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Total des votes : 17

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LadySquirrel
Déesse déchue
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[Défi clos] Défi écriture

le Dim 5 Mai 2013 - 18:52


Dernière édition par LadySquirrel le Lun 1 Juil 2013 - 13:04, édité 9 fois
Réputation du message : 100% (3 votes)
Rappel du premier message :



La magie des mots est inépuisable : ils peuvent nous raconter de belles histoires d'amour, nous embarquer dans l'un des combats épiques de princes valeureux contre de féroces dragons, nous faire trembler d’angoisse...(mon Dieu, que cette accroche est gniangnian)

Objectifs du défi :

Mais concrètement, à quoi va ressembler ce défi ? Il faut d'abord savoir qu'à chaque édition, les contraintes ne seront pas les mêmes : nous pourrons décider de vous imposer un thème, un style littéraire, un début de récit ou même une image choisie par l'équipe avec laquelle vous devrez bâtir une histoire. Nous souhaitons laisser les mêmes chances à tous les membres et c'est pourquoi il ne vous sera jamais demandé de fournir une image pour accompagner vos récits, cela est même interdit.
Ce défi est avant tout mis en place pour vous permettre de vous améliorer mais aussi de vous amuser.

Allez, à vos stylos !

Une petite note tout de même :
Ce nouveau défi offre de multiples possibilités et nous comptons les exploiter au maximum. Cependant, cette animation est encore jeune, elle pourra toujours être améliorée si vous prenez le temps de nous donner votre avis.

Règles générales et déroulement :

-Vos récits doivent être postés dans ce sujet. Avant d'envoyer votre participation finale, vous pourrez poster votre texte dans votre galerie afin de solliciter l'avis des autres membres-
- Comme pour tous les défis, aucun délai ne sera fixé. Dès que 5 participations auront été postées dans ce sujet (hors réservation), un vote sera mis en place pour choisir le meilleur récit avant de lancer le défi suivant-
-Les attentes et contraintes différeront selon le défi proposé-
-Il est interdit d'accompagner vos textes d'images. Cependant, certains défis se baseront sur une image donnée (et imposée) provenant des Sims. Si vous souhaitez proposer une de vos images, nous vous invitons à les envoyer à l'une des animatrices par MP-

Récapitulatifs des défis effectués :

Défi n°1 - Défi n°2 - Défi n°3 - Défi n°4 - Défi n°5

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Caroline
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Re: [Défi clos] Défi écriture

le Ven 28 Juin 2013 - 22:28

C'est le moment de clôturer ce défi, bravo à IE Jour Vert qui remporte la victoire   !
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Re: [Défi clos] Défi écriture

le Sam 29 Juin 2013 - 0:19
Mince j'ai pas voté, je croyais que c'était jusqu'à dimanche soir.
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Evliz
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Re: [Défi clos] Défi écriture

le Sam 29 Juin 2013 - 11:35
Réputation du message : 100% (1 vote)
Bravo Jour Vert ! Very Happy

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Rapsplestiltskin
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Re: [Défi clos] Défi écriture

le Sam 29 Juin 2013 - 11:45
Réputation du message : 100% (1 vote)
Pas vu les votes ici non plus x)  Bravo Jour Vert !

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Alexane'
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Re: [Défi clos] Défi écriture

le Sam 29 Juin 2013 - 13:11
Réputation du message : 100% (1 vote)
Bravo IE Jour Vert ! Tu l'as vraiment mérité Smile

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LadySquirrel
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Re: [Défi clos] Défi écriture

le Lun 1 Juil 2013 - 13:02


Dernière édition par LadySquirrel le Mar 23 Juil 2013 - 0:00, édité 8 fois
Réputation du message : 100% (3 votes)


Défi n°5: Et...

Pour ce cinquième défi, ce n'est pas un thème ni des mots que nous vous imposerons... Mais un début d'histoire. En effet, vous devrez faire preuve d'imagination pour nous raconter la suite de ce texte ! Mais ne vous inquiétez pas, beaucoup de possibilités s'offrent à vous. Prêts à découvrir l'objet de délit ? C'est parti !

"Dans des contrées lointaines vivait un homme. Tout le monde connaissait son nom et beaucoup de choses se racontaient sur sa personne. On le disait beau comme un Dieu, laid comme une bête, certains le voyaient comme un génie et d'autres comme un fou aux pouvoirs destructeurs, on en parlait comme le défenseur de la veuve et l'orphelin, d'autres disaient que ses mains étaient couvertes de sang... Mais quel est donc la vérité ? Et bien, je vais vous la conter..."

Règles:

- Votre texte peut adopter n'importe quel style littéraire -
- Aucune image ne doit accompagner votre texte -
- Il doit y avoir un lien entre ce prologue et votre texte -
- Pas de limite en ce qui concerne la longueur de votre participation. Mais si votre texte est assez long, postez-le plutôt sous spoiler. De plus, si votre récit ne convient pas à tout public, mentionnez-le -
- Pas de délai. Sauf réservations, les votes seront lancés après 5 participations -

Participations:

Bleuazur :

Spoiler:

"Dans des contrées lointaines vivait un homme. Tout le monde connaissait son nom et beaucoup de choses se racontaient sur sa personne. On le disait beau comme un Dieu, laid comme une bête, certains le voyaient comme un génie et d'autres comme un fou aux pouvoirs destructeurs, on en parlait comme le défenseur de la veuve et l'orphelin, d'autres disaient que ses mains étaient couvertes de sang... Mais quel est donc la vérité ? Et bien, je vais vous la conter..."
 
Je vous la conterai sans vous révéler pour l’instant quel est le lien qui m’unit à lui.
 
Bien sûr que tout le monde connaissait son nom, et pour cause. Il n’était ni beau comme un Dieu ni laid comme une bête, même s’il était à mes yeux le plus beau des hommes.
Il était peut-être un génie, mais qui peut le mesurer ? Un fou aux pouvoirs destructeurs ? C’était bien mal le connaître, c’était ne pas voir son cœur au-delà des apparences, n’avoir jamais ri avec lui, ni parcouru des lieux nouveaux en sa compagnie avec des yeux émerveillés.
Son âme sensible pouvait s’émouvoir devant la détresse humaine. Mais en aucun cas il n’était un criminel. Sa vie n’était sans doute pas un exemple, mais rien ne définit entièrement  un être humain. Je l’ai aimé et haï , tant il pouvait se montrer détestable ou charmant.

Arrivée à l’automne de ma vie, je me plais à retisser mon histoire, à enfouir mes racines plus profondément pour ne pas m’envoler si une tempête venait à survenir. Je me surprends à aimer vieillir et avoir ce recul que seuls les expériences vécues et le temps qui passe donnent. Je souris tendrement, avec le regard de ceux qui ont pardonné, et me reviennent des bribes, des morceaux d’éclats de rire, et des soleils éclatants que l’on regarde aux travers de ses doigts entrouverts.


Je me suis longtemps demandée pourquoi cet homme était si caricaturé, et puis en grandissant, j’ai compris : la notoriété : Elle ne fait pas de vous un être comme les autres. Il suffit de ne pas parler beaucoup et de peu sortir pour être transformé en bête fauve se terrant, de vous promener avec une amie pour être un homme à femmes, de jouer avec un enfant pour que l’on vous soupçonne du pire. Ou tout au contraire, à peine dites-vous une phrase qu’elle devient mythique, on vous prête les plus merveilleuses qualités si vous souriez lors d’une cérémonie, on vous adule jusqu’à couvrir votre voiture de fleurs, et recevoir des cadeaux prestigieux à n’en plus savoir qu’en faire.


Alors vous vous terrez un peu plus, et que l’on vous soupçonne d’être un monstre ne fera qu’empirer …


Son départ pour un monde meilleur ne fut pas aussi fêté que les jours de vernissage, et sa tombe toute simple ne ressemblait en rien à l’un de ses fabuleux tableaux.


Si un jour j’ai connu la solitude, ce fut-là. Car je ne le connaissais pas pour son art. Je l’aimais. Bien que sa vie n’était pas un modèle de vertu et que sa famille en ait beaucoup souffert, il était mon ami et nous aimions nous promener seuls dans des forêts ou rire des heures en faisant un concours « du jeu de mot le plus stupide ». Nous nous aimions. Je n’oublierai jamais son regard et ces moments.

 
Son deuil fut rude, solitaire, et je ne compte plus les heures pendant lesquelles je vidais mon sac de larmes. Je voulais le revoir ! Le re-voir ! Mais il n’était plus ici-bas et le monde entier me semblait vide.



Alors qui était-il ? Qui connait ces choses, quel être humain pourrait sonder les profondeurs d’une autre âme ?
Je ne sais s’il était bon ou mauvais ou bon et mauvais. Je ne sais s’il était un génie ou un monstre.

Mais il était la chair de ma chair, dans son regard je voyais le mien, petite copie, si différente et si semblable à lui. J’ai mis bien des années à l’évoquer sans que les larmes montent, sans que son absence ne pèse plus ainsi sur mon cœur.

Cet homme, cet étranger, ce compagnon, cet ennemi parfois, cet ami souvent, ce doux souvenir que rien n’effacera, cet être en lequel je me retrouve en prenant de l’âge, cette personne qui était oui, capable du bien et du mal, comme tout un chacun, ce souvenir chéri qui me tient chaud et qui a contribué à me construire.


Mon grand-père.


Isisaur :

Spoiler:
« Dans des contrées lointaines vivait un homme. Tout le monde  connaissait son nom et beaucoup de choses se racontaient sur sa personne. On le disait beau comme un Dieu, laid comme une bête, certains le voyaient comme un génie et d’autres comme un fou aux pouvoirs destructeurs, on en parlait comme le défenseur de la veuve et l’orphelin, d’autres disaient que ses mains étaient couvertes de sang… Mais quel est donc la vérité ? Et bien, je vais vous la conter… »
 
C’est une bien triste histoire, en vérité. Tout commence il y a une trentaine d’années. L’individu était alors un jeune homme à qui tout souriait. Hollinder – c’est ainsi que ses parents le nommèrent – était à peine sorti de l’enfance, dix-sept printemps tout juste. Les filles étaient subjuguées par sa musculature développée et son air de tendre angelot. Il avait du succès mais n’avait jamais profité de la situation. En fait, il était plutôt emprunté avec le sexe opposé et préférait rester à l’atelier avec ses enclumes et ses marteaux. Car son père lui avait appris le métier de forgeron. C’était une profession exigeante et douloureuse, il ne fallait pas ménager ses efforts, mais Hollinder aimait l’odeur du fer que l’on chauffe, il aimait tenir fermement la poignée d’une arme solide et élégante, il aimait surtout voir sortir des flammes une œuvre unique, fruit d’un dur labeur. Son métier était toute sa vie et il y excellait, surpassant même son maître et père.
Malgré son jeune âge, il était respecté et souvent écouté aux conseils du village. Sa tranquille sagesse, son amabilité à toute épreuve alliée à un charisme étonnant en faisaient un leader-né. Tel était Hollinder au sortir de l’enfance : un cadeau béni des Dieux pour ses parents emplis de fierté, mais aussi pour tout le village qui appréciait chacune de ses qualités exceptionnelles.
Hélas, ça devait être trop de faveurs pour un seul homme, car le Destin se chargea bien vite de corriger la chose. 
Il y avait au village une fille, LA fille, celle qui faisait tourner toutes les têtes, celle qui était jalousée et désirée. Blandine avait le cou élégant du cygne et la toison dorée comme les blés. Sa peau était de la nacre pure et ses yeux deux lacs aux eaux  profondes et changeantes. Oh oui, elle était belle Blandine, comme savent l’être les filles de par chez nous, robustes et délicates, innocentes et désirables, anges de candeur et diablesses au sang chaud.
Hollinder, qui avait toutes les filles à ses pieds, tous les meilleurs partis, toutes les plus jolies oies blanches, ne rêvait que de Blandine. Et Blandine, superbe et royale, l’ignorait purement et simplement. C’est que les filles les plus intéressantes le savent – qu’elles sont intéressantes – et savent en jouer.
Blandine savait jouer au jeu de la séduction, elle était experte. Attention, n’allez pas croire qu’elle était la dernière des gourgandines. Que nenni ! Elle était aussi pure qu’une rose immaculée dans la rosée du matin et la moralité la seyait comme un manteau ajusté sur mesure. Mais elle aimait qu’on l’aime. Etre l’attention du plus beau jeune homme du village flattait son ego et elle voulait être sûre qu’il l’aimait assez pour lui faire la cour malgré ses airs glaciaux.
Car Blandine aimait Hollinder, malgré une feinte indifférence, depuis son plus jeune âge. Elle s’était juré au plus secret de la nuit de n’épouser que lui. Mais elle commençait à s’agacer de la timidité du jeune homme. Elle voyait bien qu’il lui tournait autour et lui lançait des œillades à la dérobée.
Ce petit jeu durait depuis bien trop longtemps au goût de la jouvencelle enflammée. Elle décida de presser un peu le mouvement. Ce fut elle qui laissa tomber un billet aux pieds d’Hollinder. Ce fut elle qui lui donna ainsi rendez-vous à l’Arbre des Amours. Ce fut elle qui attendit impatiemment que le jeune indécis veuille bien prendre son courage à deux mains pour sortir la nuit en cachette retrouver l’audacieuse. Ce fut elle encore qui l’embrassa à pleine bouche et s’enfuit dans un rire guilleret. Ce fut elle enfin, qui, une semaine plus tard, demanda sa main à Hollinder.
Le pauvre jeune homme n’avait rien vu venir, il se croyait haï de la belle, ou tout du moins jugé inintéressant. Et voilà que son plus cher rêve s’exauçait. Les accordailles furent accueillies avec joie par tout le village : ils étaient tant assortis, à coup sûr leurs enfants seraient exceptionnels !
 
On fit tout dans les règles, comme la tradition l’exigeait, afin que le bonheur inonde l’hymen. On invita le seigneur, on lui offrit de célébrer l’union. C’était là les prérogatives du seigneur, bien sûr, mais il ne se déplaçait que pour les mariages qu’il jugeait dignes d’intérêt. Manifestement, cette union lui avait paru exceptionnelle et il vint au matin du mariage pour bénir les deux amoureux.
La fête dura toute la journée, le vin et l’hydromel coulèrent à flots, les rôtis et les ragoûts rassasièrent les convives et ravirent leurs papilles. Assurément, ce fut une belle fête où chacun s’amusa tout son soûl et les époux plus encore que les autres. Mais l’impatience commençait à les gagner et ils voulurent quitter la fête en catimini alors que la nuit était bien entamée, pour enfin consommer ce qu’ils n’avaient encore jamais goûté.
C’était sans compter sur le seigneur qui, serpent perfide, avait ri à la table des épousés, les avait congratulés et leur avait souhaité le meilleur pour leur vie future, alors qu’en son for il convoitait les formes généreuses de la mariée et fomentait un plan pour s’en délecter.
Voyant les tourtereaux tenter de s’envoler, il leva bien haut son gobelet et les héla avec sonorité, de sorte que tous ceux présents purent entendre ce qui fut dit :
« Hola, mes bons amis, il n’est guère courtois de partir ainsi sans même penser à me saluer. Je vous ai observés toute la journée et je puis dire sans mentir que je vous vois très amoureux l’un de l’autre. Cet amour me plaît et je veux l’honorer de mon illustre présence. Dans l’ancien temps, il était d’usage que le seigneur soit le premier, puis que le mari le suive. C’était ainsi, et c’était une belle tradition qui assurait prospérité au couple ainsi honoré. Je veux aujourd’hui vous honorer de la sorte, mes amis. Soyez bénis et vive la mariée ! »
A ses mots, les gens d’armes du seigneur s’emparèrent de Blandine. La pauvrette se débattit tant qu’elle put, mais elle n’était pas assez forte face à deux montagnes décérébrées. Hollinder, quant à lui, n’eut pas le temps d’intervenir tant ça lui semblait irréel. Le temps qu’il reprenne ses esprits et qu’il réalise l’ampleur de son malheur, Blandine était déjà seule avec le seigneur dans la chambre qu’on lui avait attribué au village. Le mari « honoré » réagit enfin au premier cri. Il courut jusqu’à la forge et s’arma du mieux qu’il put. Il chargea sans réfléchir, désireux de faire le plus de mal possible pour arriver jusqu’à Blandine. Hélas, il n’était que forgeron. Dans sa fureur, il parvint à blesser deux des gardes, mais il fut vite maîtrisé et ligoté. De là où il était, il put entendre les hurlements et les plaintes de sa douce, impuissant, ses blessures saignant bien moins que son cœur brisé.
La pauvre enfant, impétueuse et courageuse, ne pouvait pourtant pas faire grand-chose. Le seigneur était dans la force de l’âge et bien bâti, il eut tôt fait de vaincre toutes les résistances. Et il se délecta de ce mets de choix, pendant longtemps. On ne se souvient plus au village de la mine réjouie du seigneur quand il partit le lendemain matin. Mais on se souvient bien encore de la pauvrette couverte de bleus, son beau visage ravagé par des larmes douloureuses, ses yeux vidés de toute émotion et sa bouche tuméfiée aux plis amers. On se souvient aussi de l’attitude pénitente d’Hollinder, de cette culpabilité qu’il se mit à porter depuis ce jour-là pour ne jamais s’en défaire.
Oui, il n’était plus que le mari incapable de protéger sa jeune épousée, l’homme à l’honneur bafoué qui avait laissé sa femme aux mains souillées de l’infâme, le cocu au vu et au su de tous.
Les mois qui suivirent, vous vous en doutez, furent terribles. Le couple vivait des heures sombres. Blandine ne se remit jamais vraiment de l’outrage, ni Hollinder d’ailleurs. Depuis cette fatidique nuit, les époux n’avaient pas encore consommé leur hymen et déjà le ventre de la jeune femme s’arrondissait. Oui, Blandine avait été engrossée par le seigneur durant son droit de cuissage, et chacun le savait, mais tous le taisait. C’était le secret du village. Hollinder ne savait que faire pour plaire à sa femme et pour se faire pardonner son impuissance à la défendre. Il la cajolait, la traitait comme une reine, tentait toutes sortes d’approches. Mais Blandine jamais ne put pardonner ou oublier ce qui lui était arrivé. Elle ne put plus jamais sourire et l’étincelle de la vie avait définitivement déserté son regard. Elle accueillit le bébé dans l’indifférence, n’ayant à aucun moment de sa grossesse manifesté ni dégoût ni joie. C’était en fait comme si les émotions lui étaient désormais interdites, elle n’était plus qu’une coquille vide, sans âme. 
Quand l’enfant naquit, Hollinder l’adopta, l’aimant comme un père dès le premier regard, malgré sa conception monstrueuse. Car l’enfançon n’était pour rien dans cette histoire et n’était qu’un être innocent, une victime de plus du seigneur perfide.
L’enfant grandit, c’était un marmot gai et charmant, qui ressemblait beaucoup à sa mère avant le drame. Lui seul pouvait parfois tirer de Blandine un soupçon de sourire ou une miette d’éclat de rire. Hollinder l’aimait profondément et commençait à le former comme son père avant lui. Seulement, le seigneur avait eu vent de cet enfant, le seul de sa descendance qui lui fût connu. Voyant la maladie l’affaiblir de jour en jour et raccourcir insidieusement sa vie – ce n’était que justice de l’avis des villageois écœurés par ce bonhomme – il eut peur de mourir sans héritier pour prendre sa succession, insigne déshonneur pour cette vieille famille au sang bleu. Un bâtard ferait bien l’affaire pour remplir le rôle d’héritier, et il fit mander le garçonnet. 
Il fallut l’arracher des bras de sa mère, comme autrefois on arracha sa vertu. Hollinder ne put une fois de plus rien faire. Que pouvait bien faire un forgeron face à une dizaine d’hommes en armes ? C’en fut plus que Blandine ne pouvait supporter. Elle n’avait vécu que pour cet enfant finalement. Elle ne dit plus un mot de ce jour-là et s’effaça en silence du monde des vivants. Elle se laissa mourir et laissa Hollinder ruminer ses échecs et son impuissance.
On aurait pu croire que le fils d’Hollinder aurait la belle vie, c’est justement ce qui faisait tenir le forgeron. Mais il mourut jeune, victime d’un complot. Un cousin qui voulait l’héritage, une sombre histoire que je ne conterais pas aujourd’hui. 
A la mort de ce fils qu’il aimait toujours, qui était son dernier lien avec l’amour de sa vie, Hollinder s’enfonça dans les bois, il abandonna le commerce des hommes et vécut depuis lors comme un ermite, passant le temps à chasser et à perfectionner sa maîtrise des armes blanches. Si vous êtes une femme éperdue ou un enfant lésé, vous serez bienvenu à sa table, il pourra même vous aider si votre histoire le touche. Mais si vous êtes un riche seigneur, passez votre chemin, il pourrait vous en coûtez bien cher. Car Hollinder est désormais capable de se battre, et la mort, sa compagne, ne l’effraie pas. Il tue tous ceux qui lui rappellent un tant soit peu le seigneur qui brisa sa vie.

Margaux

Spoiler:
"Dans des contrées lointaines vivait un homme. Tout le monde connaissait son nom et beaucoup de choses se racontaient sur sa personne. On le disait beau comme un Dieu, laid comme une bête, certains le voyaient comme un génie et d'autres comme un fou aux pouvoirs destructeurs, on en parlait comme le défenseur de la veuve et l'orphelin, d'autres disaient que ses mains étaient couvertes de sang... Mais quel est donc la vérité ? Et bien, je vais vous la conter...

Il avait été l’amour de ma vie .Il s’appelai Haulin. J’étais alors adolescente lorsque je l’ai vu pour la première fois et jamais quelqu’un n’avait attiré tant mon regard. J’étais une jeune femme sans histoire, qui se fondait dans la masse, ne voulant en aucun cas attirer l’attention. Tout l’inverse de lui. Je ne prétends pas qu’il voulait avoir tous les regards braqués sur lui, ni même qu’il appréciait cela mais c’est ce qui se produisait dès qu’il allait quelque part. Il n’était ni beau ni laid, ni un saint ni un démon, ni génie ni fou…Mais il rayonnait. Une lumière incroyable émanait de lui. Tout ce qu’il disait me paraissait vrai. Tout ce qu’il faisait me paraissait juste. Ce n’était pas l’avis de tout le monde, loin de là. Vous connaissez notre société, je n’ai pas besoins de vous la décrire. Dès que quelqu’un sortait de l’ordinaire, il était jugé par tous. Dénigré par tous. Tout ce qui est différent est pour eux mauvais. Je me suis enfuie avec lui le jour de mes 18 ans. Nous nous sommes installés dans un endroit reculé, loin de tout et surtout loin du village ou j’étais née. Mes parents ne me pardonneraient jamais et je le savais. Qu’importe ! Nous étions fous amoureux. Les jours, les mois, les années passèrent… Nous eûmes un petit garçon, Tom. Nous étions profondément heureux. Mais un jour ce ne fut plus le cas.

Un jour, nous étions descendus en ville Tom, lui et moi afin de faire quelques courses. Il avait dû aller dans une boutique de matériel de chasse alors que j’allais avec Tom en direction de l’épicerie. Sur le chemin, les riverains nous jetaient des regards méfiants, méchants ou carrément haineux. Nous n’avions jamais été acceptés, notre histoire se répandant comme une trainée de poudre, se déformant, s’assombrissant. Mais ce jour-là, ce fut pire. Les gens se mirent à nous jeter des pierres. D’abord, un, deux, dix puis une quarantaine de personnes nous agressait. Je criai au secours et me courbait afin de garder Tom sous moi pour le protéger. Nos larmes se mêlaient au sang qui coulait de mes plaies. Haulin finit par sortir, alerté par le bruit. Il se précipita vers nous en chassant les gens autour. Je serai Tom dans mes bras. Nos agresseurs partirent tous sans un mot, sauf un qui continuai. Haulin en vint aux mains avec lui. Je me relevai et regardai la bagarre… Au bout de quelques minutes, notre agresseur tomba par terre dans un gros bruit. Il ne bougeait plus.
-Haulin ! Sanglotai-je
Il me prit dans ses bras avec Tom.
-Tout ira bien, murmura-t-il.
C’est alors que les gardiens de paix arrivèrent. Nous leur expliquâmes maintes et maintes fois l’histoire mais… Ils virent ce qu’ils voulaient voir et entendirent ce qu’ils voulaient entendre. J’étais couverte de sang, Tom pleurait, un cadavre gisait à terre et mon mari avait les mains pleines de sang, mon sang lorsqu’il m’a serré dans ses bras et le sang de l’homme lorsqu’il l’a achevé. Vous devinez sans mal le scénario qu’ils se sont imaginés. Mon mari fut pendu sur la place publique pour agression sur femme et enfant et meurtre. Le crime parfait pour eux qui tenaient tant à se débarrasser de lui.
Aujourd’hui, Tom a grandis, il connait l’histoire et moi aussi. C’est tout ce qui compte. Mon mari a été tué alors qu’il nous a sauvé d’une mort certaine. Je n’ai plus de rage en moi car nous avons eu une vie heureuse tous les trois. Nous n’avons rien à nous reproché. J’ai même de la peine pour eux. Eux, enfermés dans une vision étriquée de la vie, sans joie, sans éclat !

Non, aujourd’hui, je n’ai plus de rage en moi.
Car mon homme est mort en héro.

Fluffy-Pompom

Spoiler:
"Dans des contrées lointaines vivait un homme. Tout le monde connaissait son nom et beaucoup de choses se racontaient sur sa personne. On le disait beau comme un Dieu, laid comme une bête, certains le voyaient comme un génie et d'autres comme un fou aux pouvoirs destructeurs, on en parlait comme le défenseur de la veuve et l'orphelin, d'autres disaient que ses mains étaient couvertes de sang... Mais quel est donc la vérité ? Et bien, je vais vous la conter..."

Notre triste histoire débute dans la fraîcheur et la brume des larges forêts transylvaines.
Glóin n'était qu'un enfant à cette époque. Il aimait parcourir les vastes étendues ombragées des forêts qui entouraient sa modeste maison et grimper rapidement à travers les dures épines des épicéas avant de se laisser glisser le long de leurs troncs rêches et grisâtres jusqu'à revenir sur le sol. Il quittait sa mère durant plusieurs heures pour aller cueillir des herbes médicinales, celle-ci se rendait à cheval dans les villages les plus proches pour vendre leurs breuvages aux effets curatifs. Une douce odeur sucrée s'échappait souvent de leur petite cheminée en pierre et Glóin adorait remuer les mixtures colorées bouillonnant dans le chaudron en cuivre de sa jeune mère pendant qu'elle lui contait de belles et passionnantes histoires et contes de fées.

Un soir où le ciel était très chargé et l'air glacé, le jeune Glóin s'étonna de ne pas voir sa mère revenir du village de Maleroche. La lune était pleine et plus claire et lumineuse que jamais. Le jeune garçon n'hésita pas à quitter la petite maison fermière pour partir à la recherche de la personne qui comptait le plus à ses yeux, sa tendre mère Eleo. Il glissa ses pieds dans de belles bottes fourrées de laine de mouton et enfila un petit gilet en fourrure de lièvre avant de franchir la large porte en bois qui le protégeait jusque ici du vent qui commençait à souffler.

Le son des brindilles cédant sous ses pas brisait le silence de mort qui pesait dans la forêt.
Les branches remuaient doucement et Glóin peinait à voir ou il allait tant la nuit était épaisse et sombre. Bien qu'il n'en menait pas large, il marchait d'un pas sur, les yeux plissés et la mâchoire serrée. Un son étrange le fit sursauter, des feuilles semblaient remuer derrière lui et un souffle lourd et obstrué se fit entendre. Glóin se retourna rapidement pour faire face à l'imposant buisson et attendis en serrant les poings.

Personne ne sait vraiment ce qu'il c'est passé ensuite, le jeune garçon parla d'une lutte féroce entre lui, le petit homme aux boucles brunes vivant dans la forêt et une bête sauvage jusque ici inconnue de tous. Au petit matin, des amis d'Eleo, tous de modestes chasseurs le retrouvèrent inconscient, allongé sur le bord d'un chemin de terre. Elle leur avait demandé de l'aide en retrouvant le lit de son jeune fils vide.  Il demandèrent à l'enfant d'où provenait l'énorme plaie sanglante sur le dessus de son épaule gauche. Il balbutia quelques mots à propos d'un chien gigantesque, aux crocs tranchants comme une hache et aux yeux rouges sangs, exorbités par une rage effrayante. Le pauvre Glóin n'avait pas pu se défendre, il c'était retrouvé complètement écrasé par une masse musculaire impressionnante.

La première pleine lune qui suivit fût la pire de toutes. Glóin se transforma en cette bête immonde pour la première fois et céda à ses pulsions qu'il ne pouvait pour le moment pas contrôler. Il tua sa jeune mère effrayée mais protectrice qui voulu l'empêcher de sortir de la maison. La vision de ce corps inerte au moment de son réveil le mit dans une telle colère et une telle peine qu'il se jura de ne plus jamais se laisser envahir par cette mutation. Cette promesse, il ne put la tenir. Le nombre de morts dans les villages environnant était important mais leur fréquence diminua au fil du temps. Les larmes qu'il versait pour ses victimes se faisaient chacune plus douloureuses les unes que les autres.  Tout le monde savait que Glóin était mêlé à tout cela, même si personne ne s'accordait à ce sujet. Il apprit à gérer ses pulsions et à se servir de sa vitesse et de sa force pour faire le bien, les pauvres âmes qu'il secourait vantait ses mérites dès qu'elles en avaient l'occasion. Cependant et bien malheureusement, beaucoup de villageois éprouvaient déjà une haine virulente envers lui.

Cela fait déjà bien longtemps que tous ont oublié son visage, mais personne n'a oublié son histoire.
L'aura mystique qu'il dégage déclenche chez chacun le doute, l'inquiétude, et la fascination..

Kayweel

Spoiler:
Dans des contrées lointaines vivait un homme. Tout le monde connaissait son nom et beaucoup de choses se racontaient sur sa personne. On le disait beau comme un dieu, laid comme une bête, certains le voyaient comme un génie et d'autres comme un fou aux pouvoirs destructeurs, on en parlait comme le défenseur de la veuve et l'orphelin, d'autres disaient que ses mains étaient couvertes de sang... Mais quelle est donc la vérité ? Eh bien, je vais vous la conter...

Tout commença en l’an de miséricorde 2765, le long des côtes de Terre-Neuve, dans l’archipel des Gémeaux, une nuit où les Lunes étaient absentes du ciel et où les étoiles brillaient d’un feu  inquiétant. Cette nuit-là, alors que le vent soufflait en rafales sur l’archipel et que le Feu Sacré de l’île de Morneval faiblissait sous les attaques cycloniques, naquît Marvenor. Dès lors que sa mère le mit au monde, la sage-femme – qui avait quand même cinquante ans de pratique – poussa un cri d’horreur, se signant de la croix à six branches de l’Ordre des Accoucheuses, avant  de lever un regard affligé aux parents du pauvre petit. Non seulement il n’avait pas poussé le moindre cri en venant au monde, ce qui était signe de présence d’un esprit malin lors de l’accouchement,  mais comble de malheur, il était né coiffé.

Dès lors, la vie de Marvenor avait pris un mauvais chemin. Sa mère avait insisté pour le garder. Malgré les croyances, elle restait persuadée qu’avec une bonne éducation et l’aide des dieux, il pourrait suivre la voie de la Lumière. Marvenor apprit ainsi l’essentiel pour travailler dans la petite ferme de ses parents, mais aussi les Prières Saintes et les Onctions des dieux d’Elinor, afin de protéger son âme des tentations des forces malveillantes. Mais chaque superstition, chaque croyance, a un fond de vérité.

C’est lors de son douzième anniversaire que son héritage maudit se manifesta. Les premiers signes de Sorcellerie apparurent avec de grands tatouages à l’encre noire sur tout son corps. Son père – qui ne l’avait jamais considéré autrement que comme un poids mort – hurla au démon et envoya sa fille aînée quérir les moines afin d’exorciser l’enfant tandis que sa mère se répandait en prières et en supplications, les genoux douloureux à force de se tenir en position de prière devant l’autel familial.
Ce jour-là, Marvenor avait vu sa petite vie tranquille basculer indéniablement. Au lieu de journées passées à étudier l’écriture et les mathématiques afin de reprendre le domaine familial, il devait à présent passer toutes les heures du jour à prier en compagnie d’un des moines, confiné dans ses quartiers et toutes les heures, conduire des prières afin de lier son âme à l’un des dieux primaire, le dos fouetté par des sangles de cuir. Sa mère avait honte de lui. Son père le haïssait. Ses sœurs l’évitaient comme la peste. Dans le village, on se cessait lancer rumeurs sur rumeurs quant à son appartenance aux forces démoniaques.

Quand il eut seize hivers, Marvenor décida que cette vie ne pouvait plus durer. Ses parents avaient donné naissance à un autre garçon et on cessait de s’occuper de lui. Il était enfermé dans une grande tour et les moines ne se déplaçaient même plus. Le jeune homme, les yeux fixés sur les étoiles prit une décision qui changea sa vie.

Attrapant un grand sac de toile, Marvenor y plaça toutes ses maigres possessions : un carnet épais, quelques crayons de cendre, quelques vêtements, une paire de bottes solides. Il enfila sa plus belle chemise – qui était aussi la plus longue – afin de cacher ses tatouages et posa sur son visage le masque que ses parents lui avaient ordonné de porter quand il leur arrivait de l’emmener à la ville voisine. Il passa à la cuisine, emportant avec lui du pain, du fromage et quelques morceaux de sanglier séché et, enfilant sa cape, le jeune homme laissa derrière lui, famille, abri et sécurité.

Marvenor marcha pendant des jours entiers avant d’atteindre la capitale. Port-Levant était de loin la plus grande ville qu’il n’ait jamais vu. Il se glissa parmi les ombres. Il passa deux jours entiers à chercher du travail. Cependant personne ne souhaitait engager un jeune homme qui cachait sûrement une monstrueuse infirmité sous ce masque ingrat. Les gens l’évitaient, le traitant de monstre. Les commerçants le chassaient dès qu’il essayait d’approcher leurs étals. Il eut faim, il eut froid, il souffrit de ses blessures et en vint à haïr les hommes. Marvenor quitta Port-Levant, la mort dans l’âme. Il atteignit clandestinement l’île de Hautes-Vagues et trouva dans le village de Franchevaux une vieille femme qui voulut bien l’héberger en échange de menus travaux dans sa propriété.

Cette femme, qui portait le nom de Sisyphe, était une sorcière dotée de grands pouvoirs. Avec elle, Marvenor apprit l’art de soigner, de maudire. Il apprit à mettre la gloire en bouteille, à distiller la grandeur, et même à enfermer la mort dans un flacon. Il découvrit les secrets des étoiles et des plantes, les murmures cachés dans les merveilles de la nature. Avec Sisyphe, Marvenor devint un puissant sorcier. L’un des plus puissants à qui la vieille femme n’avait jamais enseigné. "Un jour Marvenor" lui dit-elle le soir de son départ. "Un jour tu découvriras pourquoi tous ces dons t’ont été accordé."

Il quitta Sisyphe alors qu’il venait de fêter son vingt-deuxième anniversaire, emportant avec lui de quoi prendre le bateau pour rejoindre le continent de Land. Il atteignit la Seigneurie de Talemot, dans le royaume d’Eixeltia, lors d’une nuit où les trois lunes brillaient de tout leur éclat. Ayant vent de la venue d’un puissant sorcier, le Seigneur de Talemot le fit mander au palais quelques jours après son arrivé, lui ordonnant, en redevance, de lui offrir richesses et épouses.

Marvenor accepta d’un simple geste de la tête et disparût de la vue de la salle du conseil. Deux jours plus tard, il revint, accompagné d’une dizaine de magnifiques jeunes femmes à la peau aussi sombre que la terre mouillée et d’une procession d’ânes qui étaient chargés de coffres pleins de trésors. Marvenor, estimant avoir payé son droit de vie sur le territoire, retourna à l’auberge. Le lendemain, le seigneur lui demanda encore des épouses. Soucieux des jeunes femmes qui avaient accepté de l’accompagner la première fois, le sorcier revint avec une autre dizaine de femmes. Celles-ci avaient la peau aussi dorée que le pain chaud sortant du four. Le jour suivant, le seigneur demanda encore des femmes. Inquiet, Marvenor entra en grand fracas dans le harem et découvrit des jeunes femmes effrayées et prostrées sur le sol, le corps roué de coups.

Calmement, le sorcier soigna leurs blessures une à une et  il leur intima de les suivre. C’est ainsi que, hallucinés, les serviteurs, le seigneur ainsi que les habitants du domaine regardèrent Marvenor passer les portes de la ville, suivit de vingt jeunes femmes et de la même procession d’ânes qui l’accompagnaient la première fois. Personne n’eut le cœur de tenter de les arrêter et ce, malgré les cris du seigneur. Une fois les portes passées Marvenor se retourna et donna un âne à chaque jeune femme. "Vous êtes libres" leur dit-il d’une voix grave. Il ôta son masque et fixa la cité du regard. Les minutes d’après, le manoir seigneurial tombait dans un grand fracas, ne laissant que poussière et cris de désolation.

Sans un regard en arrière, ni pour la cité, ni pour les femmes, Marvenor fit son chemin vers la mer et disparut une nouvelle fois. Les femmes libérées proclamèrent la bonté de Marvenor, alors que les habitants de Talemot répandirent les pires rumeurs sur le sorcier.

Aujourd’hui encore, Marvenor parcourt les Terres de Land, tantôt défenseur, tantôt juge et exécuteur, le sorcier cherche encore réponse à ses questions. Si vous prononcez son nom trois fois, devant une source d’eau vivre, une branche de tilleul à la main et une bougie allumée dans l’autre, il se peut que Marvenor vienne à votre écoute. Mais gardez-vous de le convoquer pour rien, car le sorcier est un homme versatile dont les pensées sont loin des nôtres et son courroux terrible.

lE Jour Vert
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Dans des contrées lointaines vivait un homme. Tout le monde connaissait son nom et beaucoup de choses se racontaient sur sa personne. On le disait beau comme un Dieu, laid comme une bête, certains le voyaient comme un génie et d'autres comme un fou aux pouvoirs destructeurs, on en parlait comme le défenseur de la veuve et l'orphelin, d'autres disaient que ses mains étaient couvertes de sang... Mais quel est donc la vérité ? Et bien, je vais vous la conter...

Rien de ce qui se disait n'était faux.
Du sang, il en avait fait couler.
Un génie, il l'avait été.
Beau et laid, tout cela était vrai.

Il avait traversé les Pays du Nord en long, en large et en travers. Tout le monde le connaissait, mais il ne connaissait personne. Il avait passé sa vie entière seul, terrifié à l'idée de blesser des gens.

Cet homme était une créature de la nuit. A mi-chemin entre loup et humain. Mais cela, tout le monde l'ignorait.
Il tuait sauvagement à chaque pleine lune, malgré tous ses efforts pour se tenir éloigné de toute âme qui vive. Sa transformation déclenchée par le satellite le rendait laid et fou. Ceux qui le voyait ces nuits-là le haïssaient s'ils avaient l'occasion de survivre à sa rencontre. Les proches de ses victimes le maudissait pour le mal qu'il avait fait, tout en ignorant qu'il en souffrait au moins autant qu'eux.
Pour soulager sa conscience, il sauvait tous ceux qu'il pouvait le reste du cycle lunaire. Il était extrêmement intelligent, mettait au point toutes sortes de stratagèmes pour arrêter les bandits et sauver les opprimés. Les femmes qu'il secourait tombaient sous le charme et les hommes l'admiraient.

Sa malédiction faisait le bonheur des uns et le malheur des autres. Mais celui qui souffrait le plus, c'était lui. Sa lycanthropie l'avait poussé à devenir un éternel solitaire, alors qu'il appréciait tant le contact des hommes. Il avait sacrifié ce qu'il aimait le plus pour sauver tous ceux qu'il pouvait.

Il disparut du jour au lendemain. On fêtait son absence ou on la pleurait. On le recherchait ou on essayait de ne pas le faire revenir.
Ce que tout le monde ignorait, c'est qu'il était mort. Assassiné par sa douleur.

Simon
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Dans des contrées lointaines vivait un homme. Tout le monde connaissait son nom et beaucoup de choses se racontaient sur sa personne. On le disait beau comme un Dieu, laid comme une bête, certains le voyaient comme un génie et d'autres comme un fou aux pouvoirs destructeurs, on en parlait comme le défenseur de la veuve et l'orphelin, d'autres disaient que ses mains étaient couvertes de sang... Mais quel est donc la vérité ? Et bien, je vais vous la conter...

Cet homme se nommait Andamos. Sa mère décéda à sa naissance. Son père, le forgeron du village, apprit tout à son fils. L’enfant su comment se défendre, comment cuisiner et comment forger. Son père mourut alors qu’il protégeait sa maison et son enfant pendant une invasion ennemie. Andamos, 9 ans, se retrouva seul.

Il partit rejoindre la nature et y grandit. Le jour de ses 18 ans, il retourna dans son village natal. Un matin, alors qu’il allait à la boulangerie, il aperçu un homme tentant de voler une dame. Andamos, curieux et furieux, s’approcha de la scène; il surprit le voleur et sauva la femme. Andamos apprit qu’elle était veuve. Ils discutèrent en se rendant à la boulangerie, elle lui apprit qu’un refuge pour veuves se trouvait non loin de là. Andamos rendit visite à toutes ces femmes. Le village se questionnait sur ce jeune homme aux yeux verts qui ouvrait son cœur aux dames esseulées.

Un jour, alors qu’il se promenait dans la forêt, Andamos rencontra un garçon. Ce dernier lui confia être orphelin. Andamos, touché, lui offrit l’hospitalité et le prit sous son aile charitable. Il recueilli rapidement d’autres orphelins et bâtit un refuge à côté de celui des veuves. Ainsi, ces dames pourraient revoir le sourire d’un enfant. Sachant le danger qui guettait le village, Andamos fortifia  les refuges et se créa de puissantes armes de défense.

Quelques années plus tard, des ennemis envahirent le village. Andamos tenta de protéger ses amis. Il périt pendant la bataille. Toutefois, ses protégés ne furent pas touchés grâce à l’équipement qu’avait bâtit l’homme. Andamos se retrouva devant Zeus qui désirait le gratifier de sa bravoure et de ses actes de bienveillance. Le dieu lui donna alors deux choix : Andamos pouvait rester avec les dieux et veiller sur les âmes esseulées ou retourner sur Terre pour protéger les veuves et les orphelins pour le reste de sa vie. Andamos remercia Zeus pour son offre et demanda de retourner voir ses amis. Zeus, touché par la bonté du jeune homme, lui accorda une seconde vie et lui donna le pouvoir de guérir les blessés en plus de posséder une force surhumaine. Andamos revint à la vie grâce à Zeus. Le héro retourna auprès de ses semblables et il passa le reste de sa vie à protéger les âmes en lourde peine.

Andamos alla rejoindre les dieux à l’âge noble de 86 ans. Il veille depuis sur chaque cœur brisé par un décès.

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Re: [Défi clos] Défi écriture

le Mar 2 Juil 2013 - 17:13
Un très bon défi, j'aimerais y participer mais je ne sais pas si j'aurais le temps.. J’essaierai  

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lE Jour Vert
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Re: [Défi clos] Défi écriture

le Ven 5 Juil 2013 - 16:00
Roh mais c'est génial ! Merci à tous !  

J'essaierai de faire quelque chose pour ce thème, mais je garantis rien...
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Re: [Défi clos] Défi écriture

le Sam 6 Juil 2013 - 19:31
Cool les filles.

Alors les autres, on est pas intéressés ?

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Simon
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Re: [Défi clos] Défi écriture

le Sam 6 Juil 2013 - 20:03
Moi je suis intéressé, j'ai écrit un brouillon (version papier) que je réécrirai à l'ordi avec quelques modifications. Smile

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Re: [Défi clos] Défi écriture

le Sam 6 Juil 2013 - 20:07
Je verrais par la suite mais ça m'intéresse assez Wink

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Re: [Défi clos] Défi écriture

le Sam 6 Juil 2013 - 22:17
Si je suis intéressée, mais je sais pas si je vais pouvoir. Si je puis me permettre : On est assez peu à participer, et les défis se succèdent vite, il me semble donc que c'est un peu beaucoup comme cadence. Si il y avait une vingtaine de participants qui tournent, ça irait, mais là on est à peine une dizaine, et donc il nous est impossible de participer à tous les défis d'où peut être le manque de participants.
Ou alors il faut allonger le temps de participation. Avec les vacances, là faudrait un bon bout de temps pour qu'on ait le temps de le faire. Et puis écrire sans inspiration, juste pour écrire, perso, je n'y arrive pas, du coup quand c'est trop rapproché, rien ne me vient.
Je ne sais pas ce qu'en pensent les autres participants, et peut être il aurait fallu que je poste ça dans "remarques et suggestions".

Cela dit, ce défi est génial, mais j'ai pas duuuu toouuut la tête à ça ces jours, et plein de choses IRL.

Voilou. Et merki.
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LadySquirrel
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Re: [Défi clos] Défi écriture

le Sam 6 Juil 2013 - 23:35
Réputation du message : 100% (2 votes)
Le défi est l'un de ceux qui marche le plus, on a eu parfois une dizaine de candidat en moins d'une semaine alors qu'on doit parfois attendre plus d'un mois pour n'avoir "que" deux participants sur d'autre défis. Si on donne un thème aussi rapidement, ce n'est que pour répondre à la "demande": quand on a beaucoup de participants en peu de temps, on ne va pas attendre trop longtemps avant de lancer les votes et il faut lancer un autre défi afin de ne pas perdre l’intérêt des gens. Tu remarqueras tout de même qu'on attend au moins une journée pour lancer un nouveau défi. Wink 

Il n'y a aucun délais en ce qui concerne les défis, vous avez tout le temps de participer, de faire ça à votre rythme et vous n’êtes en aucun cas obligé de participer à tous thèmes que se soient par manque de motivation ou de temps. Si nous "upons" les sujets, c'est simplement pour qu'ils ne meurent pas et savoir si le thème proposé vous intéresse.

Mais si vous trouvez que ça va trop "vite" on peut aussi ralentir le rythme. Mais pour ça alors, j'ai besoin de l'avis de tout le monde.

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Re: [Défi clos] Défi écriture

le Sam 6 Juil 2013 - 23:56
Ok Lady, attendons, mais peut être que certains des participants habituels sont en vacances. Merci !
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Margaux
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Re: [Défi clos] Défi écriture

le Lun 8 Juil 2013 - 17:37
Le défi m'interresse beaucoup en général mais la le thème ne m'inspire pas du gout ! Je vais essayer quand même de faire quelque chose Smile
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Laureii
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Re: [Défi clos] Défi écriture

le Lun 8 Juil 2013 - 18:04
Je vais peut-être essayer quelque chose, mais pas trop d'inspiration pour l'écriture ces derniers temps en général...
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lE Jour Vert
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Re: [Défi clos] Défi écriture

le Lun 8 Juil 2013 - 19:37
Mon texte est commencé, mais je sais pas si je pourrais le finir avant mercredi (peu de chance pour que je puisse continuer après)... J'essaierai de vous tenir au courant. Wink

Pour répondre à Lady, c'est vrai que j'apprécie que les thèmes soient donnés rapidement, mais deux ou trois jours entre chacun serait, pour moi, l'idéal. Assez pour se poser et regarder les autres défis sur le forum sans néanmoins attendre le prochain impatiemment. Après c'est vrai qu'il faudrait que les autres donnent aussi leur avis. Smile
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Re: [Défi clos] Défi écriture

le Mer 10 Juil 2013 - 22:12


Dernière édition par Bleuazur le Mer 10 Juil 2013 - 22:52, édité 8 fois
Voilà ma participation :



Spoiler:

"Dans des contrées lointaines vivait un homme. Tout le monde connaissait son nom et beaucoup de choses se racontaient sur sa personne. On le disait beau comme un Dieu, laid comme une bête, certains le voyaient comme un génie et d'autres comme un fou aux pouvoirs destructeurs, on en parlait comme le défenseur de la veuve et l'orphelin, d'autres disaient que ses mains étaient couvertes de sang... Mais quel est donc la vérité ? Et bien, je vais vous la conter..."
 
Je vous la conterai sans vous révéler pour l’instant quel est le lien qui m’unit à lui.
 
Bien sûr que tout le monde connaissait son nom, et pour cause. Il n’était ni beau comme un Dieu ni laid comme une bête, même s’il était à mes yeux le plus beau des hommes.
Il était peut-être un génie, mais qui peut le mesurer ? Un fou aux pouvoirs destructeurs ? C’était bien mal le connaître, c’était ne pas voir son cœur au-delà des apparences, n’avoir jamais ri avec lui, ni parcouru des lieux nouveaux en sa compagnie avec des yeux émerveillés.
Son âme sensible pouvait s’émouvoir devant la détresse humaine. Mais en aucun cas il n’était un criminel. Sa vie n’était sans doute pas un exemple, mais rien ne définit entièrement  un être humain. Je l’ai aimé et haï , tant il pouvait se montrer détestable ou charmant.

Arrivée à l’automne de ma vie, je me plais à retisser mon histoire, à enfouir mes racines plus profondément pour ne pas m’envoler si une tempête venait à survenir. Je me surprends à aimer vieillir et avoir ce recul que seuls les expériences vécues et le temps qui passe donnent. Je souris tendrement, avec le regard de ceux qui ont pardonné, et me reviennent des bribes, des morceaux d’éclats de rire, et des soleils éclatants que l’on regarde aux travers de ses doigts entrouverts.


Je me suis longtemps demandée pourquoi cet homme était si caricaturé, et puis en grandissant, j’ai compris : la notoriété : Elle ne fait pas de vous un être comme les autres. Il suffit de ne pas parler beaucoup et de peu sortir pour être transformé en bête fauve se terrant, de vous promener avec une amie pour être un homme à femmes, de jouer avec un enfant pour que l’on vous soupçonne du pire. Ou tout au contraire, à peine dites-vous une phrase qu’elle devient mythique, on vous prête les plus merveilleuses qualités si vous souriez lors d’une cérémonie, on vous adule jusqu’à couvrir votre voiture de fleurs, et recevoir des cadeaux prestigieux à n’en plus savoir qu’en faire.


Alors vous vous terrez un peu plus, et que l’on vous soupçonne d’être un monstre ne fera qu’empirer …


Son départ pour un monde meilleur ne fut pas aussi fêté que les jours de vernissage, et sa tombe toute simple ne ressemblait en rien à l’un de ses fabuleux tableaux.


Si un jour j’ai connu la solitude, ce fut-là. Car je ne le connaissais pas pour son art. Je l’aimais. Bien que sa vie n’était pas un modèle de vertu et que sa famille en ait beaucoup souffert, il était mon ami et nous aimions nous promener seuls dans des forêts ou rire des heures en faisant un concours « du jeu de mot le plus stupide ». Nous nous aimions. Je n’oublierai jamais son regard et ces moments.

 
Son deuil fut rude, solitaire, et je ne compte plus les heures pendant lesquelles je vidais mon sac de larmes. Je voulais le revoir ! Le re-voir ! Mais il n’était plus ici-bas et le monde entier me semblait vide.



Alors qui était-il ? Qui connait ces choses, quel être humain pourrait sonder les profondeurs d’une autre âme ?
Je ne sais s’il était bon ou mauvais ou bon et mauvais. Je ne sais s’il était un génie ou un monstre.

Mais il était la chair de ma chair, dans son regard je voyais le mien, petite copie, si différente et si semblable à lui. J’ai mis bien des années à l’évoquer sans que les larmes montent, sans que son absence ne pèse plus ainsi sur mon cœur.

Cet homme, cet étranger, ce compagnon, cet ennemi parfois, cet ami souvent, ce doux souvenir que rien n’effacera, cet être en lequel je me retrouve en prenant de l’âge, cette personne qui était oui, capable du bien et du mal, comme tout un chacun, ce souvenir chéri qui me tient chaud et qui a contribué à me construire.


Mon grand-père.

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Re: [Défi clos] Défi écriture

le Mer 10 Juil 2013 - 22:26
Ton texte est très émouvant Bleue.

J'ai vu quelques fautes, mais elles sont peu nombreuses.

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Re: [Défi clos] Défi écriture

le Mer 10 Juil 2013 - 22:33
Merci, je vais relire du coup.
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Caroline
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Re: [Défi clos] Défi écriture

le Jeu 11 Juil 2013 - 16:50
Merci pour ta participation Bleu.
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Re: [Défi clos] Défi écriture

le Jeu 11 Juil 2013 - 18:48
C'est magnifique, Bleu, très émouvant (j'en ai les larmes aux yeux). Tu écris vraiment très très bien.

Ma contribution au défi (attention, c'est un peu long, je me suis emballée...)

Spoiler:
« Dans des contrées lointaines vivait un homme. Tout le monde  connaissait son nom et beaucoup de choses se racontaient sur sa personne. On le disait beau comme un Dieu, laid comme une bête, certains le voyaient comme un génie et d’autres comme un fou aux pouvoirs destructeurs, on en parlait comme le défenseur de la veuve et l’orphelin, d’autres disaient que ses mains étaient couvertes de sang… Mais quel est donc la vérité ? Et bien, je vais vous la conter… »
 
C’est une bien triste histoire, en vérité. Tout commence il y a une trentaine d’années. L’individu était alors un jeune homme à qui tout souriait. Hollinder – c’est ainsi que ses parents le nommèrent – était à peine sorti de l’enfance, dix-sept printemps tout juste. Les filles étaient subjuguées par sa musculature développée et son air de tendre angelot. Il avait du succès mais n’avait jamais profité de la situation. En fait, il était plutôt emprunté avec le sexe opposé et préférait rester à l’atelier avec ses enclumes et ses marteaux. Car son père lui avait appris le métier de forgeron. C’était une profession exigeante et douloureuse, il ne fallait pas ménager ses efforts, mais Hollinder aimait l’odeur du fer que l’on chauffe, il aimait tenir fermement la poignée d’une arme solide et élégante, il aimait surtout voir sortir des flammes une œuvre unique, fruit d’un dur labeur. Son métier était toute sa vie et il y excellait, surpassant même son maître et père.
Malgré son jeune âge, il était respecté et souvent écouté aux conseils du village. Sa tranquille sagesse, son amabilité à toute épreuve alliée à un charisme étonnant en faisaient un leader-né. Tel était Hollinder au sortir de l’enfance : un cadeau béni des Dieux pour ses parents emplis de fierté, mais aussi pour tout le village qui appréciait chacune de ses qualités exceptionnelles.
Hélas, ça devait être trop de faveurs pour un seul homme, car le Destin se chargea bien vite de corriger la chose.
Il y avait au village une fille, LA fille, celle qui faisait tourner toutes les têtes, celle qui était jalousée et désirée. Blandine avait le cou élégant du cygne et la toison dorée comme les blés. Sa peau était de la nacre pure et ses yeux deux lacs aux eaux  profondes et changeantes. Oh oui, elle était belle Blandine, comme savent l’être les filles de par chez nous, robustes et délicates, innocentes et désirables, anges de candeur et diablesses au sang chaud.
Hollinder, qui avait toutes les filles à ses pieds, tous les meilleurs partis, toutes les plus jolies oies blanches, ne rêvait que de Blandine. Et Blandine, superbe et royale, l’ignorait purement et simplement. C’est que les filles les plus intéressantes le savent – qu’elles sont intéressantes – et savent en jouer.
Blandine savait jouer au jeu de la séduction, elle était experte. Attention, n’allez pas croire qu’elle était la dernière des gourgandines. Que nenni ! Elle était aussi pure qu’une rose immaculée dans la rosée du matin et la moralité la seyait comme un manteau ajusté sur mesure. Mais elle aimait qu’on l’aime. Etre l’attention du plus beau jeune homme du village flattait son ego et elle voulait être sûre qu’il l’aimait assez pour lui faire la cour malgré ses airs glaciaux.
Car Blandine aimait Hollinder, malgré une feinte indifférence, depuis son plus jeune âge. Elle s’était juré au plus secret de la nuit de n’épouser que lui. Mais elle commençait à s’agacer de la timidité du jeune homme. Elle voyait bien qu’il lui tournait autour et lui lançait des œillades à la dérobée.
Ce petit jeu durait depuis bien trop longtemps au goût de la jouvencelle enflammée. Elle décida de presser un peu le mouvement. Ce fut elle qui laissa tomber un billet aux pieds d’Hollinder. Ce fut elle qui lui donna ainsi rendez-vous à l’Arbre des Amours. Ce fut elle qui attendit impatiemment que le jeune indécis veuille bien prendre son courage à deux mains pour sortir la nuit en cachette retrouver l’audacieuse. Ce fut elle encore qui l’embrassa à pleine bouche et s’enfuit dans un rire guilleret. Ce fut elle enfin, qui, une semaine plus tard, demanda sa main à Hollinder.
Le pauvre jeune homme n’avait rien vu venir, il se croyait haï de la belle, ou tout du moins jugé inintéressant. Et voilà que son plus cher rêve s’exauçait. Les accordailles furent accueillies avec joie par tout le village : ils étaient tant assortis, à coup sûr leurs enfants seraient exceptionnels !
 
On fit tout dans les règles, comme la tradition l’exigeait, afin que le bonheur inonde l’hymen. On invita le seigneur, on lui offrit de célébrer l’union. C’était là les prérogatives du seigneur, bien sûr, mais il ne se déplaçait que pour les mariages qu’il jugeait dignes d’intérêt. Manifestement, cette union lui avait paru exceptionnelle et il vint au matin du mariage pour bénir les deux amoureux.
La fête dura toute la journée, le vin et l’hydromel coulèrent à flots, les rôtis et les ragoûts rassasièrent les convives et ravirent leurs papilles. Assurément, ce fut une belle fête où chacun s’amusa tout son soûl et les époux plus encore que les autres. Mais l’impatience commençait à les gagner et ils voulurent quitter la fête en catimini alors que la nuit était bien entamée, pour enfin consommer ce qu’ils n’avaient encore jamais goûté.
C’était sans compter sur le seigneur qui, serpent perfide, avait ri à la table des épousés, les avait congratulés et leur avait souhaité le meilleur pour leur vie future, alors qu’en son for il convoitait les formes généreuses de la mariée et fomentait un plan pour s’en délecter.
Voyant les tourtereaux tenter de s’envoler, il leva bien haut son gobelet et les héla avec sonorité, de sorte que tous ceux présents purent entendre ce qui fut dit :
« Hola, mes bons amis, il n’est guère courtois de partir ainsi sans même penser à me saluer. Je vous ai observés toute la journée et je puis dire sans mentir que je vous vois très amoureux l’un de l’autre. Cet amour me plaît et je veux l’honorer de mon illustre présence. Dans l’ancien temps, il était d’usage que le seigneur soit le premier, puis que le mari le suive. C’était ainsi, et c’était une belle tradition qui assurait prospérité au couple ainsi honoré. Je veux aujourd’hui vous honorer de la sorte, mes amis. Soyez bénis et vive la mariée ! »
A ses mots, les gens d’armes du seigneur s’emparèrent de Blandine. La pauvrette se débattit tant qu’elle put, mais elle n’était pas assez forte face à deux montagnes décérébrées. Hollinder, quant à lui, n’eut pas le temps d’intervenir tant ça lui semblait irréel. Le temps qu’il reprenne ses esprits et qu’il réalise l’ampleur de son malheur, Blandine était déjà seule avec le seigneur dans la chambre qu’on lui avait attribué au village. Le mari « honoré » réagit enfin au premier cri. Il courut jusqu’à la forge et s’arma du mieux qu’il put. Il chargea sans réfléchir, désireux de faire le plus de mal possible pour arriver jusqu’à Blandine. Hélas, il n’était que forgeron. Dans sa fureur, il parvint à blesser deux des gardes, mais il fut vite maîtrisé et ligoté. De là où il était, il put entendre les hurlements et les plaintes de sa douce, impuissant, ses blessures saignant bien moins que son cœur brisé.
La pauvre enfant, impétueuse et courageuse, ne pouvait pourtant pas faire grand-chose. Le seigneur était dans la force de l’âge et bien bâti, il eut tôt fait de vaincre toutes les résistances. Et il se délecta de ce mets de choix, pendant longtemps. On ne se souvient plus au village de la mine réjouie du seigneur quand il partit le lendemain matin. Mais on se souvient bien encore de la pauvrette couverte de bleus, son beau visage ravagé par des larmes douloureuses, ses yeux vidés de toute émotion et sa bouche tuméfiée aux plis amers. On se souvient aussi de l’attitude pénitente d’Hollinder, de cette culpabilité qu’il se mit à porter depuis ce jour-là pour ne jamais s’en défaire.
Oui, il n’était plus que le mari incapable de protéger sa jeune épousée, l’homme à l’honneur bafoué qui avait laissé sa femme aux mains souillées de l’infâme, le cocu au vu et au su de tous.
Les mois qui suivirent, vous vous en doutez, furent terribles. Le couple vivait des heures sombres. Blandine ne se remit jamais vraiment de l’outrage, ni Hollinder d’ailleurs. Depuis cette fatidique nuit, les époux n’avaient pas encore consommé leur hymen et déjà le ventre de la jeune femme s’arrondissait. Oui, Blandine avait été engrossée par le seigneur durant son droit de cuissage, et chacun le savait, mais tous le taisait. C’était le secret du village. Hollinder ne savait que faire pour plaire à sa femme et pour se faire pardonner son impuissance à la défendre. Il la cajolait, la traitait comme une reine, tentait toutes sortes d’approches. Mais Blandine jamais ne put pardonner ou oublier ce qui lui était arrivé. Elle ne put plus jamais sourire et l’étincelle de la vie avait définitivement déserté son regard. Elle accueillit le bébé dans l’indifférence, n’ayant à aucun moment de sa grossesse manifesté ni dégoût ni joie. C’était en fait comme si les émotions lui étaient désormais interdites, elle n’était plus qu’une coquille vide, sans âme.
Quand l’enfant naquit, Hollinder l’adopta, l’aimant comme un père dès le premier regard, malgré sa conception monstrueuse. Car l’enfançon n’était pour rien dans cette histoire et n’était qu’un être innocent, une victime de plus du seigneur perfide.
L’enfant grandit, c’était un marmot gai et charmant, qui ressemblait beaucoup à sa mère avant le drame. Lui seul pouvait parfois tirer de Blandine un soupçon de sourire ou une miette d’éclat de rire. Hollinder l’aimait profondément et commençait à le former comme son père avant lui. Seulement, le seigneur avait eu vent de cet enfant, le seul de sa descendance qui lui fût connu. Voyant la maladie l’affaiblir de jour en jour et raccourcir insidieusement sa vie – ce n’était que justice de l’avis des villageois écœurés par ce bonhomme – il eut peur de mourir sans héritier pour prendre sa succession, insigne déshonneur pour cette vieille famille au sang bleu. Un bâtard ferait bien l’affaire pour remplir le rôle d’héritier, et il fit mander le garçonnet.
Il fallut l’arracher des bras de sa mère, comme autrefois on arracha sa vertu. Hollinder ne put une fois de plus rien faire. Que pouvait bien faire un forgeron face à une dizaine d’hommes en armes ? C’en fut plus que Blandine ne pouvait supporter. Elle n’avait vécu que pour cet enfant finalement. Elle ne dit plus un mot de ce jour-là et s’effaça en silence du monde des vivants. Elle se laissa mourir et laissa Hollinder ruminer ses échecs et son impuissance.
On aurait pu croire que le fils d’Hollinder aurait la belle vie, c’est justement ce qui faisait tenir le forgeron. Mais il mourut jeune, victime d’un complot. Un cousin qui voulait l’héritage, une sombre histoire que je ne conterais pas aujourd’hui.
A la mort de ce fils qu’il aimait toujours, qui était son dernier lien avec l’amour de sa vie, Hollinder s’enfonça dans les bois, il abandonna le commerce des hommes et vécut depuis lors comme un ermite, passant le temps à chasser et à perfectionner sa maîtrise des armes blanches. Si vous êtes une femme éperdue ou un enfant lésé, vous serez bienvenu à sa table, il pourra même vous aider si votre histoire le touche. Mais si vous êtes un riche seigneur, passez votre chemin, il pourrait vous en coûtez bien cher. Car Hollinder est désormais capable de se battre, et la mort, sa compagne, ne l’effraie pas. Il tue tous ceux qui lui rappellent un tant soit peu le seigneur qui brisa sa vie.

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Re: [Défi clos] Défi écriture

le Jeu 11 Juil 2013 - 19:00
Merci Isis. Ton histoire est magnifique, ça m'a fait snif aussi ...
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Margaux
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Re: [Défi clos] Défi écriture

le Ven 12 Juil 2013 - 1:56
Voici ma participation au défi :p

Spoiler:
"Dans des contrées lointaines vivait un homme. Tout le monde connaissait son nom et beaucoup de choses se racontaient sur sa personne. On le disait beau comme un Dieu, laid comme une bête, certains le voyaient comme un génie et d'autres comme un fou aux pouvoirs destructeurs, on en parlait comme le défenseur de la veuve et l'orphelin, d'autres disaient que ses mains étaient couvertes de sang... Mais quel est donc la vérité ? Et bien, je vais vous la conter...

Il avait été l’amour de ma vie .Il s’appelai Haulin. J’étais alors adolescente lorsque je l’ai vu pour la première fois et jamais quelqu’un n’avait attiré tant mon regard. J’étais une jeune femme sans histoire, qui se fondait dans la masse, ne voulant en aucun cas attirer l’attention. Tout l’inverse de lui. Je ne prétends pas qu’il voulait avoir tous les regards braqués sur lui, ni même qu’il appréciait cela mais c’est ce qui se produisait dès qu’il allait quelque part. Il n’était ni beau ni laid, ni un saint ni un démon, ni génie ni fou…Mais il rayonnait. Une lumière incroyable émanait de lui. Tout ce qu’il disait me paraissait vrai. Tout ce qu’il faisait me paraissait juste. Ce n’était pas l’avis de tout le monde, loin de là. Vous connaissez notre société, je n’ai pas besoins de vous la décrire. Dès que quelqu’un sortait de l’ordinaire, il était jugé par tous. Dénigré par tous. Tout ce qui est différent est pour eux mauvais. Je me suis enfuie avec lui le jour de mes 18 ans. Nous nous sommes installés dans un endroit reculé, loin de tout et surtout loin du village ou j’étais née. Mes parents ne me pardonneraient jamais et je le savais. Qu’importe ! Nous étions fous amoureux. Les jours, les mois, les années passèrent… Nous eûmes un petit garçon, Tom. Nous étions profondément heureux. Mais un jour ce ne fut plus le cas.

Un jour, nous étions descendus en ville Tom, lui et moi afin de faire quelques courses. Il avait dû aller dans une boutique de matériel de chasse alors que j’allais avec Tom en direction de l’épicerie. Sur le chemin, les riverains nous jetaient des regards méfiants, méchants ou carrément haineux. Nous n’avions jamais été acceptés, notre histoire se répandant comme une trainée de poudre, se déformant, s’assombrissant. Mais ce jour-là, ce fut pire. Les gens se mirent à nous jeter des pierres. D’abord, un, deux, dix puis une quarantaine de personnes nous agressait. Je criai au secours et me courbait afin de garder Tom sous moi pour le protéger. Nos larmes se mêlaient au sang qui coulait de mes plaies. Haulin finit par sortir, alerté par le bruit. Il se précipita vers nous en chassant les gens autour. Je serai Tom dans mes bras. Nos agresseurs partirent tous sans un mot, sauf un qui continuai. Haulin en vint aux mains avec lui. Je me relevai et regardai la bagarre… Au bout de quelques minutes, notre agresseur tomba par terre dans un gros bruit. Il ne bougeait plus.
-Haulin ! Sanglotai-je
Il me prit dans ses bras avec Tom.
-Tout ira bien, murmura-t-il.
C’est alors que les gardiens de paix arrivèrent. Nous leur expliquâmes maintes et maintes fois l’histoire mais… Ils virent ce qu’ils voulaient voir et entendirent ce qu’ils voulaient entendre. J’étais couverte de sang, Tom pleurait, un cadavre gisait à terre et mon mari avait les mains pleines de sang, mon sang lorsqu’il m’a serré dans ses bras et le sang de l’homme lorsqu’il l’a achevé. Vous devinez sans mal le scénario qu’ils se sont imaginés. Mon mari fut pendu sur la place publique pour agression sur femme et enfant et meurtre. Le crime parfait pour eux qui tenaient tant à se débarrasser de lui.
Aujourd’hui, Tom a grandis, il connait l’histoire et moi aussi. C’est tout ce qui compte. Mon mari a été tué alors qu’il nous a sauvé d’une mort certaine. Je n’ai plus de rage en moi car nous avons eu une vie heureuse tous les trois. Nous n’avons rien à nous reproché. J’ai même de la peine pour eux. Eux, enfermés dans une vision étriquée de la vie, sans joie, sans éclat !

Non, aujourd’hui, je n’ai plus de rage en moi.
Car mon homme est mort en héro.
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Re: [Défi clos] Défi écriture

le Ven 12 Juil 2013 - 16:41
Voilà ma participation.

Spoiler:
"Dans des contrées lointaines vivait un homme. Tout le monde connaissait son nom et beaucoup de choses se racontaient sur sa personne. On le disait beau comme un Dieu, laid comme une bête, certains le voyaient comme un génie et d'autres comme un fou aux pouvoirs destructeurs, on en parlait comme le défenseur de la veuve et l'orphelin, d'autres disaient que ses mains étaient couvertes de sang... Mais quel est donc la vérité ? Et bien, je vais vous la conter..."

Notre triste histoire débute dans la fraîcheur et la brume des larges forêts transylvaines.
Glóin n'était qu'un enfant à cette époque. Il aimait parcourir les vastes étendues ombragées des forêts qui entouraient sa modeste maison et grimper rapidement à travers les dures épines des épicéas avant de se laisser glisser le long de leurs troncs rêches et grisâtres jusqu'à revenir sur le sol. Il quittait sa mère durant plusieurs heures pour aller cueillir des herbes médicinales, celle-ci se rendait à cheval dans les villages les plus proches pour vendre leurs breuvages aux effets curatifs. Une douce odeur sucrée s'échappait souvent de leur petite cheminée en pierre et Glóin adorait remuer les mixtures colorées bouillonnant dans le chaudron en cuivre de sa jeune mère pendant qu'elle lui contait de belles et passionnantes histoires et contes de fées.

Un soir où le ciel était très chargé et l'air glacé, le jeune Glóin s'étonna de ne pas voir sa mère revenir du village de Maleroche. La lune était pleine et plus claire et lumineuse que jamais. Le jeune garçon n'hésita pas à quitter la petite maison fermière pour partir à la recherche de la personne qui comptait le plus à ses yeux, sa tendre mère Eleo. Il glissa ses pieds dans de belles bottes fourrées de laine de mouton et enfila un petit gilet en fourrure de lièvre avant de franchir la large porte en bois qui le protégeait jusque ici du vent qui commençait à souffler.

Le son des brindilles cédant sous ses pas brisait le silence de mort qui pesait dans la forêt.
Les branches remuaient doucement et Glóin peinait à voir ou il allait tant la nuit était épaisse et sombre. Bien qu'il n'en menait pas large, il marchait d'un pas sur, les yeux plissés et la mâchoire serrée. Un son étrange le fit sursauter, des feuilles semblaient remuer derrière lui et un souffle lourd et obstrué se fit entendre. Glóin se retourna rapidement pour faire face à l'imposant buisson et attendis en serrant les poings.

Personne ne sait vraiment ce qu'il c'est passé ensuite, le jeune garçon parla d'une lutte féroce entre lui, le petit homme aux boucles brunes vivant dans la forêt et une bête sauvage jusque ici inconnue de tous. Au petit matin, des amis d'Eleo, tous de modestes chasseurs le retrouvèrent inconscient, allongé sur le bord d'un chemin de terre. Elle leur avait demandé de l'aide en retrouvant le lit de son jeune fils vide. Il demandèrent à l'enfant d'où provenait l'énorme plaie sanglante sur le dessus de son épaule gauche. Il balbutia quelques mots à propos d'un chien gigantesque, aux crocs tranchants comme une hache et aux yeux rouges sangs, exorbités par une rage effrayante. Le pauvre Glóin n'avait pas pu se défendre, il c'était retrouvé complètement écrasé par une masse musculaire impressionnante.

La première pleine lune qui suivit fût la pire de toutes. Glóin se transforma en cette bête immonde pour la première fois et céda à ses pulsions qu'il ne pouvait pour le moment pas contrôler. Il tua sa jeune mère effrayée mais protectrice qui voulu l'empêcher de sortir de la maison. La vision de ce corps inerte au moment de son réveil le mit dans une telle colère et une telle peine qu'il se jura de ne plus jamais se laisser envahir par cette mutation. Cette promesse, il ne put la tenir. Le nombre de morts dans les villages environnant était important mais leur fréquence diminua au fil du temps. Les larmes qu'il versait pour ses victimes se faisaient chacune plus douloureuses les unes que les autres. Tout le monde savait que Glóin était mêlé à tout cela, même si personne ne s'accordait à ce sujet. Il apprit à gérer ses pulsions et à se servir de sa vitesse et de sa force pour faire le bien, les pauvres âmes qu'il secourait vantait ses mérites dès qu'elles en avaient l'occasion. Cependant et bien malheureusement, beaucoup de villageois éprouvaient déjà une haine virulente envers lui.

Cela fait déjà bien longtemps que tous ont oublié son visage, mais personne n'a oublié son histoire.
L'aura mystique qu'il dégage déclenche chez chacun le doute, l'inquiétude, et la fascination..

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