il y avait quelque chose dans sa façon de me regarder qui reflétait quelque chose d'enfantin. Il continuait de me sourire.

– En quoi est faite la maison ? Ai-je dis trop vivement, ce qui trahissait le malaise qui m'avait gagné.

- En granit, me répond t-il du tac au tac. Du granit rose. Il existe une magnifique côte de Granit Rose, un peu plus au nord, toujours en Bretagne. C'est un endroit magnifique.

Je me suis remémorée mes cours de géographie : Oris, c'est la Loire-Atlantique, la Normandie et la Bretagne. Là, nous étions déjà en Bretagne. Je me suis imaginée marchant le long de grands rochers roses. C'est à cet instant que quelque chose est né en moi : la soif de l'inconnu. Une déchirante envie de découvrir des choses. De voir ailleurs.

– Vous êtes le fils de... de...

Le nom de mon hôte m'était totalement sorti de la tête et je me suis mise à bégayer comme une idiote, sans m'arrêter. L'homme en face de moi a éclaté de rire. Jamais de ma vie je ne m'étais sentie aussi gênée.

– Non, je ne suis pas le fils de monsieur Adam, dit-il en appuyant bien sur le nom de famille. Non, son fils s'appelle Alexandre et à l'heure actuelle, il est absent. Moi, c'est Brynn Davis. Je n'habite ici que temporairement.

– Et pourquoi temporairement ?

– C'est qu'elle est curieuse, la demoiselle...

J'ai éclaté de rire sans m'en rendre compte alors que Brynn fronçait les sourcils. Il semblait tellement à l'aise devant moi, une totale inconnue un peu gauche, que j'en étais déconcertée et plutôt intimidée. J'ai arrêté de rire.

– Vous voyez, il n'y a pas qu'à moi que cela arrive d'oublier, lui fis-je remarquer.

– ça arrive même aux meilleurs, affirma t-il. Comment tu t'appelles, déjà ?

– Je ne vous l'ai pas dit. Ailla Dufort.

Il continuait de me regarder et j'ai fini par baisser les yeux. Nous sommes restés silencieux pendant ce qui m'a parut être une éternité. Et puis, il a fini par reprendre.

– Tu connais le Café du Port ? Me demanda t-il.

– Bien sûr. Il est juste en face de mon lycée, lui indiquais-je. Mais comment est-ce que vous connaissez cet endroit ? Les Orisis ont besoin d'une autorisation pour entrer dans Haldéo.

- Tu auras toutes tes réponses si tu écoutes ma proposition. Je veux te revoir. Ça te dirait qu'on se voit, l'un de ces jours ? J'habite juste au dessus du café.

- Je pensais que vous habitiez ici.

- J'ai dit temporairement. Alors ?

J'ai relevé les yeux vers lui. Il semblait bien plus sérieux qu'il y a quelques minutes.

– C'est un peu direct, marmonnais-je sans grande conviction. Quand ?

– Tu acceptes ?

– Je ne me suis pas encore prononcée. J'ignore pourquoi vous souhaitez me voir. Je pense que nous avons chacun bien mieux à faire.

Au même instant, la porte du bureau s'est ouverte. Je me suis levée et le garçon dont je venais de faire la connaissance m'a imité. Je souhaitais lui dire simplement au revoir et l'oublier, mais il m'a ôté les mots de la bouche.

- Je serais à Haldéo 24 heures sur 24 à partir d'après-demain. Je resterai – pour le moment, car je reviendrais – deux semaines. Libre à vous de venir, chuchota y-il contre mon oreille quelques secondes seulement avant l'entrée de mon père dans le salon.

– Ailla, nous y allons.

Il s'est tourné vers le garçon, l'a regardé, m'a regardé, puis a reposé son attention sur lui.

– Vous êtes ? Demanda t-il

– Brynn.

Ils se serrèrent la main et j'ai vu – l'espace d'une seconde – que les yeux du garçon ont jetés des éclairs à l'instant même où leurs mains se sont croisées. D'ailleurs, il ne souriait plus.

Nous sommes rentrés chez nous. Je n'ai pas parlé à mon père durant tout le trajet.
Le Vendredi suivant, je suis allée au Café du Pont.
C'était il y a un an.
Depuis, je le vois toutes les semaines.

- Ailla ? Vous m'entendez?

- Excusez-moi. Un problème ?

Mon père me fixe, droit dans les yeux.

- Vous n'avez pas l'air réveillée. Filez, ne vous mettez pas en retard en classe.

Il me fait un clin d’œil avant que je ne ressorte de la pièce, la tête et le cœur bien ailleurs.

Voilà, j'ai modifié la fin.

avatar
falcosims
Célébrité (très) locale
Célébrité (très) locale
Féminin Messages : 310

Re: [Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Jeu 9 Mar 2017 - 20:13
Je trouve ton texte très chouette. C'est vraiment mon style d'histoire. Ta manière d'écrire est très belle et simple comme je l'aime. Pour moi la lecture, ça doit couler sans que ma tête ne réfléchisse trop...

Ton histoire me fais pensé à un mélange de divergente et délirum.


J'espère que tu va continuer à écrire ton histoire. J'ai envie de connaitre la suite...
Invité
Invité

Re: [Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Mar 14 Mar 2017 - 15:20
Voici Alexia Dorrel. Je n'avais pas prévu de créer un nouveau sims maintenant, j'avais juste allumé mon jeu pour tester de nouvelles coiffures. Elle n'est pas du tout terminée car je n'ai pas encore assez de CC pour la personnaliser.
Vous en pensez quoi?
Spoiler:
avatar
LadySquirrel
Déesse déchue
Déesse déchue
Féminin Messages : 53862
Age : 25
Localisation : Dans une fiat.

Re: [Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Mar 14 Mar 2017 - 15:22
Elle est bien ! Je lui verrai des lèvres moins pulpeuses, je trouve que ça lui irait mieux. Smile

____________________________
Je suis géniale et Moshine est mon esclave:



avatar
falcosims
Célébrité (très) locale
Célébrité (très) locale
Féminin Messages : 310

Re: [Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Mar 14 Mar 2017 - 21:59
Contrairement à lady, je trouve que ses lèvres lui vont très bien. Ça fait son charme. Par contre, les oreilles me sembles super grandes ? Je me trompe ?
Je retravaillerais le menton, il me semble trop fin pour son visage.
avatar
Sucréomiel
Cloclo du pinceau
Cloclo du pinceau
Féminin Messages : 9129
Age : 23
Localisation : Imaginarium

Re: [Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Mer 15 Mar 2017 - 19:28
Je la trouve très jolie. Elle a des traits presque trop bien proportionnés : yeux en amande, bouche pulpeuse, petit nez, sourcils fins, petite tête. Apporter un ou deux petits défauts donne du caractère et du charme à un sims.
J'attends de voir la version terminée. Effectivement, quelques CC, pour les lèvres notamment, pourraient apporter un chtouille de réalisme.
M'enfin, je n'aime pas trop commenter quand ce n'est pas fini. J'attends la version définitive Wink

____________________________
 
Invité
Invité

Re: [Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Sam 1 Avr 2017 - 18:13
Merci à toutes et à tous ! Je vais essayer de trouver des bons petits CC pour la personnaliser encore plus.

En attendant... Aujourd'hui, c'est le camp NaNo. Je devais atteindre les 1166 mots, j'en ai écrit tout juste 1189 en une heure. Du coup, maintenant, j'ai besoin de vous !!
J'ai repris mon premier chapitre, tout au début, en changeant ENOOOOORMEMENT de choses. En sachant que j'ai préparé une structure, je savais de quoi j'avais besoin de parlé.

J'utilise beaucoup de répétitions, car mon texte se lit un peu comme un poème à certains endroits. Vous verrez ça par vous même... En tout cas, elles sont voulues.
Vous pouvez me dire ce que vous en pensez ? Smile Positif, négatif, je prend tout.
Merci !!!

Spoiler:
La jeune femme semblait être plantée devant le miroir depuis des heures. Autour d'elle, de nombreuses femmes toutes vêtues de blanc faisaient des allers-retours dans sa chambre. Depuis une semaine, les bonnes s'évertuaient à rendre le manoir le plus propre possible. Le blanc tâche, se dit-elle.
Trop polies pour se faire remarquer, les femmes de chambres ne regardaient pas Ailla. Elles avait appris depuis bien longtemps que la jeune première de la famille Dufort n'aimait pas les bavardages. Ailla aurait voulu qu'elles déguerpissent de sa chambre, mais n'osait rien dire. Alors elle se contentait d'observer son reflet, de toucher soigneusement le tissus qui composait sa robe. Et comme les murs, les objets, les vêtements qui l'entouraient, elle était blanche.
Ses yeux se plantèrent dans leur reflet. Antipathique. Hautaine.
Elle avait beau essayer d'abandonner ses idées négatives, son simple visage – et c'était le cas de le dire – l'exaspérait au plus haut point. Banale, sans personnalité : voilà les mots qu'elle employait pour se définir. Ce n'avait pas toujours été le cas. Bien loin de là. C'était seulement depuis un a que sa confiance en elle s'était effondrée. Pour une raison qu'elle ne connaissait que trop bien. Une même raison étrange, attirante, pleine de charme... Et tellement cruelle.

– Mademoiselle ?

Ailla se retourna vers la femme qui venait de l'interpeller. C'était la plus jeune de l'équipe des domestiques. Elle tenait dans ses bras une pile de robes, identiques à celle que portait déjà Ailla.

– Oui ? Dit cette dernière, revenant à la réalité.

– Monsieur vous fait savoir que les invités arriveront dans deux heures. Il veut vous voir dans le salon une demi-heure avant leur arrivé.

Il y avait de quoi être impressionné par l'événement qui allait se produire dans deux heures. La voix de la domestique ne cessait de trembler. Elle doit avoir dix-huit ans, se dit Ailla. Elle aussi avait pratiquement dix-huit ans. Dans un mois jour pour jour, son père allait commencer ses recherches pour lui trouver un bon mari. Ailla avait la boule au ventre. Pendant des années, elle se fichait royalement de l'avenir qui l'attendait. Tout avait changé.

Cruelle.


Peu à peu, la chambre se vida. Quand elle fut enfin seule, Ailla traversa sa chambre et se jeta sur son lit, peu soucieuse d'abîmer sa robe ou sa coiffure. Pour les autres personnes, et surtout les filles de son âge, une chambre est une tour d'ivoire, un havre de paix. Ailla ne ressentait pas la même chose.
Depuis son enfance, elle voyait défiler des personnes dont elle ignorait le nom. Des personnes, dont l'unique tâche était d'assouvir la moindre de ses volontés. On lui coiffait les cheveux, on repassait ses vêtements. On aérait la chambre lors des grandes chaleurs d'été. On remuait Ciel et Terre pour qu'aucune micro-poussière ne s'installe au-dessus de ses armoires.

Les bras étendus tout autour d'elle, elle essayait de ne pas penser. Elle détestait être faible.
Elle détestait détester. Elle détestait ça.
Elle se détestait pour ça.
Mais Ailla n'avait pas le temps pour ça. Elle devait reprendre ses esprits, ne plus penser aux dilemmes qui la tourmentaient et qui pouvaient changer sa vie à jamais. Elle ne devait pas penser aux choses qu'elle n'aurait jamais. Alors, elle respira un grand coup. Avec force, elle chassa les mauvaises ondes de son esprit. Plus jamais elle ne devait se laisser dépasser par les événements.
Jamais.

Les Auprêtre arriveraient bientôt.
La famille présidentielle rendait souvent visite à la famille Dufort. Maximilien, le père d'Ailla, était ministre des affaires étrangères depuis maintenant quatorze ans et était un grand ami du vieux président François, qui dirigeait Haldéo depuis 2070. D'aussi loin qu'elle le connaissait, aux yeux d'Ailla, le président avait toujours été un petit bonhomme vieux, trapu, au sourire cependant grand et généreux.

Le fils de François, Antoine, devait hériter de la présidence à la mort de celui-ci. Il était tout le contraire de son père : grand, droit, au regard autoritaire qui glaçait le sang de quiconque affrontait son regard. Ailla pensa qu'il devait avoir le même âge que son père à elle, c'est-à-dire quarante-huit ans . En tout cas, une chose était sûre : jamais elle n'oserait lui poser la question.

Antoine était marié à une femme du nom d’Élise. Ils avaient quatre enfants, trop âgés pour qu'Ailla ait pu réellement grandir avec eux. Celui qu'elle connaissait le mieux était Richard.

Richard n'avait rien de l'allure du reste de sa famille. Il était tout juste plus grand que la jeune femme et, bien que se tenant aussi droit que son père, son manque de confiance en lui se ressentait dans sa voix tremblotante, de son regard paniqué dès qu'il pensait avoir dit quelque chose de mal.
Mais Richard avait trois grandes... sœurs. Il était donc destiné, dans un avenir plus ou moins lointain, à diriger Haldéo à son tour. Il avait beau être le membre de la riche famille avec lequel s'entendait le mieux Ailla, elle savait qu'il ne parviendrait jamais à supporter un tel fardeau.

Il aimait bien Ailla. Bien plus que Nathan, le petit-frère de cette dernière. Il semblait plus naturel, plus vrai quand il lui parlait. Ils avaient toujours été amis. Leur cinq ans d'écart ne leur empêchait pas de discuter d'un peu de tout. Et il n'était pas choqué d'entendre parler Ailla, une femme, de politique. Il accordait même de l'importance à son avis.


Voilà, c'était à ces images qu'elle devait s'accrocher : s'accrocher aux images positives. Elle avait un ami, et là où elle vivait, il était dur d'avoir un ami au masculin.
Quand elle allait mal, elle fermait très fort les yeux. S'imaginant toutes les magnifiques choses dont elle était privée, toutes les choses qui se trouvaient au dehors, dans un pays magnifique du nom d'Oris.
Elle fermait très, très fort les yeux. Et noircissait Oris.

Des pluies de sang s'abattaient sur le pays aussi coloré qu'Haldéo était blanc ;
Elle voyait ses gens, d'allure si charmants, leur si jolis vêtements arrachés et leur peaux macérés de ce même et sang ;
Les villes, arrachées du sol par ses propres mains.
La tête lui tournait. Elle ne se sentait pas bien. Car ce sang était le sien.
Ses envies de meurtre recommençaient. Mais elle n'avait plus le temps d'y penser.
Jamais.
Elle voyait Brynn.

Oh, Brynn.
Si tu voyais mes poèmes.
Je ne suis même pas moi même.
Les poèmes sont ridicules. Ne me pousse plus jamais à en écrire. Ou à écrire quoi que ce soit. Très franchement, c'est pas pour moi.
Et ne m'en écris plus non plus. Tout ça, c'est terminé. Plus de déclaration, de récitation, de manipulation.
Plus jamais.
Je vais finir de te détester, Brynn. Avant même d'avoir pu commencer à t'aimer.
avatar
LadySquirrel
Déesse déchue
Déesse déchue
Féminin Messages : 53862
Age : 25
Localisation : Dans une fiat.

Re: [Créations diverses] La Galerie de Queenie

le Dim 2 Avr 2017 - 19:48
Oulà en effet ça change ! C'est difficile de pas aller dans la comparaison pure avec la précédente version, en tout cas au niveau littéraire moi les deux me plaisent. Il y a juste la toute dernière partie, au moment où ton héroïne commence à vagabonder un peu et à parler d'Oris à laquelle j'accroche moins, c'est trop flou pour moi.
Le ton global -tout comme Ailla- est devenu beaucoup plus froid et je trouve que ça correspond assez bien au monde que tu décris. L'ensemble semble plus noir (un comble pour un monde tout blanc   ), plus profond et j'aime bien ça.

____________________________
Je suis géniale et Moshine est mon esclave:



Revenir en haut