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Daloriia
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Daloriia's Factory

le Dim 12 Oct 2014 - 20:01


Dernière édition par Daloriia le Sam 27 Mai 2017 - 18:15, édité 5 fois
Réputation du message : 100% (2 votes)
Rappel du premier message :


Bonjour Amazienne, Amazien, je suis l'entité Tiplou'( ou Daloriia, mon nouveau pseudo). Je suis une demoiselle de 14 ans qui joue aux Sims depuis mes 7 ans. J'ai enfin passé le pas en créant ma page (contente Linette? :3). Sur la page de la dénommée Linette5, vous aviez déjà vu mes textes, maintenant, je vous propose de voir quelque une de mes créations. D'ailleurs, pour fêter ça, on coupe le gâteau?

Bande de gourmands va:

----~----


Mes textes:

Spoiler:
Impressions
Le vent soufflait paisiblement sur la ville. Il se tortillait entre les immeubles et s’engouffrait dans les grottes, les tunnels, ou encore les hommes.
Le souffle avait un rythme régulier et tout de même, assez lent. Nous avions l’impression que le vent dormait et cela était très agréable, il faut l’avouer. Les oiseaux étaient tous aussi silencieux et résolument calmes devant l’agitation des humains se déplaçant dans les chemins de béton qu’on nommait « trottoirs ».
J’avoue que ce paysage était amusant à contempler. Les travailleurs sortant dans la rue, exprimer leur art, manger un bout dans un restaurant ou rentrer chez soi après les heures supplémentaires, non payées évidemment. Personne ne regardait les arbres, ou respirait l’air pur. Enfin pur… c’est très vite dit. Entre les taxis jaunes poussins qui dévalaient les rues, les bus qui restaient, moteurs allumés, devant les arrêts de bus, en attendant les employés, qui sont d’ailleurs toujours en retard, et les voitures roulant sur le goudron en faisant crisser les pneus. On ne peut pas dire que New York City soit la ville écologique par excellence.
De la vue de mon taudis, je pouvais regarder les habitants débouler aux heures de pointe et voir les nombreux adolescents tagger sur les murs. Les fils à linge couvraient les fenêtres et les quelques terrasses étaient recouvertes de déjections de pigeons. Pour finir, l’atmosphère était lourde et les immeubles aux alentours ressemblaient à d’énormes éponges.
Je tenais dans mes deux mains une tasse jaune contenant un liquide marron et très froid. Je me sentis bien à ce moment précis. Voir l’agitation dans les rues avait l’étrange pouvoir de me calmer et me rendre joyeuse. Mais je revins à la réalité assez brusquement, entre les cris de mes frères et de ma mère s’affairant devant la plaque de cuisson, il n’y avait aucun endroit où le silence et la tranquillité régnaient.
Mon père n’était pas là pour nous éduquer et nous sermonner quand nous faisions une bêtise. C’était frustrant de ne pas le connaitre mais tout ce que ma mère avait bien voulu nous délivrer à l’époque, n’était qu’une vaste phase de recherche. Il était très riche et très beau apparemment. Le terme « riche » m’avait longtemps travaillé, il faut l’avouer.

Elle

Elle regarde autour d’elle. Regarde sa clef en métal, l’insère dans la serrure, tourne deux fois, ouvre la porte, la main sur la poignée et s’enfonce dans son appartement. La femme ferme la porte à clef et se retourne vers le salon. Elle s’écrase sur le sol, dos contre la porte, fourre sa tête dans le creux de ses deux mains et laisse couler de longs filets d’eau noircie par le mascara. La femme en tailleur pleure en silence, sent son cœur s’affoler et respire bruyamment, pour reprendre, finalement, sa respiration. Elle lève la tête, essuie violemment ses larmes puis se relève, main contre la porte, tripotant sa bague. La femme triste enlève ses escarpins, les lance sur le tapis et se dirige vers sa chambre, tout en arrachant son collier de perles et ses cheveux au passage. La demoiselle ouvre la porte, court vers son lit et tombe sur le matelas. Le silence est perturbé par de longs gémissements aigüs, de sanglots et de bruits de mouchoir rencontrant le nez coulant. Elle y passera toute la nuit, à pleurer son amour perdu, sa honte et sa tristesse.

Le lendemain, elle se lèvera, frottera ses yeux douloureux, se dirigera vers la salle de bain, prendra une douche, se maquillera et s’habillera, en tentant d’oublier son désarroi. Elle sait qu’elle le croisera, elle y pensera tout le temps, elle aura peur. Peur de le voir, de l’examiner, de s’approcher de son corps pour lui parler pour que finalement, elle se remette à pleurer. Elle pensera à ses longues soirées avec lui, avec ses amis, rigolant. Pourquoi? La jeune femme ne saura pas. Elle tentera d’oublier l’amour de sa vie, en changeant de vie d’ailleurs. Elle s’exposera aux regards inquiets de ses collègues et de son ex-fiancé qui la regardera d’un air hautain avec sa nouvelle fiancée à ses bras. Elle capitulera et baissera les yeux, les larmes montant. Puis déposera sa démission, dans la matinée, c’était d’ailleurs son ex qui lui avait rédigé « Dans le cas où je te quitte…». Sur le moment, elle était heureuse, mais affreusement inquiète. Comment allait-elle continuer sans lui? Elle quittera les locaux dans l’après-midi, avec l’aide de ses amies. Le regard du sous-chef, autrement dit son ex, sera heureux de la voir partir. La demoiselle au carton sortira, embrassera un à un ses anciens collègues puis entrera dans la voiture pour rentrer chez elle et pleurer jusqu’à l’aube du jour suivant, comme la nuit précédente…

----~----

La Femme:

Participation 1:

Je regarde l’horloge de ma chambre. Elle est blanche et complètement nue. Aucun cadre, aucune photo, juste une télé et une applique murale. Je compte les secondes qui me séparer de mon opération. Je fixe le temps, me battant contre le tic-tac de l’aiguille et attends le docteur gentiment. Vous connaissez l’impression d’oppressèrent dans une pièce? Dites vous que je l’a connais depuis des années. Je me bats contre la mort, continuellement, sans m’arrêter car si je me stop, mon corps lâchera. Cancer un jour, cancer toujours? Non !
Je fouine dans tous les recoins pour trouver une lueur d’espoir, un pincement de force, pour me battre, encore et encore. Je vous le dis clairement, je me battrai jusqu’à la fin de tout. Cette opération est ma bataille et je guérirai bien un jour, peut-être.
Vous pensez que j’emplois souvent le verbe « se battre »? Effectivement, je le fais mais comment feriez vous autrement? Je me bats contre moi-même et bien plus encore. Je ne cherche pas forcement la guérison, non, je cherche une fin mémorable et magnifique. Pas une fin dans un bloc opératoire ou dans un lit hôpital, une fin sur le champs de guerre, remplie d’honneur et de bravoure, pour avoir trouver la force d’en finir avec ce parasite.
Evidemment, ce ne sont que des rêves irréels mais qui me donne du courage et tout ce qu’il y a de bien sur cette Terre. J’entends un tournement de poignée, une porte s’ouvre. En réalité, il s’agit de ma porte blanche comme le reste. Le médecin arrive.
Je vais m’en sortir glorieuse… Je vous le promets…

Participation 2:

Je ressens une grosse pression dans ma poitrine, une douleur foudroyante de stress qui me comprime. J’ai peur du résultat. Quelques secondes encore à attendre, elles sont affreusement longues… Puis soudain, le résultat s’affiche sur le test. Il est positif.
Positif… Je suis enceinte.
A 16 ans. 
Une larme coule le long de ma pommette pour finir sa course sur mon menton. Je laisse tomber le test de grossesse sur le lavabo et entre dans ma chambre. Il ne se passe rien, aucun bruit dans la pièce. Une seconde larme slalome entre mes pores, pour finalement se multiplier. Je pense à Matthieu, il va me laisser avec un marmot sur le dos. Et ma famille? Comment vont-ils réagir? Je me vois déjà à la rue, avec la honte d'être déjà mère si tôt. Je serai reniée par mon père, lorsque je lui apprendrai la nouvelle. Je ne pourrai pas avoir mon BAC, douée comme je suis au lycée. Ma voix tressaute un peu et quelques sanglots s ‘échappent.
Je pourrai avorter. Mais ce serai tuer un être humain, non, c’est une mauvaise idée… Je pourrai le garder en espérant me faire accepter… Avoir à prendre des décisions très importantes quand on est immature, cela revient à une division par zéro. 
Je devrais en parler avec Matthieu, le père… 
Je m’inquiète pour mon avenir…

----~----

Halloween et Portraits:
Spoiler:









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Déco & Co

Pennie et Jack habitent ensemble depuis 2 ans. Ils aiment la saleté, l'art et ont une grande passion pour l’accumulation d’objets qu'ils pourraient vendre ou utiliser. Ce couple veut se marier et avoir des enfants, encore faudrait-il qu'ils sortent de leur style de vie étudiant.

Spoiler:































Bonne journée/soirée !

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Re: Daloriia's Factory

le Mer 6 Juil 2016 - 17:00
@Daloriia a écrit:Les petites sont encore des enfants mais je sais qu'elles deviennent canons en vieillissant
Du coup les ados que tu nous présentent ce n'étaient pas elles ?

Le deisgn de ton tumblr est joli comme tout. Ce rose te correspond bien. émue

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Re: Daloriia's Factory

le Mer 6 Juil 2016 - 18:29
C'était Aimée, la maman de Irys, le bambin en robe rose, l'autre bambin qui a des lunettes dans la phrase enfant, c'est Taya, la fille de la demi sœur de Aimée, Louisiana (l'héritière de mon legacy) .

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Re: Daloriia's Factory

le Lun 25 Juil 2016 - 22:12
2150: Destruction

Tiens, tiens... Cela ressemble étrangement à un thème des battles... Mmh... Mais oui ! C'est parce que c'est un thème! Bon, le texte que j'avais donné m'a plu, du coup, c'est devenu un synopsis que j'ai réarrangé. Bref, voici le synopsis que certains ont déjà lu mais avec la modification de 2 mots et le prologue! Bonne lecture!

Synopsis ou Description:
Une brise toxique se balade entre les immeubles abandonnés. Les plantes et la poussière ont envahi les lieux. Sur le macadam détruit, les carcasses de voitures se sont mises à rouiller. Une feuille de papier flotte grâce au vent, elle frotte la route, rebondissant comme une balle, se mélangeant avec les feuilles des branches d'arbres. Sur ce papier, légèrement froissé et jauni, quelques mots sont imprimés.

Taya, enveloppée par un foulard et un masque sur le visage, reste assise sur le goudron. Elle observe la nature reprendre sa place. Il n'y a plus une âme qui vive ici. Le papier imprimé vole entre les buildings et atterrit juste en face d'elle. Taya sait d'avance ce qu'il y a écrit dessus.

"Save us.

Lexington Ave
2150"

Sur ces feuilles, il y a toujours le même message, l'adresse change à chaque fois et la date est fixe. Ce sont les appels à l'aide qu'ont envoyé lorsque les humains se sont rendus compte que la Terre allait les détruire.

Comment est-ce possible que Taya soit encore en vie? Sincèrement, personne ne sait. Elle-même non plus. Mais quelque chose a changé son physique, développé ses sens. Cela fait 2 ans que la Destruction a eu lieu.

Nous sommes en 2152, et la Terre n'est plus celle que nous connaissions.

Prologue:
-Taya ! Taya ! Réveilles-toi ! Je t'en supplie !

Des cris me vrillent les tympans, me tirant malgré moi de mon sommeil. Putain, mais qu'est-ce qu'il se passe pour qu'on vienne me réveiller ?

-Taya ! L'individu qui me secoue a une voix féminine, je sais d'avance qui cela peut bien être.

-Quoi? J'ouvre mes yeux collés par mon sommeil et baille. Retournes te coucher Maddie...

-Taya, j'ai entendu un bruit dehors, s'il te plaît, va voir, ça me fais peur... Maddie semble apeurée.

-Bon. Très bien, si ça peut te rassurer et me laisser dormir... Je pose mes pieds sur le sol en bois de notre chambre commune et me lève en me frottant les yeux.

Je descends les escaliers pour aller dans le rez-de-chaussée puis regarde par la fenêtre. Il fait nuit noire dehors et pas un chat ne s'aventure. C'est très bizarre. Le chat de la voisine se balade toujours dans la nuit, en faisant des allé retour dans la rue. Cependant, il n'y a pas de bruit et je pense que Maddie a juste fait ça pour me faire chier... Je remonte doucement et ouvre la porte de la chambre.

-Maddie, la prochaine fois, évites de me réveiller en pleine nuit pour rien sérieux ! C'est abusé la...

-Mais j'ai vraiment entendu un truc... Elle affiche une mine triste et se rallonge sur son matelas.

Je souris et m'assois à côté d'elle. Malgré le peu de lumière, je peux distinguer nettement son visage dans le noir. Ses petites boucles brunes s'étalent en cercle sur sa taie d'oreiller. Je prends sa couverture et la borde tranquillement.

-Ne t'inquiètes pas, il n'y a rien petite sœur. Rendors toi doucement. Elle clôt ses yeux bruns et place ses mains contre sa joue jouxtant à son oreiller rose perle.

-Merci Taya, bonne nuit... Ma petite sœur de 10 ans baille puis se rendort. Je me penche sur elle pour lui déposer un tendre baiser sur le front.

Je rentre dans mon lit et me tourne vers le mur, en tentant de me rendormir. Mais quelque chose me tracasse... Il y a un truc qui se trame... J'arrive cependant à me rendormir, le sommeil l'emportant sur mon questionnement.

Plus rien ne pourra me réveiller avant demain matin. Rien.

---

-Taya ! Le bruit est revenu ! Il est plus fort, plus proche ! J'ai peur ! Fait Maddie, me secouant de toutes ses forces.

-Bon ! Maddie, c'est plus drôle là ! Retournes dans to-...

C'est à ce moment-là que j'entends le bruit. Il est horrible, sonore et brutal. On dirait une explosion ou des tirs... J'entends des pas lourds dans les escaliers, trop lourds pour que ce ne soit qu'une personne. Il monte rapidement.

-Maddie, cours te cacher dans la cabane, je te rejoins dans quelques instants. Vite ! Je la regarde et ouvre la fenêtre.

-Je t'aime Taya ! Elle sort de la pièce rapidement et je la vois courir dans le jardin, après avoir sauter du toit de la véranda.

-Je t'aime aussi petite sœur... Je murmure ses mots et referme la fenêtre.

Soudain, la porte de la chambre s'ouvre et plusieurs personnes habillées tout en noir rentrent dans la pièce, une arme à la main. J'ai à peine le temps de me retourner vers la fenêtre que je sens une déchirure au niveau de la jambe gauche. Je hurle de douleur et m'effondre au sol. Mes forces me quittent lentement et j'ai juste le temps d'entendre une phrase.

"-Sujet 234 hors d'état de nuire, rapatriement à la base. Fouillez la maison et le jardin pour trouver Sujet 235."

Et tout mon espace devient noir, comme si je tombais dans un puis sans fin.

---
Deux ans plus tard

Je sens des fourmillements dans mes doigts et mes jambes. Je me sens si loin de tout, comme si j'étais fatiguée rien que de me réveiller. Je me lance dans l'action de bouger un doigt, en espérant qu'il réagisse. Je le sens se lever pour retomber lourdement. J'entends des bipes continus autour de moi et une femme qui écrit avec un stylo très sec sur un carnet. Je tente de tourner la tête malgré l'engourdissement qui prend tout mon corps et ouvre mes yeux doucement.

Toute la salle est blanche, une femme écrit bien sur un calepin, et lance quelques fois des regards sur les machines qui m'entourent. Il y a pratiquement aucunes stimulations visuelles, juste le blanc qui domine. Toute cette uniformité me donne mal aux yeux. Un peu trop d'ailleurs puisque je les referme quelques secondes pour les reposer. Je l'entends vaguement marmonner dans son coin.

Le noir m'apaise malgré les halos lumineux qui se baladent dans mon champ de vision. J'ai mal aux poumons, comme s'ils étaient congestionnés ou que j'avais couru pendant des heures. Non, pas des heures... Des jours sans doute.

-Ma...ddie... Je souffle presque silencieusement son prénom et rouvre un peu mes paupières, laissant un mince faisceau lumineux rencontrer ma rétine.

D'une traite, la femme en blanc, comme la salle, évidemment , lève son regard vers moi et m'offre un magnifique regard d'étonnement. Ce genre de regard qui veut dire "Oh mon dieu, il y a un truc qui se passe". Elle semble stupéfaite et appuie rapidement sur un bouton rouge qui contraste avec la pièce. J'entends distinctement ses paroles cette fois-ci.

-Docteur Gibson ! Le Sujet 234 vient de se réveiller !

Elle se tourne vers moi, dégaine une seringue et se rapproche de moi.

-Bienvenue parmi nous, Sujet 234, nous sommes en 2152 et la Terre n'est plus celle que vous connaissiez. Elle sourit et regarde mon bras droit. Ne vous inquiétez pas, cela ne va pas faire mal. Nous sommes très fiers de vous, Sujet 234, vous êtes dans le salut de notre nation.

Le salut de notre nation?

Elle plante son aiguille dans ma chair, expulsé son produit et retire la seringue de mon avant-bras pour la poser sur un petit plateau qui jouxte mon oreille droite. La femme rejoint la porte, s'arrête pour me regarder et sort son plus beau sourire puis dit:

-Bravo Sujet 234. Vous avez survécu à la Destruction.


Bonne journée/soirée !

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Re: Daloriia's Factory

le Mar 26 Juil 2016 - 18:34
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Oh, quel texte ! Bon, tu nous fait lire le bouquin qui vient à la suite ? Wink
Franchement, j'adore. C'est le style de texte qui me donne vraiment envie de ne pas éteindre la lumière, de continuer la lecture, d'y passer toute la nuit. Si tu es inspirée, je t'en prie, continue. Tu auras au moins une lectrice Smile

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Re: Daloriia's Factory

le Mar 26 Juil 2016 - 19:25
Je trouve ça super que tu aies continué le texte avec le potentiel qu'il avait.
J'accroche complètement à ce début et j'en veux plus.

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Re: Daloriia's Factory

le Mer 27 Juil 2016 - 22:33
Merci les filles ! C'est tellement gentil de recevoir des messages de ce genre ! ♥

Chapitre 1 !

Pas d'intro ! Directement le texte ! GOOOOO ! (enfin si, si vous voulez lire les chapitres avant de les trouver ici, c'est sur mon Wattpad que ça se passe). Bonne lecture !

lien: https://www.wattpad.com/user/Daloriia

Chapitre 1:
La Destruction? Mais c'est quoi ce délire?

Je suis seule, à présent, dans la pièce aseptisée. Les bruits des machines m'explosent les tympans par leur véracité. Rapidement après avoir reçu l'injection du produit rouge dans mon corps, je sens mes membres s'allègent. J'arrive à faire bouger mes doigts puis mes mains et enfin mes pieds. Toutes les parties de mon corps sont enfin réveillées, sauf ma cuisse gauche, qui daigne me répondre correctement puisque je sens une petite douleur, là où je pense avoir reçu une balle.

Soudain, je me mets à entendre deux voix lointaines qui se rapprochent de moi. Je sens comme des vibrations qui me parcourent l'échine à chaque pas qui pose sur le sol.

-Docteur Gibson ! C'est un miracle ! Une miraculée ! C'est elle ! S'écrit la voix de la femme qui doit être une infirmière particulièrement excitée par mon réveil, visiblement.

-C'est une bonne nouvelle Miss Buckley, le docteur est localisé derrière la porte, main sur la poignée, je peux sentir la pression de ses doigts au niveau du creux de mon ventre. Pouvez-vous nous laisser un moment seuls, Miss Buckley ? Je dois m'entretenir avec Sujet 234 et c'est un peu compliqué d'expliquer 2 ans de trou mémoriel.

J'entends le mécanisme de la poignée s'enclencher et les pas de Miss Buckley qui s'éloignent. L'homme qui rendre est lui aussi vêtu tout en blanc. Il semble avoir l'âge de mon père et souris très discrètement en comparaison à l'infirmière.

-Sujet 234... Quel plaisir de vous rencontrer enfin ! C'est moi qui me suis occupé personnellement de vous durant ces deux dernières années. Je sens que vous avez beaucoup de questions mais économisez-vous pour la suite. D'accord? J'acquiesce. Bien. D'abord, commençons par le commencement, voulez-vous ?

Je tente de m'asseoir sur le lit, avec peu de succès, et fixe le vieil homme qui regarde un panneau où semble inscrit des informations de santé.

-Maddie... Où est Maddie ? Je souffle tellement la pression dans ma poitrine est grande. Où... Est... Ma... Sœur...?

Le docteur se tourne vers moi et prend une chaise qui traîne dans un coin de la pièce sans détourner son regard de moi. Il pouffe doucement et s'assoit lourdement sur l'assise après l'avoir placé.

-Maddie? Sujet 235 vous voulez dire? Ah... Figurez-vous que nous ne l'avons jamais retrouvé. Elle doit être morte à l'heure où je vous parle. Il rigole doucement et sourit puis reprend. C'est bien dommage, elle aurait fait un parfait élément ici. C'est bien notre vaine de ne pas l'avoir trouvé ce soir de juillet.

Morte ? Impossible.

-Malheureusement, c'est la vie mais la CAD vous a sauvée et vous pouvez la remercier à présent Sujet 234. Ne faites pas cette mine voyons ! Vous auriez pu mourir avec les autres là-bas. C'est une chance d'être ici.

-C...A...D ?

-Le Centre d'Après Destruction, l'endroit où nous sommes actuellement. Ce n'est pas excitant d'être alors que plus rien ne vit en haut? Il tape dans ses mains joyeusement puis les repose sur les accoudoirs, clôturant son excès de joie.

Il tend sa main vers le petit plateau et prend une seringue similaire à la précédente, sauf que la couleur du liquide est orange au lieu de rouge. Il appuie dessus et me lance un regard.

-Voici quelque chose qui vous aidera à reprendre vos capacités physiques plus rapidement. La rouge était pour stimuler votre mental, vous comprendrez vite que des choses ont changé en vous. Vous devez d'ailleurs le sentir déjà Sujet 234, non? Sur ces paroles, il la plante dans mon bras, me surprenant du même coup.

Je réussis à contenir un cri. J'ai toujours détesté les médecins et les piqûres. C'est simple, à chaque rappel de vaccin scolaire, je trouvais un moyen pour échapper à ce mauvais moment. Activer l'alarme incendie. Prétexter un projet à rendre pour l'école. Bref, je tentais tout pour éviter ça. Malheureusement, je ne peux pas faire grand chose actuellement à part me retenir de hurler.

Il repose son outil de malheur puis se rassois sur son siège.

-Quand je serai sorti d'ici, vos fonctions motrices vont revenir d'un coup seul. Vous risquez d'avoir un peu mal, mais c'est la procédure, ne vous inquiétez pas Sujet 234.

-Taya... C'est Taya... Pas Sujet 234...

-Ma pauvre enfant. Votre prénom ne vous appartient plus à présent. Il se penche vers moi et prend ma main que je retire aussitôt. Il semble amusé de ma réaction. Vous êtes Sujet 234, enfant du bunker 10.

-Quoi? Excusez moi Docteur Gibson... Mais, c'est quoi cette histoire? Je sens un regain de force qui me traverse de part en part, m'arrachant un hurlement et me faisant arqué le dos violemment.

Dr Gibson ne bouge pas d'un cil devant ma torture qui me fait si mal. Cependant je le vois un peu surpris.

-Hé bien. C'est bien la première fois que cela se produit si vite et si fort. Il reprend son air joyeux puis se lève. Vous êtes très spéciale Sujet 234, je sens que des choses vont changer maintenant... Docteur Gibson se dirige vers la porte puis l'ouvre. Beaucoup de choses... Il sort, me laissant souffrir le martyr.

Mais c'est quoi ce bordel...

---

Une heure plus tard

L'heure qui suit ma conversation énigmatique avec docteur Gibson se déroule dans la douleur et les hurlements. Je crois que je n'ai jamais d'autant souffert de toute ma vie. Heureusement pour moi.

Je transpire de toutes mes pores maintenant. Je sens les gouttes de sueur qui roulent sous mon dos. C'est très désagréable comme sensation. J'ai besoin de sortir de cette salle, le blanc opaque de la pièce commence à sérieusement me taper sur le système.

Je commence à me relever sur le lit, position assise sur le matelas. Il est clair que mes forces sont revenues d'un coup d'un seul. J'ai encore des points de douleur au niveau des lombaires mais je pense que rester allongée pendant deux ans ne pas beaucoup aidée.

Mes mains agissent en solo, projetant la couverture de l'autre côté de la pièce. Il me faut sortir d'ici cependant le premier contact avec le sol me stresse.

Mon doigt de pied reste bloquée à quelques millimètres du carrelage.

Courage. Poses ton foutu doigt de pied, tu ne vas pas mourir.

J'expire un bon coup, ferme mes yeux et fronce les sourcils quand je touche le Saint Grââl sol. Je sens une légère vibration dans le dos mais ne me pose pas de question. Il faut faire vite et je pose mes pieds contre le carrelage froid et me lève, les jambes tremblantes.

Je suis debout mais je me retrouve au sol directement. Les vibrations sont trop fortes ! Beaucoup trop fortes ! J'appelle à l'aide mais rien...

Il faut que j'appuie sur le bouton rouge, je me penche vers le murs mais les spasmes sont trop importants. Je ne suis plus qu'à quelques centimètres alors je me traîne sur le sol. Plus que quelques millimètres et enfin... Je presse le bouton et m'écrase sur le sol, toutes les parcelles de ma peau tremblant.

Des pas se précipitent dans les couloirs, je sens les pieds martelés mon corps. Quelle horrible sensation !

La personne qui ouvre la porte n'est autre que docteur Gibson, l'air inquiet.

-Sujet 234 à terre, besoin de renfort ! Cris-t-il aux autres accompagnateurs. Il s'approche rapidement de moi, attrape la dernière seringue au liquide jaune et me la plante dans ma jambe.

Je sens que le poids de la fatigue reprend le dessus et mes yeux papillonnent dans tous les sens. Je ne contrôle plus rien et sombre.

---

"-Taya? Taya? Où es-tu? Je suis seule ! Aides moi ! cris la voix de Maddie qui s'éloigne de plus en plus...

-Maddie ! Je suis là ! J'arrive ! Ne pars pas !"


Je me réveille violemment, le front en sueur, les mains sur le matelas. Je sens que mes joues sont bloquées, les larmes ont du sécher.

-Sujet 234? Allez-vous bien?

Je tourne ma tête vers la voix mais il n'y personne à part moi dans la pièce. Je ne reconnais pas l'endroit stérile où j'étais. La pièce ressemble à une chambre d'hôpital où il n'y a pas de fleurs, ni de fenêtre.

-Qui me parle?

-Je suis le docteur Gibson, je vous ai retrouvé par terre, en pleine convulsion ! Il fallait attendre avant de vous lever, bon sang ! Vous auriez pu mourir ! Il doit être en colère d'après la voix synthétique qui s'échappe de l'enceinte que je n'avais pas vu apparemment.

-Mais, pourquoi? Je n'ai jamais ressenti ça avant... Je porte ma main à mon cou, le frottant longuement.

Il soupire dans son micro.

-Vous vous souvenez quand je vous ai dis que des changements allaient se faire en vous et que vous deviez déjà le sentir, n'est-ce pas? Et bien voici un de ses changements notables.

-Un des changements? Vous voulez dire qu'il y en a d'autres? Je scrute la pièce dans son entièreté. Je suis la seule à subir ça?

-Non Sujet 234. Environ mille personnes vivent cette expérience dans le monde. Mais vous êtes la seule à réagir de cette façon... Je ne peux pas l'expliquer cependant, vous avez quelque chose en plus et je suis plutôt content que se soit moi, votre docteur attitré. Je le sens sourire.

-Donc, vous êtes en train de me dire que mille personnes sont dans la même situation que moi actuellement et que je suis l'unique "sujet" qui subisse ce qui vient de m'arriver? Je fais une pause pour réfléchir. Mais vous êtes des grands malades ! Libérez moi !

Je vais pour sortir de mon lit quand j'entends un claquement de langue.

-Je ne ferai pas ça si j'étais vous, Sujet 234.

-Et pourquoi ça? Je réponds au tac au tac. Je ne suis plus une gamine.

-Vous ne savez pas gérer vos nouvelles aptitudes pour le moment, donc je vous conseille d'attendre votre dernière injection avant de tenter quoi que se soit.

Il fait une pause, je regagne mon lit malgré moi.

-Bien. Vous êtes quelqu'un d'intelligent Sujet 234. Maintenant, Miss Buckley va arriver avec ce qui va vous rendre votre liberté puis elle vous dirigera vers la salle générale pour recevoir une explication en bonne et due forme. A bientôt Sujet 234.

J'entends le micro se couper et je me retrouve seule, une fois de plus, les jambes repliées contre moi. Cela devient usant sincèrement...

Mais ma solitude est courte puisque l'infirmière arrive en deux foulées dans ma chambre. Elle me rejoint, souris en me scrutant puis prépare mon bras.

-Et dire que c'est vous. Je suis agréablement surprise Sujet 234... Elle presse le poussoir puis me regarde. Allez, ce n'est qu'un mauvais moment à passer.

Ouais. C'est ça. Juste un mauvais moment à passer.

Je ne sens même pas la piqûre de l'aiguille. C'est là qu'est le vrai miracle.

-C'est fini Sujet 234. Vous allez attendre peu de temps avant de pouvoir vous levez. Je vais rester ici pour vous accompagner quand l'injection aura fini de faire effet.

-Pourquoi? Je fixe la seringue.

-C'est simple. Quand on revient de cette période de stagnation, vos capacités sont au repos, du moins, c'est l'effet que produit la balle que vous avez reçue. Après votre réveil, vous recevez un liquide rouge qui réactive vos fonctions mentales. Ensuite, la orange vous aide à retrouver les fonctions physiques. La jaune, c'est pour les situations de spasme, comme vous. Elle est pratiquement jamais utilisée. Et enfin, la verte. La plus importante. Elle permet de réguler vos nouvelles aptitudes.

-Du genre, les vibrations?

-Exact. On vous le fera tous les jours pendant deux mois. Le temps que vous appreniez à gérer tout ça. Elle me pointe vaguement avec sa main.

-Je dois attendre combien de temps?

Elle regarde une espèce d'horloge murale que je n'arrive pas à distinguer.

-Comme votre métabolisme est rapide et violent, le produit devrait mettre deux fois moins de temps... Elle jette un coup d'œil sur son Nanopad et sourit de plus belle. D'ailleurs, c'est bon. Miss Buckley me rejoint et m'aide à me lever.

Le nouveau contact avec le sol est plus facile, je sens moins de vibrations et cela me fait beaucoup de bien. Je soupire de soulagement assez bruyamment, ce qui fait rire l'infirmière, et réponds enfin à son sourire tandis qu'elle m'aide à tenir debout.

-Merci Miss Buckley. Vous devez être quelqu'un de bien.

Elle tente d'échapper à mon regard, mal à l'aise.

-Je ne suis pas censée recevoir des compliments Sujet 234 mais je vous remercie, c'est la procédure habituelle pourtant... Allons vous changer, la tenue des patients n'est pas très présentable, non?

Je regarde ma tenue, simple blouse blanche. En effet, c'est pas terrible.

-Soit. Il est temps que je quitte cet endroit.

Sur ce, nous nous avançons hors de la pièce mais elle se stoppe devant la sortie. Miss Buckley se retourne vers moi.

-Quand vous passerez cette porte, vous allez découvrir un monde nouveau. Êtes-vous prête... Taya?

Je la regarde profondément et...

-Oui. Je suis prête.


Bonne journée/soirée !

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Re: Daloriia's Factory

le Mer 27 Juil 2016 - 22:54
Hmmm, encore un bon texte, Daloriia. En plus, tu sais où et quand t'arrêter pour laisser le maximum de suspense ! En tout cas, j'adore !

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Re: Daloriia's Factory

le Ven 29 Juil 2016 - 15:27
Une suite sympatoche mais j'attends dé découvrir le nouveau monde.
Par contre j'ai une question: Taya ne s’inquiète pas pour ses parents ? A moins qu'elle soit orpheline je veux dire avant la destruction) ?

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Je suis géniale et Moshine est mon esclave:



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Daloriia
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Re: Daloriia's Factory

le Ven 26 Aoû 2016 - 22:00
Merci ! Ça arrive pour les parents, ne t'inquiètes pas Lady :p .

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PAS D'INTRO

Les italics, bolds et centers seront mis plus tard pour les chapitres des posts suivants.

Des Photos d'Italie:









Le Réveil de la Sirène:
Le Réveil de la Sirène



"Les yeux clôt, elle est bercée par les vents marins. Elle dort, repliée sur elle-même, sa nageoire frappant les coraux en rythme avec les poissons. Mais son corps se relâche et elle est poussée hors de sa maison, traversant la falaise des âmes perdues."

Son réveil est violent. Son corps est allongé contre la terre granuleuse. Ma peau est mouillée par la pluie polluée qui s'abat sur elle. Ses yeux toujours fermés, elle les ouvre par quelques instants. La vision qui s'offre à elle est effroyable. Elle se relève doucement et regarde le paysage effroyable qui s'offre à elle. L'espace qui l'entoure n'est pas son océan, elle voit le ciel bleu, certes, mais les bâtiments sont détruits. Mère Nature a tout écrasé, reprenant ce qui lui appartient. Elle pleure en silence, les gouttes de pluie glissant le loin de son dos. Soudain, elle se tourne et fixe sa nageoire. Du moins, ces nouvelles appendices.

Un hurlement se fait alors entendre. Les vagues, qui étaient jusque là, calmes, commencent à s'écraser violemment sur la falaise. L'océan qui l'entoure se met à gronder au même rythme que la terreur qui la ronge.

-Pourquoi ? Père ? Cris-t-elle, se traînant sur le sol boueux.

Elle se sent abandonnée, trahi par sa famille.

A moins qu'elle est trahie sa maison.

Elle recherche le pardon, sous les traits humains.

-Pardonnes moi, père...

Et elle pleura, déversant un fleuve, reste de son passé de sirène, disparue.

La Piscine:







Les textes sont dans les posts suivants mais --> https://www.wattpad.com/user/Daloriia pour les avoir en avance !

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Re: Daloriia's Factory

le Ven 26 Aoû 2016 - 22:02
Les Chapitres 2,3,4 et 5 de 2150


Chapitre 2:
-Voici vos tenues d'entrainement, votre badge d'accès aux différentes branches du bunker et vos draps. Rebienvenue parmi nous, Sujet 234. Dit la voix synthétique de la personne qui parle dans son micro.

Deux tas de tissus font face à moi, le fameux badge posé sur une des deux piles. Je soupire et attrape les vêtements pour les enfiler rapidement dans un vestiaire plus que vétuste.

-Sujet 234? Vous êtes prête? Le temps presse et je dois encore vous amener à votre chambre.

Je sors de la "cabine" et plie la blouse que je portais précédemment. N'ayant aucun moyen de me relever les cheveux, qui ont, soi disant passant, énormément poussé, je me retrouve à les ramener devant ce qui me déplaît fortement.

Attends. C'est moi qui parle de cheveux alors qu'il y a à peine un jour j'étais un profond coma qui a duré deux ans?

-Je crois c'est bon. Je croise mes bras contre mon abdomen et baisse la tête.

Miss Buckley tape joyeusement dans ses mains et prend le badge pour me le glisser dans ma poche.

-N'oubliez pas ça Sujet 234, ce serait bête de ne pas pouvoir rentrer chez soi. Non?

Tu m'étonnes. Je me souviens d'une fois, j'avais l'âge de Maddie... Mais...

-Miss Buckley? Quel jour sommes nous?

-Le 10 novembre 2152, il est onze heures environ, elle regarde son Nanopad et hoche la tête, c'est ça.

Maddie doit avoir treize ans à présent. Je suis déçue d'avoir loupé trois anniversaires... Enfin, si elle est toujours vivante...

L'infirmière pose une main sur mon épaule me la tapote légèrement.

-Je suis désolée pour...

Je la retire et prends mes draps. Ainsi, je me dirige vers la sortie puis me retourne vers elle, l'air décidé.

-Je n'ai pas besoin de soutien. Allons y, je veux savoir ce qui est arrivé après mon... Enlèvement. J'appuie sur le dernier mot puis sors.

Tandis que je commence à marcher dans le couloir, je sens qu'il n'y a aucune vibration de la part de Miss B. Je retourne vers le vestiaire et m'arrête devant elle, stoïque.

-Alors? Vous venez?

La jeune femme blonde sort de sa "transe" et se réveille enfin. Elle toussote.

-Hum, hum... Evidemment.

Elle emboîte ma marche et me dirige à travers les couloirs.

---

-Nous y sommes, vous n'avez qu'à prendre votre badge qui fait office de clef et le poser sur le détecteur, ici. Elle montre l'emplacement. Je vous attends ici, je n'ai pas le droit de rentrer dans cette zone sans accord.

-Et si je vous donne mon accord, vous pouvez venir m'aider? Je lance un espèce de sourire taquin.

Elle glousse un peu.

-Non Ta... Sujet 234, ça ne marche pas comme ça. Un léger sourire se dessine sur son visage. Mais j'avoue que cela me plairait d'avoir plus de droit. Elle chuchote la dernière phrase, comme si elle se sentait écouter.

-Je comprends... Changeons de sujet ! Cette chambre est...

C'est à ce moment-là que j'entre dans l'espace qui m'est dédié. C'est une réplique de ma chambre chez moi. Tout ce que j'avais laissé il y a deux ans de cela est dans la même position. Seule ombre au tableau, le lit de Maddie n'est plus là. Il est remplacé par un bureau.

-Ça va aller Sujet 234? Elle semble inquiète de ma réaction.

-Ça ira... Je dépose les draps négligemment sur le lit et sors illico de la pièce, trop de mauvais souvenirs. Et de bons avec ma famille. Qui n'est, sans doute, plus.

Le Nanopad de Miss Buckley sonne.

-Je crois qu'il est temps de vous accompagner à la salle générale. Vous devez être présentée aux autres sujets. Elle part en trombe, moi sur ses talons. Nous sommes en retard.

-Miss Buckley?

-Oui Sujet 234?

-Quel est votre prénom?

-Je n'ai pas le droit de vous le dire. Ne me mettez pas en mauvaise posture !

-Attendez... Je fais une pause le temps de réfléchir. Je dirais Mary. Mary Buckley. C'est ça?

Silence.

-Je dois avoir raison si j'en crois votre silence et le soubresaut de vos épaules quand j'ai prononcé le prénom Mary.

-Vous voyez pourquoi vous êtes différente Sujet 234? Vous avez de grandes capacités alors que votre entrainement n'a même pas encore commencé. Elle reprend sa course rapidement.

Le reste de notre trajet se fait en silence tandis que Mary joue avec son Nanopad. Personnellement, j'observe les couloirs, cherchant des indices sur le lieu où nous sommes. Albuquerque? Washington DC? Seattle? Miami?

Mais mes pensées sont automatiquement arrêtées quand des vibrations violentes m'arrachent un petit cri. Mary se retourne immédiatement vers moi et sort un médicament d'une petite boite.

-Il y a beaucoup de sujet dans les prochaines salles. C'est normal de ressentir ça. Avalez ça Sujet 234.

Je prends le comprimé qu'elle me tend et l'avale aussi sec. Les effets ne se font pas attendre puisque la pression, qui s'exerçait dans mon dos, disparaît rapidement.

-Merci.

-Bon, voici la fin de mon trajet. Je dois vous laisser ici. Ecoutez-moi bien. Vous prendrez le premier couloir à droite puis vous ouvrez la porte de gauche. Vous tomberez sur une salle avec deux gardes. Ils vous demanderont votre identité. Vous avez le choix entre deux possibilités. Soit vous donnez votre matricule qui est le suivant. Elle me passe une carte avec des informations sur moi. Soit vous dites que vous êtes la dernière. Les gardes comprendront. Je ne vous retiens pas plus longtemps Sujet 234. Elle se retourne et commence à s'éloigner.

-Vous reverrai-je, Mary?

-Oui, demain matin. Sur ce, bonne journée... Elle se stoppe. Taya.

-Merci Mary. A de-...

Mais elle disparaît avant que je puisse finir ma phrase.

Génial.

1er couloir à droite. Porte gauche. Gardes. C'est retenu.

---

La porte qui me fait face est mon ouverture pour découvrir ce qui s'est passé. Mais quelque chose me retient d'activer la poignée. Cela fait bien une minute que je bloque, la main à 5 centimètres de la prochaine salle avec les deux fameux gardes. J'inspire, actionne la porte puis rentre dans la pièce où, effectivement, deux gorilles gardent l'entrée. Un est blond tandis que l'autre est roux mais ils ont tout deux fait de la gonflette.

-Déclinez votre identité. Dit celui de droite.

Je sors alors mon matricule de ma poche et n'arrive pas à déchiffrer. Bon, on va faire autrement.

-Je suis la dernière. J'essaie de prendre un ton solennel mais si je sens que mon angoisse monte d'un pallier.

Les deux hommes sont manifestement surpris et jouent au ping-pong en se regardant mutuellement puis en me fixant. Par intervalles réguliers.

Ils restent un certain temps à loucher sur moi puis me laisse entrer. Je sens leur regard sur mon derrière quand je passe devant eux pour entrer.

-Je vous sens les mecs. Arrêtez, c'est gênant. Puis je continue de m'éloigner d'eux, entendant une conversation salace entre les deux personnages. Je glousse légèrement quand je les entends se disputer sur moi. C'est assez comique.

Mais mon rire se stoppe rapidement quand j'arrive devant une pièce fermée dont toutes les cloisons sont en verre. Je frappe doucement sur une d'elles puis attends que les quelques personnes qui occupe cet espèce de salon de réunion se tournent vers moi.

A travers le mur de verre, qui, au touché et au son, est renforcé et doublé pour que personne ne puisse entendre, je crois entendre une conversation très lointaine.

-Je crois...personne qui nous...correction. Je distingue que quelques brides de langage.

-...234...viens d'apprendre...réveil. C'est un homme brun rasé de près qui se tourne en premier vers moi. Vêtu d'un tuxedo, il semble être prêt pour une grande soirée. Il doit avoir une quarantaine d'années mais la lumière de la salle le vieillît. Ouvrez...

Je pose mes doigts contre le verre et appuie sur celui-ci. Une espèce de porte coulissante se met à glisser silencieusement, ce qui a le don de me surprendre, et je retrouve l'entièreté de mon audition.

-Sujet 234. Nous vous attendions depuis longtemps. Il a un ton respectueux comme si j'étais quelqu'un de très important.

La seconde personne qui l'accompagne doit avoir environ le même âge mais diffère par sa prestance et ses vêtements militaires. J'ai une impression de déjà-vu qui s'impose dans mon esprit. Les deux hommes s'assoient sur deux sièges qui jouxtent la table de conférence et m'indiquent de la main à les rejoindre. Je me pose alors sur le dernier siège et ne prononce pas un mot.

C'est l'homme en tuxedo qui prend le premier la parole après un long silence où ils n'ont cessé de m'observer comme un objet de grande valeur.

-Commençons par les présentations. Je suis Monsieur Maxwell, directeur général du bunker 10 et voici l'agent spécial Luke. Vous avez sans doute l'impression de nous avoir déjà vu.

-En effet. Surprise, je m'enfonce légèrement de mon siège pour tenter de me cacher. Il est évident que c'est impossible dans ma situation.

-Agent Luke est l'homme qui vous a sauvé de la Destruction. Vous avez dû le voir traîner dans les environs de votre ancienne maison quelques semaines ou mois avant votre sauvetage. Il se tripote le menton et sourit, ce qui le don pour m'exaspérer.

-Parce que vous appelez vraiment ça un sauvetage ? Sérieusement ? Vous m'avez retiré deux ans de ma vie ! Deux ans ! C'est énorme et puis je ne parlerai même pas de ma famille, je risque de m'emporter très rapidement pour le coup. La colère commence à s'immiscer dans mon corps, me donnant des frissons dans les épaules.

-Nous sommes désolés pour ce temps perdu mais votre cas est assez exceptionnel. Vous êtes la dernière Sujet 234. Il s'installe confortablement dans son assise et placé ses deux mains croisées sur son ventre.

-Mais la dernière de quoi bordel ? On n'arrête pas de me le dire et je commence en avoir vraiment marre d'être dans l'ignorance ! Je donne un grand coup sur mes accoudoirs ce qui ne fait pas bouger d'un cil le directeur et l'agent.

Monsieur Maxwell se tourne vers l'agent Luke et s'adresse à lui.

-Quel force de caractère, n'est-ce pas Agent Luke? Elle doit tenir ça de sa mère, c'est dommage que votre incompétence nous ait fait perdre Sujet 235. Il rit puis retrouve son sérieux. Vous êtes quelqu'un de très spécial pour notre société en reconstruction mais je vais vous montrer une petite vidéo qui vous expliquera tout ce que vous devez savoir. Il sort un pad de diffusion holographique et appuie sur la vidéo qui vole dans le diffuseur. Tout deviendra plus clair maintenant.

Le bruit du diffuseur se fait silencieux mais l'image qui s'affiche sur le mur est stupéfiante. Les images qui s'affichent montre une Terre détruite, des amas de briques jonchant le sol, des plantes grimpantes cassant des buildings et mes maisons en cendres. Puis le noir.

-Mais c'est quoi ce délire... Murmure-je, frottant les tempes en gardant les yeux fixés sur l'image qui suit.

Puis une voix féminine se fait entendre dans la vidéo.

"Si vous entendez ce message et cette vidéo, c'est que vous êtes à l'abris dans un des cent bunker qui se trouvent sur la surface du globe. La voix semble lointaine. Nous sommes le 27 novembre 2150 et la Terre n'est plus rien que nous connaissions. Détruite par ses habitants, piétinée par des bombes, excédée par notre violence, son message fut clair. Mère Nature se retourna contre nous, nous effaçant le carte. Tsunami, explosion, tornade, tremblement de terre, tout y est passé. Des millards d'humains ont été supprimés dans la violence. Mais certains sont encore vivants, les docteurs, militaires et autres de notre planète ont été sauvés pour la sécurité des survivants. Parmi eux, les mille meilleurs de nos enfants ont été envoyés dans plusieurs bunkers à travers le monde. Nous espérons que leur réveil sera proche. Ils sont l'avenir de notre nation à reconstruire. Ils seront dotés de pouvoirs plus grands que vous ne pouvez l'imaginer. Mais j'ai une information de la plus haute importance. Le dernier ou la dernière des mille qui se réveillera dans n'importe quel bunker du monde, sera voué à un destin qui nous sauvera tous. Les dix derniers réveils seront le salut de notre population humaine. Nous, les dix derniers dirigeants mondiaux, vous souhaitons une réussite certaine. Vengez nos morts prochaines en reconstruisant une meilleure nation."

Les images de la Terre et des morts cessent ainsi que le visage de la femme blonde qui parlait tout le long. Elle devait être la présidence d'une coalition mondiale. Les révélations me coupent le souffle et les photos tournent dans ma tête à présent.

-Félicitations Sujet 234, vous êtes notre dernière, le meilleur espoir de notre nation. Vous pouvez être fière.

Mon silence est pesant puis je me tourne vers le directeur.

-Fière ? Comment puis-je être fière d'avoir dormi pendant deux ans? Il n'y a rien à être fière, je me lève du siège et fais face aux deux personnes, je n'ai rien pu faire et vous voulez que je ressente de la fierté ? Des innocents sont morts ! Vous entendez ça? Des milliards de personnes qui n'avaient rien demandé? Ma colère explose à présent. En quoi le fait d'être la dernière me rend plus importante que les autres sérieusement ?

Silence.

-Voilà pourquoi vous êtes la dernière. Vous avez le plus grand des dons. L'altruisme.


Chapitre 3:
-Sérieusement. Vous vous foutez de moi. Vous pensez réellement que je vais sauver le monde avec mon supposé altruiste ? Mais vous êtes cons ma parole ! Ma colère me fait sortir de mes gongs, me forçant à taper un grand coup sur la table de réunion qui s'enfonce légèrement. Suprise, je me recule. Je rêve ou... Je toussote. Vous avez acheté une table pourrie.

Monsieur Maxwell glousse tandis que l'Agent Luke se lève de son siège, manifestement énervé.

-Monsieur, comment pouvez-vous laisser passer son comportement ? Je prends le temps de le regarder quand un sombre rictus apparait sur son visage. Il se rapproche de moi et s'arrête à deux mètres.

-Oh, ne vous prenez pas en grippe avec elle ! Il sourit en nous regardant chacun son tour. Son air force le malaise et je baisse le regard, gênée. Il reprend avec un ton grave. Je vous ai convoqué à cet échange pour vous annoncer que vous allez travailler ensemble.

Je sens la mâchoire de l'agent Luke se contracter et vois ses poings se serrent, les phalanges blanchies sous la pression qu'il exerce violemment contre ses paumes. Il se retourne vers moi, m'examine rapidement et sort de la pièce en claquant une porte que je n'avais jamais vu.

-Ne vous inquiétez pas Sujet 234, Agent Luke a toujours été un élément colérique. Cependant, c'est très bizarre qu'il réagisse ainsi. Le directeur se frotte le menton, songeur et reprend ses esprits peu de temps plus tard. Bon. Il est temps de vous présenter aux autres. Ils attendent votre réveil avec impatience.

Les deux gardes de la porte déboulent dans la salle en verre et se positionnent derrière moi. Avec eux, il y a le Docteur Gibson, une seringue, encore, à la main. Les gorilles m'attrapent chacun un bras, me faisant pousser un hurlement quand l'aiguille se plante dans ma chair. Ma vision est alors brouillée par mes larmes et des picotements me perturbent. Les petites particules blanches se baladent et je me sens sombrer, la tête lourde. Black-out.

---

L'atmosphère est suffocante, j'ai extrêmement chaud et des gouttes de sueur se baladent dans ma nuque.

Parfait. Magnifique situation.

Au loin, j'entends la voix de Maxwell qui parle. Les vibrations sont présentes, au rendez-vous. Il doit y avoir, facile, 150 personnes pas loin dont 100 ont une aura plus grandes que les autres. Mais 2 d'entre-elles sont encore plus fortes que les autres, même si elles sont très éloignées de moi.

-Mes chers compatriotes, je viens vous annoncer une bonne nouvelle. Le dernier réveil a été conclus. Applaudissements bruyants et cris de joie. C'est une jeune femme, Sujet 234. Les applaudissements s'arrêtent automatiquement et un lourd silence s'installe. Des cris, cette fois-ci, de colère et d'indignation masculins s'élèvent. Parfait, personne ne me connaît mais je sens que je suis déjà détestée par mes semblables. Calmez-vous, hurle Maxwell par dessus le brouhaha, j'ai honte de vous voir réagir ainsi messieurs ! Si le programme a désigné que Sujet 234 est la meilleure, vous ne pouvez pas refuser ce choix, même s'il vous déçoit !

C'est en ouvrant les yeux que je découvre que je suis dans une sorte de boîte en verre avec des menottes aux poignets.

Putain, c'est quoi ça?

-Comme d'habitude, nous allons procéder au premier test d'admission. Si Sujet 234 le réussi, la prochaine étape pourra être lancée. Un espèce de rideau de fer se lève en face de moi. La boite a un petit trou pas plus gros que mon pouce au sommet. La lumière m'aveugle quand les deux projecteurs qui m'entourent de part en part s'allument. Instinctivement, je place ma main gauche devant mes récepteurs visuels pour me protéger de l'afflux lumineux qui m'éclate les rétines. Sujet 234, vous nous entendez ? Nous sommes en pleine diffusion depuis votre salle d'examen et l'Œil. Êtes-vous prête ?

L'Œil?

Mes doigts caressent la paroi qui me fait face et je regarde l'écran qui se trouve derrière le verre. Je hausse vaguement la tête et fixe la petite caméra cachée dans un coin de la pièce. Je peux sentir les ondes électromagnétiques qu'elle dégage.

-Bien. Sujet 234, votre but est simple. La cavité va se retrouver remplie d'eau dans les minutes qui suivront le début de test. Vous devez vous échapper de l'endroit avant que le temps qui s'affichera sur l'écran prendra fin. Compris?

Nouveau hochement de tête.

-Parfait. Voyons de quoi êtes-vous capable sans connaître vos capacités. Le test commence dans 5 secondes. Un compteur rouge s'affiche à la place du visage de Maxwell. Bon courage.

Je soupire et écoute le décompte des secondes.

5, je lève les yeux au ciel.

4, je replace une mèche derrière mon oreille.

3, je me dis que je vais sans doute mourir noyée.

2, j'entends la voix de Maddie.

1,"Je crois en toi."

L'eau se met alors à affluer, me glaçant de toute part. Avoir entendue la voix de Maddie me fige sur place, main sur la vitre. Je sens l'eau montée peu à peu, très très rapidement puis qu'elle atteint déjà la moitié de mes mollets. Pendant quelques instants, je tente de m'extirper des mes menottes et cherche un moyen de sortir. En vain. Je pose une seconde main contre la vitre et m'appuie la tête contre, observant le liquide avoir de violents remous.

-Maddie. Je souffle son prénom et pleure en silence. J'ai peur...

Mes entraves me brûlent les poignets et l'eau continue de monter, sans arrêt. Je commence alors à taper la paroi.

Plus que 2 minutes 47, elle est arrivée au niveau de mon nombril. Je perds espoir. Je cherche un morceau de structure métallique qui s'abîme.

1 minute 38, elle est mouille ma base de mon cou. Je tente d'ouvrir un plus grand trou sur la plaque percée mais les chaînes me tirent vers le bas, lourdement.

-Quel magnifique spectacle d'assister à ma mort, n'est-ce pas Maxwell? Je cris à la caméra alors que mon étau se referme sur mon menton.

Plus que 50 secondes, l'eau est à la moitié de mon visage, m'obligeant à nager le plus haut que je peux. Je prends ma respiration et plonge au dernier moment.

Ma colère est à son paroxysme, la violence d'une vibration me zèbre le corps et le compteur est à 20 secondes de sa fin. Je sens un afflux de force dans mes muscles, un dernier essai. Soudain les vitres se mettent à battre au rythme des battements de mon cœur. Au loin, j'entends une voix criée à l'aide alors j'ouvre mes yeux. Les secousses des vitres sont encore plus fortes et je me tourne, effrayée par la voix qui se trouve derrière moi. Je suis terrorisée quand je touche la vitre qui vibre et commence à se fêler. J'ouvre la bouche d'étonnement et me noie. Ma dernière pensée est à Maddie, les yeux clos, acceptant ma mort.

Puis tout explose, me projetant de l'autre côté de la salle. Mes menottes se sont brisés et les morceaux de verre s'étalent un peu partout autour de moi. L'eau se répand alors dans le plus grand récipient qui l'englobe.

Ma tête cogne contre un mur en béton et je reste au sol, flottante, quand je sens une personne courir vers moi. Les vibrations que je ressens le définissent comme une des deux forces que j'avais sentie auparavant. Je m'étouffe avec l'eau que j'ai englouti sans le vouloir.

-Sujet 234? Vous allez bien? Vous avez fait une performance exceptionnelle dans la boîte. Félicitations! Je l'entends au loin mais arrive encore à distinguer la voix d'un homme qui semble effrayé et excité. Je dois devenir bleue quand il se met alors à m'appuyer sur le thorax, me transformant en une fontaine expulsant son contenu par la bouche.

Ce n'est pas particulièrement sexy comme première rencontre, c'est clair.

J'ouvre les yeux, trempée jusqu'à la moelle et toussant les derniers restes qui sont bloqués dans le fond de ma gorge. L'homme, vêtu de la même manière que moi, est accroupi dans l'eau, tout aussi mouillé que ma personne. Il est châtain clair et je crois voir deux iris noisettes mais les reflets de l'eau rendent tout d'une teinte plus... Bleue?

Automatiquement, je me relève, hagarde. L'autre est aussi sur ses pieds et pose une main sur mon dos. Un frisson me parcoure et je me tourne vers l'homme, stupéfaite. Il retire sa main droite de mon dos et me regarde, les yeux ronds. Je me mets à fixer sa paume et il semble blessé. Du sang commence à perler, similaire à un fleuve des enfers.

Je le tire hors de la pièce en courant pour éviter les files et les morceaux brisés de mon ancien tombeau. Enfin dehors, je me jette sur la blessure de mon "sauveur".

-Ça va ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Je comprends rien ! Il faut te soigner, ça risque de s'infecter !

-234 ! Stop ! Il pose ma main gauche sur mon épaule et me la serre, ce qui m'arrête illico. Ce n'est rien, je peux m'inquiéter pour toi par contre. Tu saignes derrière le crâne et à des égratignures et coupures un peu partout. J'ai dû me couper avec le ve-...

Des bruits de bottes qui traversent le couloir en courant le coupent.

-Tu sens? Les picotements ? Je dirais qu'il y en a dix. Je dois me sauver, je suis pas censé être ici ! Il commence à courir dans la direction inverse aux bruits et vibrations des personnes. Rejoins moi au couloir D-2, c'est mon dortoir ! Salut 234 ! Il s'éloigne en prenant l'embouchure gauche, me saluant de la main.

Quel étrange personnage... Il est sacrément canon d'ailleurs...

Mais la réalité me rattrape de mes rêveries quand Maxwell, Gibson et une flopée de gardes et aides-soignants déboulent dans mon dos.

-Sujet 234 ? Allez-vous bien ? Nous avons perdus la connexion quand la boite a explosé ! Maxwell, ou le directeur, est essoufflé d'avoir couru et Gibson se rue vers moi pour vérifier mes blessures.

-Monsieur, elle est blessée mais semble ne ressentir aucune douleur pour le moment. Nous devons l'emmener à l'infirmerie d'urgence pour la soigner. Permission ?

-Permission accordée, docteur Gibson. Il reprend sa respiration bruyamment et se tourne vers moi. Quand à vous, Sujet 234, vous avez passé l'épreuve avec succès, la seconde aura lieu dans deux jours. Je vous reçois dans mon bureau dès que possible pour vous expliquer votre mission et rencontrer vos camarades d'escadron. Vous avez beaucoup de chance d'être une enfant du bunker 10.

Pas le temps de poser des questions que les aides-soignants m'entourent en me déposant sur une chaise roulante. Je m'éloigne de Maxwell, avec encore plus de questions que précédemment.

---

L'adrénaline retombée, la douleur des blessures pointe le bout de son nez. Mais rien de grave. Quelques points de suture plus tard et je suis réparée. Cependant, cela me perturbe.

Je ne comprends pas pourquoi je dois "sauver" le monde, pourquoi je me retrouve dans cette situation, etc...

Avant, tout était tellement plus simple...

Quand j'étais encore à la maison, située dans la banlieue de Pittsburgh, je dormais avec ma petite Maddie dans la même chambre. Pourtant elle en avait une pour elle seule, mais elle avait peur d'être seule dans son grand lit. La nuit, elle se levait avec sa peluche et son pouce dans la bouche et elle toquait contre ma porte, pour venir se glisser dans mon plumard. On dormait des nuits entières ensembles. Je me souviens qu'un jour, papa est venu nous réveiller pour le petit-déjeuner et à déclarer que, si j'acceptais, le lit de Maddie serait installé dans ma chambre et que ça empêchera de les réveiller chaque nuit. On a bien-sûr accepté, heureuses d'être ensemble. Ça a duré 6 ans. 6 ans qu'avant de dormir, nous nous engageons dans une discussion passionnée tous les soirs sur ce que nous avions fait dans la journée, sauf exceptions. On arrêtait nos disputes à l'heure du coucher et le lendemain, on recommençait la journée, attendant avec impatience le coucher du soleil pour parler, assises dans mon lit ou dans le sien.

On était comme deux jumelles, inséparables quand la lune pointait. Quelle belle époque...

Je pleure en silence sur les ruines de mes souvenirs. Je donnerais tout pour revivre ces moments, revoir ma sœur et mes parents. J'essaie de me rappeler de l'odeur du parfum de maman, les traits du visage de mon père et surtout les rires de ma Maddie, la seule personne qui compte vraiment pour moi.

Mais elle est sans doute morte, comme tout ce qui a l'extérieur, et ça... Je ne peux pas le laisser passer.

J'entends toquer à la porte et m'attends que la petite bouille de Maddie se pointe et s'installe sur le matelas.

Dure est la réalité quand rentre Gibson en m'indiquant que je peux retourner dans ma chambre et que des aides me seront données pour les prochains jours.

Je me lève, tremblante puis sors, après avoir salué le docteur qui sourit en notant quelque chose sur son calepin.

Le trajet du retour se fait sans problème grâce au plan que l'on m'a fourni. Arrivée dans ma chambre, je m'assois au sol, dos contre mon lit, tête posée sur mes genoux.

Je vais vivre beaucoup d'épreuves, et pas que des tests, à présent.

Je serais forte pour toi.

Petite voix intérieure de Maddie.


Chapitre 4:
Allongée contre le matelas, je contemple le plafond, les mains calées sous mon crâne. J'ai l'impression que rester dans cette position m'empêchera de me noyer encore une fois mais pas dans l'eau du premier test. Plutôt la vague de souvenirs qui me perturbe. Je tourne la tête vers le bureau. J'ai l'impression de voir le lit de Maddie à travers un brouillard.

Quand je ferme les yeux, je revis cette nuit de juillet. Je l'entends me réveiller en pleurs. Les bruits des bottes et des explosions qui me vrillent les tympans. Je la revois me dire "Je t'aime" et sauter de la fenêtre. Puis je me retrouve en face de l'Agent Luke, son arme pointé sur moi. Je ressens une seconde fois la balle ouvrir ma chair. J'entends mon hurlement et vaguement la phrase de l'Agent Luke. Puis plus rien. Le néant complet jusqu'à ce réveil.

Je passe mon index sur l'endroit où j'ai reçu cette "écharde" en plomb.

La pièce me nargue. C'est une impression tenace. Si je n'avais pas envoyé ma sœur dans cette foutue cabane, elle serait encore ici, avec moi. Son doux visage et ses grands yeux bleus comme ceux de papa. Son petit nez retroussé et ses cheveux châtains comme ceux de maman.

Le pire, dans cette histoire, ce n'est pas qu'elle soit partie. C'est de ne plus entendre sa voix et la voir grandir comme une rose dans un jardin. Ne plus jamais sentir son souffle quand je la prenais dans mes bras, ne plus l'écouter parler de ses petites histoires d'école, voilà quelques-unes des choses qui font honte de l'avoir tué dans le savoir.

On frappe à ma porte quand la première larme roule sur ma joue. Furieusement, je l'écrase et me rue vers elle. La personne que vient m'importuner n'est plus là mais une lettre traine sur le sol. Les messages en papier ne sont pas utilisé depuis 130 ans. C'est après la démocratisation des tablettes tactiles à l'école que on nous a arrêté d'apprendre à écrire mais très peu, voir plus personne maintenant, savait tenir un crayon entre leurs doigts à notre époque. Quant à nous, papa tenait vraiment à notre éducation et j'ai la chance de savoir écrire. Cependant, mon écriture n'est pas très belle. Mais c'est un don de pouvoir se livrer dans un journal intime par exemple. Évidemment, mon journal était Maddie et j'étais le sien.

Je déplie soigneusement le papier un peu jaunis et lis son contenu en silence.

"Félicitations pour ta première étape. Sois prête et prudente. L'imprévu est une plaque tournante.

-198"

Sujet 198? Mais... Comment sait-il qu'elle est ma chambre ? Ça devient réellement glauque à force... Mais pourquoi dois-je être prudente? Est-ce un message d'aide?

On toque à ma porte une seconde fois et j'ai juste assez de temps pour cacher ma lettre négligemment sous mon lit. C'est une garde qui se cache -enfin, c'est un grand mot- derrière l'ouverture, le regard impassible.

-Je dois vous escorter à l'ŒIL, ordre de monsieur. Veuillez me suivre. Il s'éloigne de la porte pour me laisser sortir et m'accompagne à "l'ŒIL" en ne me parlant et regardant pas une fois.

Super.

---

L'ŒIL est une sorte de salle avec un plafond bombée avec, en son centre, une pupille et son iris, peinte en bleu azur. Comme mes yeux. On dirait une réplique exacte. Je me surprends à regarder avec admiration la magnifique fresque qui me surplombe.

Je me sens petite dans cette grande salle. Le garde est à présent devant une des quatre portes d'entrées, me laissant errer seule au milieu de la pièce, rivée sur l'ŒIL. Je suis absorbée par les jeux d'ombres et les teintes bleutées qu'il orne.

-Sujet 234 ! Je vois que vous appréciez le plafond ! C'est une œuvre de quelques sujets du bunker, ils ont imaginé votre œil gauche. Prodigieux non? C'est Maxwell qui rentre à pas de loups et prend la parole.

-Comment ont-ils fait pour reproduire ceci à exact couleur prêt ? Je me tourne vers lui, perplexe.

Il me sourit et je rapproche de moi, regardant les couleurs se déplacer dans l'espace.

-Certains sujets ont eu accès à des dons. Plusieurs peuvent voir une personne et son futur. Ils doivent être 3, dans le monde entier. C'est peu, n'est-ce pas? Il rit doucement.

-En effet. Je suppose que un d'entre eux est ici et a crée un plan de mon œil. Les autres ont juste eu à peindre par dessus.

-C'est exactement ça. Complètement fou non?

-Si vous trouvez ça fou, je trouve ça effrayant. Je replace une mèche derrière mon oreille et reprends. Vraiment effrayant.

-Ne vous inquiétez pas, c'est avec le temps qui vous vous habituerez. Il place ses mains derrière son dos et se tourne réellement vers moi. Vous avez dû le sentir pendant votre épreuve, mais votre force a pris une forme qui vous a sauvé.

-C'était juste de la chance. Les vitres se sont juste brisées avec la pression de l'eau ou un truc dans le genre... Comme du gaz ?

-Vous avez de drôles de théories Sujet 234. Il glousse devant mon ignorance. Bon. Je pense qu'il est temps de vous présenter les Neuf autres derniers réveils.

-Neuf... Neuf alliés ?

-Venant de plusieurs bunkers différents autour du monde. Ici, vous avez la chance d'avoir deux des Neuf. Il se retourne et s'adresse vers les murs. Vous pouvez entrer à présent. Il se décale pour me laisser observer les deux nouveaux arrivants dans la pièce. Voici Sujet 673, réveil numéro sept... C'est une femme qui rentre dans la salle. Elle doit être d'origine mexicaine avec ses cheveux ébènes et frisées et ses yeux aussi sombres que la nuit. Elle semble incassable et solitaire, une moue sévère sur son visage mat. Et Sujet...

C'est alors que rentre un homme, un petit sourire sur le visage et de l'encre bleue mal nettoyée sur les doigts. Je tombe littéralement des nues.

-Voici Sujet 198, réveil numéro trois.

Sérieusement ? C'est une blague. Une énorme blague.

198 me sourit en retour tandis que 673 me lance un regard de vipère.

Voici la fine équipe qui sauvera le monde avec sept autres personnes sur le globe. Gé-ni-al.

-Espère que tout se passera à merveille entre vous trois, cependant il y a sept autres enfants de bunker dans les quatre coins du monde. Vous allez recevoir leurs identités et les moyens de les contacter dès la fin des tests de notre dernière. La suite se fera en temps voulu mais sachez que Agent Luke sera votre sergent attitré et votre chef, après moi évidemment. Maxwell nous observe un par un et prend un ton grave puis claque des doigts en nous pointant, 673 en première et moi en dernière. Je vais faire de vous trois de nouvelles personnes, prêtes à tous les sacrifices et les injustices pour nous sauver. Vous êtes notre seule chance, les dix derniers.

Enfin, que trois personnes sur dix, faut pas se leurrer. Il y a bien plus que dix enfants pour "sauver" le monde qui est déjà mort. Rien que l'équipe technique ou les médecins, ça fait bien plus que dix. Je terre ma pensée, histoire de ne pas déclarer une nouvelle guerre mondiale.

Je ris en silence à cette pensée.

C'est à ce moment précis que Maxwell sort précipitamment de l'ŒIL, nous laissant seuls dans la pièce. J'effectue une rotation vers les deux personnes et les dévisage, surtout lui d'ailleurs.

Je n'ai absolument pas écouté la fin de sa tirade sur le sauvetage mondial.

Soudain, j'entends une voix dans ma tête. Elle est féminine et légèrement cassée.

-C'est 673. Elle doit voir ma surprise et soupire. Bon, on va faire le point direct. Je ne fais pas partie des groupies sur la sauveuse mondiale qui n'a fait que dormir. Donc prends pas la grosse tête avec moi et 198. En parlant de lui, il se frotte le pouce et l'index, sans doute une énième tentative d'effacer les traces d'encres. Je soupire à mon tour.

Je regarde 673 dans le fond des yeux et acquiesce lentement, ça a le mérite d'être clair comme de l'eau de roche. 673 n'est clairement pas commode et se tient comme à l'armée.

Perturbant. Je ne sens pas leurs vibrations d'ailleurs mais me dis que c'est normal. Pas de quoi s'inquiéter.

Le silence se rompt avec la voix de Agent Luke qui filtre dans les enceintes. Le son est granuleux mais assez audible.

-Sujet 234, vous savez qu'il y a toujours des imprévus de la vie, n'est-ce pas ? Et bien en voici un. Votre seconde épreuve se déroule maintenant. Bonne chance. Le micro s'éteint et les deux autres sujets me regardent.

C'est 198 qui prend la parole en premier.

-Je pense que tu l'as compris, la seconde étape, c'est maintenant. Ton but est de nous rejoindre.

-Juste ça? Haussement de sourcil. Aussi simple que ça?

-À toi de voir. Répond 673, d'un ton neutre.

Je me dirige alors vers eux, tout naturellement mais au moment où je vais les toucher, ils disparaissent et se retrouvent de l'autre côté de la pièce, dans la même position.

-Mais ça est quoi ce bordel? Cris-je, me frottant le crâne doucement.

-Ton épreuve, 234. Il s'agit juste de ton épreuve. 673 croise les bras tandis que 198 se frotte encore ses stupides doigts en eux.

Putain, ça va être long,

---

Et ce le fut. Je ne vais pas mentir. Ce fut horriblement long.

Chaque nouvelles idées qui me traversaient l'esprit échouaient lamentablement, me réduisant au titre de nulle ultime au jeu du chat. C'était basique pourtant mais rien n'y fessait, rien de fonctionnait et je perdais espoir. Mon espoir fondait comme neige au soleil et franchement, ce n'était pas très beau à voir,

198 ne cessait jamais de se frotter les doigts pleins d'encre alors que 673 me lançait des regards désapprobateurs à chacune de mes tentatives.

Ultra encouragement, n'est-ce pas.

Bref, j'étais au bout du bout du rouleau et je ne parlais plus. Le seul bruit qui ornait l'espace était le bruit des doigts de 198 qui me tapaient vraiment sur le système.

Ce qui me m'énervai au plus haut point puisqu'il répétait exactement le même geste au mouvement près dès qui changeait de place.

C'est alors que je me suis souvenue en le regardant faire.

"L'imprévu est une plaque tournante."

Clairement, ce n'avait strictement aucun de sens, je le concède mais ça m'a permis de comprendre.

Revenons au présent.

-J'arrête. Je pense avoir compris. Je relève du sol où j'étais assise et fixe une des caméras. Ce sont deux hologrammes qui ont une minuterie. Les phrases sont préenregistrées et au moment où je commence à m'approcher, l'endroit change et la vidéo aussi. C'est un cycle sans fin où l'imprévu n'est que factice. Il n'y a jamais eu ces deux personnes dans cette pièce. Dès le début, ce n'était que des hologrammes. Coup de génie pour cette idée, j'applaudis, aucunes vibrations à leurs entrées, pas moyen de les sentir... Franchement, c'est du grand art. Mais les doigts encrés de 198 l'ont trahi. Les tâches devraient être moins visibles à présent.

Les deux hologrammes s'éteignent et l'ŒIL qui est plongé dans l'obscurité. Je place ma main contre mes yeux et les plisse en les dirigeant vers la lumière qui m'éblouit.

Une ombre se détache de la lumière, jouant avec le contre-jour. Je pense reconnaître l'Agent Luke qui s'avance vers moi.

Bingo. J'avais raison.

-Félicitations Sujet 234, vous avez réussi le test mais votre temps n'est vraiment pas exceptionnel. Une heure quarante pour comprendre la supercherie, ça est vraiment mauvais. Dites-vous que le Sujet 673 a mis un peu plus qu'une heure et 198 une cinquantaine de minutes.

Il se tient en face de moi, sa mâchoire contractée et ses yeux très plissés. L'Agent Luke me fixe un court instant qui est assez long pour installer un malaise entre nous deux. Je me détourne en première et le laisse sortir. Cependant, l'homme se retourne une dernière fois vers moi et dit, avec un ton sévère qui lui sied parfaitement.

-Sujet 234, magnez-vous ! Vous devez aller rencontrer vos coéquipiers maintenant.

-Pour de vrai cette fois-ci ? Je souris et ris légèrement.

C'est là qu'il baisse la tête et exprime un semi sourire qui s'efface aussi rapidement qu'il est apparu. Mon but est de le faire rire et sourire réellement à présent ! Cela prendra tout le temps qu'il faut mais je réussirais, sans aucun doute.

-Oui 234. Pour de vrai. Il reprend son air sévère et m'informe de me dépêcher si je veux manger ce soir. La question ne se pose même pas. Je meure de faim.

Je m'avance alors vers lui, m'approchant le plus rapidement possible de la sortie mais m'arrête pour regarder une dernière fois cet endroit.

Mon ŒIL qui brille dans l'immense espace. Une étoile parmi tant d'autre.


Chapitre 5:
Déambuler dans les couloirs du C.A.D ne me dérange pas plus que ça. Malgré l'uniformité de ces longs corridors, je ne peux m'empêcher de penser aux architectes et aux maçons qui ont dû se démener pour créer cet énorme bunker. À certains endroits, il y a quelques petites fissures, mais vite masquées par la longueur infinie de ma marche. L'Agent Luke avance avec de grands pas, soufflant le silence par le bruit qui provoque à chaque fois qu'il touche le sol. Il ne me reste qu'à me concentrer sur le dos de celui-ci, en prenant garde à rester sur le même rythme pour ne pas le distancer et me perdre dans ce dédale.

En réalité, ce bunker est une réplique d'une pyramide. Je déconne pas. Je m'attends vraiment à tomber sur des ossements humains au coin d'un passage et à croiser des pièges. Mais non, c'est juste mon imaginaire qui s'emballe. Tant mieux pour moi, tomber réellement sur des os me flanqueraient une trouille titanesque.

Voilà que je dérive, ne me rendant pas compte que je ne marche plus droit et cogne violemment contre un des murs. Je sais maintenant qu'ils ne sont pas fait en riz mais en béton. Armé sans doute vu la douleur que je ressens après collision.

-Ah putain ! Je me frotte le nez et le genou droit qui ont pris le coup le plus fort.

L'Agent Luke se retourne vers moi, le sourcil arqué et me détaillant de haut en bas, circonspect. Il doit me prendre pour une tarée à présent.

-234, arrêtez de nous faire perdre du temps ! Dépêchez-vous avant je vous attrape par la peau du cou et que je vous traîne de force jusqu'à 198 et 673 ! C'est un regard furieux qui se colle sur son visage et ses yeux ont une teinte limite irréelle. Voici quelque chose d'intéressant.

Je reste bouche-bée et reprends mon chemin en courant comme si j'avais le diable aux trousses. Dans ce cas, le diable est bien devant moi et c'est moi qui lui coure après. Et puis il répond sous l'appellation d'Agent Luke. Je mérite une médaille en chocolat pour réussir à le supporter pendant cette traversée.

Il représente tout ce qui fait d'un homme, un parfait connard. Excusez-moi du mot mais l'homme qui marche en face de moi en est la représentation ultime. Caractère pourri, des phrases qui donneraient envie de s'arracher les oreilles pour ne plus les entendre et surtout, il est extrêmement difficile de dire qu'il n'est pas beau. Et encore, je n'ai vu que son visage et entendu sa voix. Il devait faire craquer toutes les filles par le passé.

Quel gâchis.

Vraiment dommage de passer d'un monde où tout le monde se tire dessus jusqu'à en venir à la mort d'une nation à un monde miné par la honte d'avoir tout détruit.

Quel gâchis. C'est indéniable.

Pour en revenir à l'agent, il se déplace avec une vitesse impressionnante qui manque de me faire tomber plusieurs fois sur mon chemin. Les dérapages ne sont clairement pas encore contrôlés depuis mon réveil, cette nuit peut-être. Alors que j'arrive à peine à le suivre, il accélère le pas et, comme une cruche, je le perds.

Tout ce que je rêvais. Perdue dans une aile du bunker, ne sachant pas où aller pour retrouver mes collègues.

Mon but est donc simple. Dès que je peux, je tourne à gauche. C'est peut-être un peu simpliste mais ça fonctionne dans les films donc pourquoi ne pas tenter. J'ai rien à perdre.

---

-Sujet 234 ! Mais où étiez vous passée ? S'inquiète l'Agent Luke après m'avoir retrouvé, au détour d'un des couloirs. Ça fait une demi-heure que je vous cherchais ! Il accoure vers moi et me prend la main avec un regard doux et une moue inquiète.

Cet échange dure l'espace d'une seconde mais j'ai l'impression que ça fait dix minutes qu'il me tient. Rapidement, il redevient l'homme froid que je connais et lâche ma main qui est encore chaude de son geste.

Il tousse et me fait passer devant lui puis je sens vaguement sa main dans mon dos. Je frissonne et le laisse me diriger jusqu'à l'arrivée.

Le trajet final passe en un éclair et je sens la pression dans mon dos disparaître quand nous arrivons enfin. Il repasse devant moi, ouvre la porte et me laisse rentrer sous le regard de Maxwell, Gibson et les deux autres sujets.

L'Agent se place derrière le directeur général du bunker et prend un air impassible. On dirait une statue, c'est assez impressionnant.

-234, voici donc vos alliés, 198 et 673. Pour les informations sur les sept autres, vous les aurez au compte-gouttes. Commençons avec le dernier sujet de votre escadron. Il nous passe à chacun un Nanopad avec un fichier ouvert.

C'est le docteur qui nous présente Sujet 065, le dixième réveil.

-Voici Sujet 065, un homme provenant du bunker 02 en Europe continentale. Il s'est réveillé le 4 février dernier à 18h34 et à développer une aisance dans le combat à mains nues. Nous savons que sa mission est reliée à l'éradication des Mortels du dessus et ceux-ci sur toute la zone anciennement russe et du grand Nord. Il parle uniquement deux langues, le russe et le suédois ce qui fait de lui un des seuls représentants dans cette partie du monde encore en vie.

Je jette un rapide coup d'œil à 198 et 673 qui écoutent Gibson, très concentrés. Chacun se tient droit et navigue sur leur dossier de temps à autre. Je sens l'agent Luke me fixer. Je lève la tête quand je l'entends m'appeler.

-Si cela ne vous intéresse pas Sujet 234, dites le directement au docteur Gibson. Je suis sûr qu'il serait ravi de l'apprendre. Il affiche un sourire satisfait quand Gibson et Maxwell m'observent, contrariés. Il est fier de lui en plus !

Il est bipolaire ce mec ! Il peut être un instant gentil et prévenant puis un sombre connard dans l'instant qui suit. Je lui jette des éclairs et réponds à mes supérieurs que je les écoutais et qu'ils pouvaient reprendre si ils le souhaitaient. Gibson hoche la tête puis continue son rapport.

Le docteur déblatère pendant une bonne dizaine de minutes sur le Sujet 065 mais rien de très intéressant donc je ne l'écoute que d'une oreille jusqu'au passage où je peux enfin voir son visage. Surprise, je lâche le Nanopad qui se fracasse au sol.

C'est la voix de 198 que j'entends en premier puisqu'il se rapproche vers moi.

-Hé, ça va? Me demande-t-il, lui aussi stupéfait de ma réaction. Il me prend le bras et l'agite.

-Je... Je... Je le connais... C'était mon voisin et... Je ne sais pas comment l'expliquer mais... Je suis allée à son enterrement... Bégaie-je, passant de tour à tour chaque personne, tous choqués.

Silence pesant dans la salle.

-Tu es sûre de ce que tu racontes? Demande 673, perplexe.

Je me remémore le visage que je connais et celui du dossier.

-Oui, je suis certaine, une larme coule sur ma joue, je le connais bien... C'était mon ex. Il est mort dans un accident d'AirCar en me ramenant d'un concert. Je l'ai vu s'éteindre sous les yeux ! C'est impossible qu'il ait ressuscité ! Je sanglote à présent.

Je me revois, assise à côté de lui dans le véhicule, un verre de bière à la main et les joues roses, le regardant conduire avec les pieds pendant qu'il buvait son gobelet. Puis je vois l'AirCar d'en face faire des appels de fards et nous, nous marrant comme pas permis. Et puis la collision, le feu, le sang, les morts et surtout Hunter, une barre en fer transperçant sa rate. Voilà ce que je vois quand je m'effondre sur le sol du bureau, des tremblements dans les mains et des larmes qui coulent.

"Voilà ce qui arrive quand on ne fait pas attention Taya... Hunter a un souffle saccadé. Retiens cette leçon pour nous..." Il est mort à quelques centimètres de moi en prononçant ces dernières paroles. Du moins, c'est ce que je pensais.

Par la suite, j'ai été emportée à l'hôpital pour quelques blessures superficielles et une fracture à la jambe. Je n'ai pas parlé pendant quelques semaines à cet événement et y repenser me donne envie de vomir.

-Hunter O'Connor... C'est son nom... Ajoute-je, serrant le pauvre 198 de toutes mes forces, lui faisant sans doute mal.

Je lève les yeux vers les trois hommes qui me font face et vois leurs visages devenir sombres.

-La séance est levée, déclare Maxwell avec un ton grave, bonne fin de journée et à dans deux jours.

Gibson et lui sortent, 673 sur les talons, me laissant avec l'Agent Luke et 198. L'un me réconforte en me caressant les cheveux tandis que l'autre reste interdit, louchant sur le sol. Luke se réveille de sa transe puis sort un mouchoir en tissus de sa poche et me le tend. Je l'attrape et le remercie en silence.

-Vous pouvez le garder 234. Vous en aurez plus besoin que moi.

Un rictus ressemblant à un vague petit sourire se pose sur son visage puis il sort mais arrête dans l'encadrement de la porte et se retourne vers nous.

-À demain pour l'entraînement, soyez présent à 8h30 devant la salle prévue à cet effet. Je compte sur vous 198 pour accompagner votre camarade.

Cette fois-ci, il sort pour de bon, me laissant dans les bras d'un homme qui m'était encore inconnu il y a quelques heures. Ce n'est pas que je connais l'Agent Luke plus que le Sujet 198 mais... Je ne sais pas...

Chacun des deux m'ont aidé à leur manière à deux moments distincts de la journée...

Je pose ma tête sur le torse de 198 qui me tient dans ses bras puis laisse les larmes se transformer en torrent.

---

Après ma crise de larmes dans le bureau général, 198 m'a fait visiter les lieux, me montrant la salle principale où tous les sujets se réunissent à midi pour annonce hebdomadaire, la cantine, les différentes salles d'activités, les douches/toilettes et la salle d'entraînement. Sur la route, j'ai pu croiser plusieurs autres sujets qui m'ont salués par une poignée de main, une révérence (ce qui m'a fait rire), un sourire ou bien par une insulte (généralement des garçons).

198 fut un ange et m'a raccompagné jusqu'à ma chambre en me racontant des blagues qui furent plus drôles les unes que les autres. Devant la porte de ma chambre, il s'arrêta et me fit un baisemain puis me salua en partant vers son couloir. Comme une attardée, j'ai souris pendant qu'il me saluait de la main. Puis je suis rentrée et je me suis allongée sur le lit en fermant les yeux.

Actuellement, je suis recroquevillée en position fœtale, regardant le mur qui n'est pas vraiment intéressant. Mais je reste comme ça jusqu'à entendre la voix synthétique d'un haut-parleur.

"Les Sujets sont invités à rejoindre la cantine pour l'heure du repas. Il est 20h et l'équipe vous souhaite une bonne fin de soirée." Résonne la voix calme et féminine de la personne.

Je me lève alors, me stoppe dans le miroir et arrange mes cheveux avant de sortir en oubliant pas mes clefs.

Arrivée devant la porte de la cantine, je vois 198 qui lance des regards à travers la foule. Qu'est-ce qu'il peut mignon en agitant sa main après m'avoir remarqué.

-234 ! Rejoints moi vite ! De vrais estomacs sur pattes ! Je me glisse entre les sujets et le rallie en souriant moi aussi. Il me touche le bras et reprend un air inquiet. Ça va mieux?

-Ça pourrait être mieux en effet mais apprendre le jour de mon réveil que sa sœur est supposée morte, que la population mondiale est presque éteinte, que je vais devoir sauver le monde avec 9 autres personnes, que j'aurai pu mourir et que, finalement, son petit-ami décédé est revenu d'entre les morts... C'est un peu gros en une journée. Non?

198 hoche la tête et passe son bras sur mes épaules. Un frisson me parcours mais je fais comme si de rien n'était. Il me donne un peu chaud mais je ne peux pas lui en vouloir d'être attentionné avec la nouvelle qui est la dernière réveillée de l'humanité. Je repose ma tête contre lui et le sens frissonné ,à son tour, à mon contact.

Nous entrons ensemble dans la cantine presque pleine. Il reste quelques places mais une seule table est presque vide. Celle où est assise 673, son air renfrogné et son Nanopad allumé. 198 me prend la main, me tire vers la table et tousse pour appeler l'attention de 673. Elle lève la tête vers nous et s'arrête sur nos deux mains enlacés. Elle semble en colère. Je lâche immédiatement la main de 198 et baisse les yeux pour loucher sur le sol.

-Salut 673 ! Dit mon ami. On peut s'asseoir avec toi?

673 regarde intensément 198 puis sourit et se décale pour nous laisser de la place.

198 est entre nous deux et c'est mieux comme ça. Je n'ai vraiment pas envie de me prendre la tête avec la mexicaine qui semble avoir le sang chaud.

Le reste du repas se fait en silence pour 673 qui feuillette des articles tandis que 198 m'explique comment fonctionne le bunker. Je ne l'écoute que vaguement quand l'Agent Luke rentre dans la pièce, habillé plus simplement de précédemment. Il s'arrête pour parler quelques minutes avec certains sujets que j'envie tout particulièrement.

Il me regarde un instant et reprend sa marche à tout vitesse comme si il avait le feu au derrière.

Voilà qui est étrange. Il m'évite comme la peste celui-là.

Vers 21h34, je rejoins ma chambre et m'endors automatiquement, ne me laissant pas le temps pour me changer en pyjama.

Les prochains jours risquent d'être fort en émotion et en sueur. Et c'est bien ça qui me fait peur.


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Re: Daloriia's Factory

le Ven 26 Aoû 2016 - 22:07
Le Chapitre 11 de Casey et le texte surprise

Désolé pour le triple post, j'avais beaucoup de trucs à mettre et pas assez de place sur un seul post (et j'ai essayé :( ).

Chapitre 11: Après le calme, la tempête:
La semaine se déroule avec aucun incident notable. Pas de message de ma mère, Simons ou Valentin, calme plat.

Dans un sens, je suis plus sereine, comme libérée. Pour le moment du moins.

Je suis accoudée au bar, regardant et écoutant le groupe qui se produit aujourd'hui à l'Émérite. Il y a quelques habitués qui traînent ça et là, n'écoutant que d'une oreille le concert privé qui se joue actuellement. Les accords lents sont envoûtants pourtant, mais personne ne semble s'y intéresser.

Leur morceau se finit avec quelque applaudissements discrets. Le groupe sans nom range leurs instruments dans leurs étuis et quitte l'endroit discrètement.

Comme chaque fermeture, les clients rechignent un peu. Cependant ils partent, laissant la pièce vide d'âme. Il ne reste plus que moi. Fermant la porte d'entrée, je me sens enfin tranquille. Je suis sûre que personne ne viendra me déranger. Mes pieds se précipitent vers la scène et j'empoigne la guitare qui traîne dans un coin. De plus en plus rapidement, et le plus possible, j'enchaîne les chansons. J'ai l'impression que ce n'est pas par envie mais par nécessité, comme si, si je ne jouais pas maintenant, je mourrais.

L'impression n'en devient que plus grande quand je vois deux ombres à la fenêtre du bar. Ils tapent tous les deux contre la vitre frénétiquement.

Surprise, je manque de lâcher l'instrument. Il est à deux doigts de tomber contre le parquet. Kayla et Maxim cessent immédiatement et rejoignent la porte fermée. Je clos mes yeux l'espace de quelques instants et repose la guitare sur son étui, attrape le trousseau de clefs qui est sur le comptoir.

A peine ais-je ouvert la fameuse entrée que mes deux amis déboulent, complètement bourrés et morts de rire. Une petite sauterie alcoolisée je suppose.

-Vous foutez quoi ici bordel?Dis-je, légèrement énervée.

Kayla se tourne vers moi, un air sérieux sur son visage, et m'examine longuement avant d'éclater de rire.

-Je sais pas, on avait envie de venir voir notre bonne copine Casey et... ,elle appuie sur le et, et bah comme t'étais ici avec de quoi boire... Elle sourit.

-On a soif barman, cris Maxim qui nous rejoint, très très soif ! Il lève ses bras en l'air et s'affale sur le bar.

Des deux, Maxim est vraiment plus éméché et pourtant il est résistant à la boisson.

-On a que de l'eau ici.

-Mytho va ! Y a pleiiiiiins de bouteilles derrière toiiii. Rajoute Kayla qui est assise sur une moitié de siège.

-Vous êtes complètement saoules ! L'un comme l'autre ! Hors de question.

-Allé Caseeeeey, donnes nous à boire... Dit Maxim, qui se glisse lentement vers moi. S'il te plait...

-Non. Partez, vous pourriez vomir sur les meubles et je n'ai pas super envie de nettoyer derrière. Je les attrape tous deux, avec une force dont j'ignorais l'existence.

Chacun tente de s'extraire de ma poigne, mais rien à faire, ils sont tellement bourrés qu'ils n'y arrivent pas. Sur le pas de la porte, je les pousse dehors et dégaine mon iPhone. Je ne me rends même pas compte de ce que je fais.

-Allô? Valentin? J'ai un petit soucis avec Maxim et Kayla, viens à l'Émérite. Dis-je, si rapidement qu'il n'a pas le temps de répondre quand je raccroche.

J'espère qu'il a compris. Même si je me rends compte que je viens de faire une grosse connerie.

-*-

Mes deux amis sont allongés par terre, regardant le ciel en baragouinant des paroles que seuls eux-mêmes comprennent. Je joue à la baby-sitter, assise sur le rebord de la fenêtre. Mon appel à Gros Con N°1 remonte à une dizaine de minutes et je n'ai toujours pas de nouvelles. Mon téléphone ne sonne pas, c'est calme. Un peu trop d'ailleurs.

Mes bras croisés, je regarde les deux gamins qui rigolent sans arrêt. Soudain, ils se relèvent et, tout en restant assis, me fixent.

-Quoi? Vous avez vu un fantôme ? Les interroge-je, intriguée par leur attitude.

-Non. On se demandait si ça allait. T'as l'air contrarié. Réponds Kayla, malgré le voile d'alcool qui recouvre ses cordes vocales.

-Forcément que je suis en colère ! Non mais vous vous êtes vu? Je t'ai jamais vu aussi défoncée Kayla, et puis toi Maxim, on en parle même pas. Tu tiens à peine debout ! Vous savez quoi? Démerdez-vous pour rentrer ! Je saute de mon assise et entre dans le bar, comme une furie, en claquant la porte.

Je m'enfonce dans l'arrière boutique, ferme toutes les lumières et sors de l'autre côté de l'Émérite, en prenant soin de fermer la porte plus doucement cette fois-ci. Je me dirige vers l'ouverture principale et vérifie que l'entrée est bien fermée puis m'échappe en courant vers la bouche de métro la plus proche. Quitte à croiser des voleurs ou autres.

Dans le métro, je m'installe à la première assise que je vois, cependant le wagon est vide. Mon isolement se renforce encore, prenant doucement la place de la colère.

Génial Casey... Tu t'es sans doute mis à dos deux de tes amis. Quelle coup de génie ! Vraiment !

Les arrêts s'enchaînent sans que personne ne monte, il ne reste plus qu'un seul avant d'arriver à la maison. Les écouteurs sont visés sur les oreilles, j'efface les mauvais souvenirs de cette soirée et fixe mon regard sur mes ongles. Les minutes s'étalent, le temps d'attente est insupportable. Soudain le métro s'arrête, je me lève, me précipite vers le sortie comme si ma vie y dépendait et cours jusqu'à l'appartement.

Après avoir jeté mes godasses sur le canapé, je m'enfonce dans le lit, encore habillée et clos mes yeux. Mon esprit divague, emporté comme dans une tempête. Je tourne et retourne les événements, comme si tout allait se régler d'un claquement de doigt mais j'ai beau essayé, rien n'y fait. Alors que tout est dans le noir, nuit oblige, une source de lumière se met à émettre de mon chevet. C'est l'écran qui m'indique l'arrivé d'un nouveau message.

Putain.

En passant outre du petit 3h51 qui me nargue au sommet de l'IPhone, le nom qui s'affiche me donne un coup de fouet.

"Tout de suite, à la maison."

Je me lève, enfile ma veste, prends mes clefs et sors dans l'obscurité de la nuit. J'espère qu'il a une bonne raison de me déranger. Sans déconner.

-*-

Assise sur un banc en face de la coloc', j'attends. Je ne veux pas entrer, question de principe et puis j'ai envie de le faire un peu chier. Rapide SMS pour lui indiquer mon arrivée, je replis mes jambes et les posent sur le banc, m'allongeant presque dessus.

Il arrive quelques minutes plus tard, les mains dans les poches, la tête enfoncée dans ses épaules. Je n'arrive pas distinguer directement son visage dans l'obscurité de la nuit. Cependant, une mèche de ses cheveux blonds s'échappe de sa capuche. Il se tient debout, tête baisée.

-Tu voulais me parler? Dis-je, cherchant à trouver ses yeux.

-Oui. Il se pose sur le banc, regardant le ciel. Je voulais te parler...

Je croise mes bras.

-Maintenant que je suis là, parles. Je n'ai pas envie de rester là à rien faire et attendre que ça se passe.

-Je comprends Casey. Il se gratte le lobe de l'oreille et finit par se tourner vers moi, me permettant de le voir enfin correctement. Je t'ai appelé pour parler de dimanche et de ce qui s'est passé ce soir.

-Je t'écoute.

-Comment dire... Il suspend sa phrase et se mord la lèvre inférieure. Dimanche, c'était une erreur...

UNE ERREUR? Il se fout de moi là?

-Ce qui a faillit arriver a bien fait être stoppé. Je ne te vois autrement que comme une amie, tu vois? Il me regarde, cherchant à bien faire passer le message.

Que comme une amie? Oh la vache.

-Je comprends. C'est normal et puis c'est pas comme si nous avions un échange réciproque de sentiments, n'est-ce pas? Je ris jaune.

-C'est tout à fait ça, je vois qu'on est sur la même longueur d'onde. S'il te plait, on peut oublier ce moment, j'ai pas envie de te faire croire des choses.

-Non, t'inquiète pas, c'est déjà oublié.

MAIS NON? POURQUOI J'AI DIS ÇA?

Je.

Suis.

Une.

Abrutie.

-Promets le moi. Il me prend la main et me regarde intensément.

-Promis.

Tu rigoles? C'est impossible d'oublier ça !

-Bien. Pour ce soir...

-Il n'y a rien à dire, tu n'es pas venu et c'est tout. Je joue avec mes ongles, tentant d'oublier que je suis là.

-Mais bien-sûr que je suis venu ! Il y avait quand même mon meilleur ami et ma... Il se racle la gorge. Et ma petite amie qui étaient complètement pétés. J'allais pas les abandonner comme des merdes ! Il lâche ma main et élève le ton.

Je me détourne automatiquement de mes mains pour me tourner vers lui et le regarder dans les yeux. ATTENDS.

-Quoi?

-Hum, hum...Mon meilleur ami et ma petite amie étaient bourrés, heureusement que tu m'as appelée. D'ailleurs merci. Je savais qu'il ne fallait pas aller à cette fête...

Je fais un blocage sur cette révélation. Je comprends mieux les phrases précédentes à présent... Je me sens un peu honteuse.

-Attends, attends... Vous êtes ensemble avec Kayla? Kayla, la rousse? Notre Kayla? Mes yeux doivent prendre la forme de deux soucoupes volantes actuellement. Sérieusement?

-Evidemment, pourquoi? Ça fait des semaines qu'on est ensemble, elle ne t'a pas dit?

Non, elle ne me dit pas tout...

-Non, je ne savais pas... Mais si tu étais avec Kayla, pourquoi tu as fait... Ça... dimanche?

Il se détourne de moi, se lève et commence à s'éloigner du banc.

-Putain Casey ! Tu as promis de plus en parler ! Ça fait deux minutes et tu romps déjà ta promesse ! Putain ! Il se tire les cheveux et me lance un regard froid. J'y vais. Salut. Il rejoint sa baraque et me laisse, seule, sur le banc, avec mes questions et mon incompréhension.

Mais pourquoi Kayla ne m'a rien dit? Remarque, j'avais des indices pour comprendre. Le soir de la fête, la discussion avec Kayla, l'emportement de Valentin le lendemain. Les pièces du puzzle viennent peu à peu prendre place mais d'autres disparaissent, me laissant complètement perdue.

-*-

Je suis obnubilée par l'annonce que je viens de recevoir. Même Maxim me l'avait caché ! Je me sens en colère de ne pas l'avoir su avant. Remarque, je n'avais peut-être pas à le savoir? Mais si évidemment, nous sommes tous les quatre amis !

Enfin. Est-ce que la notion d'ami existe encore? Puisqu'on me cache tant de chose.

Je tape dans une canette vide qui est à côté de moi et prends ma tête entre mes mains, la recevant comme si elle allait tombé. Mon pied gauche tape le sol rapidement et les veines de mes tempes sont sur le point d'exploser sous le jeu de la pression.

J'ai l'impression de me noyer. C'est complètement ça ! Sauf que je ne me noie pas dans la mer mais dans un flux d'informations contradictoires.

Parfait. Je perds la tête maintenant.

Je me lève du banc et m'éloigne après un dernier coup d'œil vers la maison. La lumière est allumée dans le salon.

T'as besoin de plus d'explications ! Vas-y Casey !

Je me mors la lèvre et secoue ma tête, m'interdisant d'y aller. Mais mes jambes répondent autrement, me forçant à entrer dans le terrain. J'avance, de moins en moins rassurée et regarde rapidement le salon par une petite fenêtre. La vue qui s'offre à moi me broie le cœur.

Val', assis sur le canapé avec Kayla sur lui, couchant avec elle.

J'ai juste envie de vomir à présent. Je cours jusqu'à la sortie et lance le paquet sur le trottoir. Je m'éloigne de cet endroit au pas de course, quelques larmes coulent sur mes joues.

C'est à ce moment que j'arrive à la mauvaise conclusion.

Je crois être amoureuse du petit copain de mon amie.

Et là, c'est un énorme -non pas énorme, un gigantesque- problème.

Je rentre à la piaule, l'envie mortelle de jouer de la guitare. Voilà un truc qui ne me brisera jamais le cœur.

Je joue toute la nuit, m'en dormant à l'aube.

Dure est la révélation quand elle est mauvaise pour soi et surtout pour les autres.

Il était une fois... La Belle et la Bête:
Tout le monde connaît l'histoire de la Belle et la Bête.

Enfin, connaître est un très grand mot. Vous connaissez sûrement l'histoire du Disney et vaguement son résumé.

Allez y, résumez moi ce beau conte qui berça l'enfance de plus d'un.

Ça y est?

Vous n'avez pas recopié celui du net j'espère !

Bref.

Tout le monde connaît cette histoire. Mais j'ai une autre version, complètement différente de celle de Disney, à vous raconter...

Commençons par les bases de tout conte qui se respecte...

Il était une fois...

*-*

La jeune femme était allongée dans l'herbe un peu rêche du parc où elle était installée depuis quelques heures. Un livre ouvert contre sa poitrine et ses écouteurs enfoncés dans les oreilles, du twenty one pilots résonnait dans le creux de son estomac. La musique et la lecture soignent bien souvent les mœurs et c'était vraiment le cas pour elle.

La petite brise polluée lui caressa les narines et se réveilla en sentant son téléphone vibré dans sa poche arrière. Elle se frotta la joue où un filet de bave avait séché. La demoiselle en déduisit qu'elle avait donc du dormir la bouche ouverte. De quoi se mettre la honte.

-Ah la vache... Mais que ce truc se taise !

Tout en dégainant l'objet du délit, elle se releva, rangea son livre encorné dans son vieux sac élimé et se leva. La jeune endormie fixa l'écran de son téléphone et vit un appel en absence de son cher père. Elle souffla et le rappela, la bouche un peu pâteuse.

Son père répondit dès la première sonnerie, vieille habitude depuis qu'elle avait son téléphone.

-Belle?

-Salut papa... Ça va, je ne te manque pas trop quand même? Elle adorait faire dans le cynisme, ce qui déplaisait forcément à son cher papa. Je rigole évidemment, tu viens de me réveiller de ma longue sieste de... Elle se secoua son poignet droit et regarda sa montre en plissant les yeux. Elle se réveilla vraiment cette fois-ci en voyant l'heure affichée. Oh merde !

"Belle" entendit son père pousser un énorme soupir à travers le combiné.

-Je t'avais prévenu de ne pas aller au parc mais évidemment, tu ne m'écoutes jamais ! Malgré son ton sévère, elle sentit que son interlocuteur souriait.

La jeune femme se mit alors en route, l'appel toujours en cours, l'oreille vissée contre son appareil. Elle était à la bourre pour son entretien d'embauche et elle le savait.

-Merci papa ! Merci de m'avoir réveiller ! Elle courait vers la bouche de métro pour décrocher le premier qui venait. Heureusement que cette station ne couvrait qu'une ligne. Tu ne peux pas savoir comment tu me sauves la vie !

-Ce n'est rien ma chérie. Je voulais être sûr que tu étais déjà arrivée mais visiblement... Petit silence. Ce n'était pas le cas.

Le père de celle-ci savait pertinemment que sa fille, si elle était au parc ou en pleine lecture, s'endormirait et comme "Belle", c'était le surnom qui lui donnait, était une personne assez désorganisée, il restait toujours pour son bébé, lui rappelant des rendez-vous comme un journal électronique, par exemple. Et aujourd'hui, c'était un jour important alors sa petite chérie ne devait surtout pas arriver en retard. En effet, il a eu du flair de l'appeler.

-Je sais papa... Elle monta en même temps dans la rame, juste au moment de fermeture des portes automatiques. Je te rappelle en sortant ! Bisous !

Elle ne put recevoir de réponse, le réseau s'était coupé. C'était de la chance d'avoir pu tenir aussi longtemps. Accrochée à la barre, elle rangea ses écouteurs et son téléphone dans son sac puis attendît son arrêt avec une boule de stress qui lui barra toute la bonne humeur qu'elle ressentait auparavant. Elle ferma les yeux un instant.

Maintenant que nous avons un peu de temps, histoire d'attendre aussi qu'elle sorte du métro, parlons de la fameuse "Belle". Disons que cette jeune femme avait hérité du prénom Lexy. Lexy Marie Belle Scott. Elle venait d'avoir 20 ans et avait une ressemblance notable avec la fameuse Belle du dessin-aminé. Même passion pour la lecture, de longs cheveux bruns naturellement ondulés, des prunelles aussi sombres que la nuit et un mec abruti qui lui courait après. Vous voyez ce cher Gaston? Oui, oui, le roi des cons. Et bien Gaspard, quant à lui, était une réplique du personnage. Particulièrement musclé, pas franchement intelligent et surtout affreusement dérangeant. Dans son dos, elle le nommait Gaspard, le roi des connards. Ça annonce la couleur, n'est-ce pas ?

Mais la ressemblance s'arrêtait là. Son caractère n'était aucunement comparable à celui de la gentille fille un poil naïve quoiqu'un peu courageuse d'avoir pris la place de son cher père dans le château de l'horrible Bête, qu'elle trouvait sacrément culotté d'emprisonner une fille pour qu'elle le sauve. Et puis, on va se mentir, c'était carrément niais. Je pense que vous l'aurez compris, ce Disney était comme un résumé de sa vie sauf que tout était plus réel et qu'il n'y avait pas de Bête. Elle détestait ce conte.

La sonnerie de son arrêt résonna dans l'habitacle et la ramena rapidement à la réalité. Elle devait mettre le paquet pour ce job dans une bibliothèque. C'était le travail parfait. Pas trop loin de chez elle, une rente plutôt correcte pour une première fois dans la vie active et surtout, le plus important, elle pourrait emprunter des livres quant elle le voulait. Mais bon, la vraie vie n'est point le monde des Bisounours du coup il y avait un point noir. Non, pas un point... Une tâche un peu désagréable.

Et cette tâche ? C'était le roi Gaspard qui tentait tout pour l'avoir dans son lit. En effet, il habitait dans le coin où se trouvait le job et cela ne la rassurait pas de l'avoir pas loin.

"Chère Lexy, tu as intérêt à réussir ton entretien sinon je vais t'éclater en sortant." Elle se parla à elle-même et s'avança jusqu'à la fameuse bibliothèque où attendait sa supposée supérieure, sur le pas de la porte.

Elle s'arrêta devant l'imposante porte en bois foncé et l'observe quelques instants. Lexy décrocha un regard sur sa montre.

"2 minutes d'avance..."

-Oh yes putain ! Ce fut un cri du cœur qu'elle poussa puis replaça maladroitement sa chevelure, son haut et toucha son collier. Dernier cadeau qu'elle reçût de sa mère, sur son lit de mort. Vachement joyeux comme moment. Cependant ce bijou qui lui appartenait à présent lui donna du baume au cœur.

Elle se sentît enfin prête puis monta les quelques marches et entra, plus confiante que jamais.

*-*

-Alors ? Comment ça s'est passé ? Questionna son père, assis sur son fauteuil, à peine Lexy fut rentrer dans la sobre masure.

La jeune femme posa son sac sur la table et croisât les bras, se mordant la lèvre inférieure pour retenir ses larmes.

Son père comprit immédiatement.

-Belle? Tu ne serais pas entrain de me berner par hasard? Il s'installa dans le fond de son siège et fixa le visage de sa fille.

Automatiquement Lexy cessa sa comédie. Elle sembla déçue d'avoir loupée son coup.

-Rooh... C'est trop nul, tu me connais par cœur ! Elle fit semblant de bouder les bras croisés et regarda la fenêtre qui donnait sur le petit potager qu'elle cultivait avec son cher papa.

En parlant de lui, il se leva de son assise et s'avança vers sa fille pour la prendre dans ses bras, un grand sourire s'éclairant son visage ridé.

-Je te connais par cœur mon ange, tu es comme un livre ouvert pour moi. Il la serra un peu plus fort. Félicitations Belle.

Elle se détacha de lui, le sourcil un peu froncé.

-Quand vas-tu cesser de m'appeler ainsi? Je ne suis plus une gamine et tu sais que j'ai horreur de ce film !

Il gloussa en retour.

-Tu es peut-être grande maintenant mais tu restes mon petit bébé. Clignement d'œil. Et puis, je ne sais pas pourquoi mais je sens que ce prénom te colle parfaitement à la peau.

Lexy souffla bruyamment et s'effondra de tout son poids dans le petit canapé qui touchait le fauteuil du patriarche.

-Si ça t'éclates, vas-y. De toute façon, au point où on est... Merci pour mon job d'ailleurs. Elle cria cette dernière phrase car l'unique homme de la maison était dans la cuisine.

-Café ou thé vert? Répondit-il, sur le même ton. Je n'ai rien d'autre.

-Café avec...

-Deux sucres ! Finit-il, il la connaissait vraiment par cœur. Voilà ce qui était effrayant. Comme quoi, dix ans de vie commune juste tous les deux les avaient vraiment rapproché.

Avant le décès de la mère de son unique enfant, Marie, le gentil Henri Scott était dans la marine de la nation et je ne vous apprends rien si j'ajoute qu'il ne voyait sa petite Belle que quelques fois dans l'année, quand il n'était pas en mission. Mais quand une maladie mystérieuse emporta un des deux êtres qu'il chérissait le plus, il abandonna rapidement son travail pour devenir papa au foyer et éduquer sa petite Lexy qui n'était pas en grande forme à l'époque. Crise de larmes, dépression, etc... Lexy avait mis un an et demi à faire son deuil et ce fut une période qu'Henri et Lexy préféraient oublier à présent.

Ils avaient tourné la page ensemble. Unis.

Je vous passe le chapitre où on apprend qu'ils deviennent pauvres et qu'Henri passait son temps à cultiver son jardin pour vendre ses maigres récoltes sur un marché de campagne, le samedi matin. Bref, ce fut compliqué.

Pour conclure, vous pouvez comprendre que cet entretien d'embauche était une réelle bénédiction après l'échec des études secondaires en fac de médecine de la jeune Lexy, deux ans plutôt. Disons que la médecine a eu raison d'elle et elle eut l'intelligence de s'en rendre compte avant de faire de gros dégâts financiers dans les comptes familiaux.

Lexy se replaça correctement dans le canapé puis attendît son café patiemment. Les bruits de la cafetière lui donna des frissons et ils s'arrêtèrent dès que les bruits cessèrent. Henri avança dans le petit salon un poil vétuste et posa son plateau sur la table basse. La Belle décrocha un sourire chaleureux, très rare, et prit sa tasse, louchant sur la fenêtre.

Le père se réinstalla à sa place mais ne toucha pas à son thé, fumant dans sa tasse certifiée "Meilleur Papa du monde". Petit cadeau de sa fille lors de son anniversaire cette année-là. Il avait perdu son petit sourire et regarda sa fille longuement. Belle le remarqua quelques instants plus tard.

-Tu ne bois pas?

-Non, je t'observe.

Glauque.

-Papa... Elle reposa sa tasse vide et se pencha vers son père, un plis soucieux barrait son front qui s'était recouvert de rides depuis 10 ans. Qu'est-ce qui se passe?

Henri balaya sa question de la main et se retourna vers la télécommande de la télévision. Plus moyen de communiquer avec lui quand il regardait ses émissions.

-Bon. Je vais dans ma chambre, viens de me voir quand tu auras enfin envie de parler ! Lexy monta les marches de l'escalier, ne se sentant pas de se disputer avec son père alors qu'elle était heureuse.

Elle claqua la porte de sa chambre et sauta sur son lit puis fixa le plafond.

Sa chambre était mansardée mais le plafond en plâtre était recouvert d'étoiles fluorescentes qui s'illuminaient le soir. Sur les murs, la peinture s'effritait légèrement mais Belle cachait les désastres par des posters qu'elle aimait depuis l'adolescence. Dans un coin, près de la fenêtre, il y avait son bureau où s'étalaient des piles de livres, quelques cahiers de notes et son fidèle Lou, le personal computer qu'elle avait reçu au Noël précédent le passage des épreuves de fin du lycée. Malgré le peu d'argent que son père et elle avaient accumulé, il lui avait offert un MacBook Pro, acheté en réduction à une de ses vieilles amies. Bref, Lou était son journal intime, son rédacteur et son meilleur ami.

Bon, j'avoue, c'est ultra triste avoir comme meilleur ami un ordinateur. Nous reparlerons plus tard des amis de Belle.

Recentrons sur sa chambre. Jouxtant le bureau et le nombre incalculable de livres triées par couleurs et par lettre rangés dans ses bibliothèques, il y avait la fenêtre et sa banquette crée avec des planches de contre-plaqués et un vieux matelas découpé. Il y avait des tiroirs en dessous où elle stockait ses vêtements intimes et les lettres qu'elle rédigeait à sa défunte mère, tous les ans, le jour d'anniversaire de cette dernière et le jour "d'anniversaire" de sa mort. Le 29 janvier et le 10 décembre.

*-*

Belle, qui s'était endormie, se réveilla en se frottant les yeux quand elle entendit du bruit provenant du rez-de-chaussée de la demeure. Elle fut étonnée en premier lieu car personne ne leur rendait de visite depuis un certain temps. Puis elle se sentit un peu inquiète car les échos de voix étaient assez violents, comme s'il y avait une altercation entre son père et une personne inconnue au bataillon.

Curieuse et surtout effrayée, elle sortit de sa chambre en silence et s'approcha de l'escalier puis se cacha derrière les barreaux. Les voix se distinguèrent rapidement même si une d'elle était complètement inconnue.

-Arrêtez de vous retarder votre tâche Monsieur Scott ! Nous attendons remboursement et si il n'arrive pas d'ici la semaine prochaine, attendez-vous à bien plus que des menaces. Gronda la voix masculine de l'adversaire et sans doute du maître chanteur de son père.

Merde.

Son père était sous le joug d'un maître chanteur.

-S'il vous plaît, implora la voix granuleuse de son père, je vous ai donné bien plus que je ne pouvais avoir et vous en voulez encore plus? C'est de la folie ! Monsieur ne peut pas m'accorder une rallonge ?

Lexy entendit un bruit sourd et comprit rapidement que son père était plaqué contre un mur. De peur, elle courra vers sa chambre et ferma sa porte à clefs. Elle se rendit à la fenêtre et regarda par celle-ci pour finalement découvrir une limousine avec deux gardes du corps. Heureusement pour elle, la lumière de sa chambre n'était pas ouverte mais ses volets si. Lexy trembla de peur et avant de esquisser un geste, elle entendit un silence. L'homme venait de sortir de sa maison et se dirigea vers sa voiture en se replaçant la cravate.

Il portait un élégant costume et ses cheveux bruns étaient plaqués en arrière. Alors qu'il avançait sur le petit chemin en pierre qui menait à la route, il se retourna vers la maison et fixa la fenêtre de Belle qui était bien en vue. Son visage afficha un sourire carnassier et sortit un objet de sa poche intérieure. Il s'agissait d'une montre à gousset en or. Elle pâlit en le voyant faire le chiffre sept avec ses mains. Recouvertes de sang.

Belle hurla de terreur, sortit en trombe de sa chambre et se rua dans le salon où l'odeur du sang était la plus forte. Henri gisait, un poignard dans la cuisse, des traces de son sang ornant les meubles et les murs. Son père saignait de tous les côtés, des traces de coups sur son visage et des gouttes de sueurs coulant de son front, lui aussi en sang.

Il leva difficilement sa main droite ensanglantée pour toucher la joue de sa fille puis murmura:

-Je suis désolé Belle... Je t'offrirai ta rose plus tard... Puis il tomba dans les bras de sa fille qui lui hurlait de rester éveiller.

Lexy, ou Belle, se promit à cet instant de se venger et de retrouver cet homme qui venait de lui sourire. Même s'il n'était pas le patron de cette affaire.

Oui j'avais du temps pendant les vacances en Italie, j'étais un peu inspirée mais juste un peu.

Bonne journée/soirée !

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Caroline
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Re: Daloriia's Factory

le Sam 27 Aoû 2016 - 8:17
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Je n'ai pas encore lu les textes mais tes photos d'Italie sont très chouettes !
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Will
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Re: Daloriia's Factory

le Sam 27 Aoû 2016 - 10:28
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C'est clair, tes photos sont superbes Smile j'adore celle en contre-jour, celle des poivrons ou piments ? aussi pirat

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Linette
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Re: Daloriia's Factory

le Sam 27 Aoû 2016 - 16:22
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Superbes les photos. Elles sont très graphiques, j'adore !
Et les textes... J'ai retrouvé avec beaucoup de plaisir sujet 234. C'est vraiment bien écrit. Perso, j'adore aussi. Tu continueras, hein ? 

Et j'ai lu aussi l'histoire de Lexie. Le ton est différent. Avec sujet 234 (je sais pas le titre de l'histoire), je vois des images hyper futuristes, comme dans le dernier film de Divergente, alors qu'avec Lexie, je vois plutôt une atmosphère comme dans les films policiers New-yorkais, les lumièresde la nuit en ville. Une autre ambiance, mais j aime beaucoup aussi.
Continue, s'te plaît, tu es douée.

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Re: Daloriia's Factory

le Sam 27 Aoû 2016 - 18:57
Caro: Merci, j'ai reçu mon appareil photo Noël dernier, du coup je m'éclate à prendre tout ce qui bouge et qui brille.

Will: Merci monsieur ! Oui, oui, ce sont des poivrons (du moins, je crois).

Linette: POUAH, tu m'as pondu une sacrée réponse ! Donc:

-Déjà merci, car je suis polie.
-Ensuite tu peux l'appeler Taya, c'est aussi plus rapide ^^. Biensûr que je vais continuer, ça me plait beaucoup ! Le titre de l'histoire est "2150:Destruction" mais j'abrège en 2150, c'est mieux !
-Enfin, je suis contente que la Belle et la Bête te plaise, c'est le premier vrai avis que je reçois et si tu perçois ce type d'atmosphère alors tu peux penser que tu tombes juste, c'est exactement ce que je veux comme impression ^^.

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LE CHAPITRE 6 OH MY GAD !

Hihi, j'avais pas fini le chapitre 6 hier, et comme je l'ai posté tout à l'heure, le voici ici ! Bonne lecture !

Le Chapitre 6:
"-Taya ! Ne me laisses pas ! Crie la voix enfantine de la jeune Maddie.

Elle est lointaine mais pourtant si perceptible...

-J'arrive sœurette ! Je ne t'abandonnerai JA-MAIS ! Je réponds, m'avançant vers la petite fille qui me fait face.

Je ne suis plus qu'à quelques petits mètres d'elle, plus je sens mon cœur se serrer dans la poitrine. Je porte ma main dessus et sens un liquide se répandre entre mes doigts. Du sang.

-Et pourtant tu m'as abandonné. Regardes ce que tu m'as fais !

Le sang coule sur ma chemise de nuit grise. Je lève la tête vers Maddie qui saigne de partout, le visage livide. Je m'écrase au sol, la douleur dans la poitrine étant trop forte à présent. Une larme s'échappe et roule sur ma joue sèche. J'entends de moins en moins les bruits mais arrive encore à écouter Maddie.

Elle me susurre à l'oreille.

-Voilà ce que tu m'as fais subir... 234 ! "

-234 ! 234 ! Réveilles toi ! On me secoue dans tous les sens ce qui a le mérite de me réveiller d' un coup d'un seul.

Je me retrouve assise, droite comme un i, sur mon lit, haletant comme jamais et des gouttes de sueur qui reproduisent le circuit de Monte Carlo du siècle dernier le long de mon dos. Je porte ma main sur mon cœur, instinctivement. On me palpe doucement l'épaule puis me prend dans les bras. Même si je ne distingue pas la personne qui me berce doucement, je plonge mon nez dans son cou et pleure.

-C'est fini maintenant... C'est fini... Dit la voix qui se glisse dans mon oreille. Elle est masculine.

Je m'écarte et passe mes doigts sur le front de la personne qui me fait face. Il s'agit de 198 qui me regarde tristement.

-Tu as hurlé tellement fort que tu as réveillé les couloirs. Des sujets sont assez en colère que tu aies perturbé leur sommeil. Il sourit. Mais t'inquiètes pas pour eux, ils s'en remettront vite.

Un lourd silence s'installe alors, me laissant du temps pour l'observer. Ses cheveux châtains clairs tombent sur ses yeux et je ne peux m'empêcher d'enlever la mèche qui ne semble pas le perturber plus que ça. Il me regarde dans le fond des yeux, comme s'il cherchait quelque chose d'enfoui.

-Désolé de t'avoir réveillé... Une petite larme sort. 198 la remarque puis l'écrase délicatement avec son pouce.

Il se relève après un petit moment de silence puis s'éloigne vers la porte. Il s'arrête devant l'encadrement, comme l'a pu faire Agent Spécial Luke hier, puis souffle et sourit vers moi.

-Si tu refais des cauchemars, je viendrais te réveiller. Rendors toi maintenant. Il ferme la porte et je l'entends s'assoir contre elle.

Il restera toute la fin de la nuit ainsi, assis sur le sol froid du couloir, à monter la garde.

---

"-Les Sujets sont invités à se lever, il est 6h30, heure locale et l'équipe vous souhaite une bonne journée du 10 novembre."

Grésillement de fin de transmission.

Je me lève de mon lit, sors une tenue et toc contre ma porte.

-198? Je peux ouvrir?

J'entends un grognement percé dans l'agitation des vibrations qui m'entourent. Je glousse mais une douleur fulgurante me perse le crâne, me sentant obligée de poser une main dessus, et il finit par me répondre.

-Oui..., il baille et ouvre la porte pour moi.

Il m'examine de haut en bas puis sourit doucement mais s'arrête immédiatement quand il voit mon visage tordue de douleurs.

-Je suis toute engourdie et j'ai un énorme mal de crâne... Ça te le fait aussi?

198 s'approche de moi et palpe mon crâne. Il appuie exactement à l'endroit à ma douleur ce qui me fait pousser un petit cri malgré moi. Les Sujets qui passent dans le couloir s'arrêtent un instant, curieux, puis reprennent leur marche vers la cantine.

Quant à 198, il m'attrape mon bras et m'attire vers mon lit puis m'allonge.

-Mais qu'est-ce que tu fous? Demande-je, étonnée. On doit y aller ! Je veux me relever mais 198 exerce toute sa force et me plaque contre le matelas.

Ses mains s'encrent dans mes poignets, tellement fort que je commence à avoir mal. Je me débats quand 198 attrape un espèce de bouton et appuie dessus. Il ressemble étrangement au bouton rouge d'hier. Je louche dessus puis passe mon regard de l'objet qu'il tient dans sa main à ses yeux.

-Désolé de te faire mal mais c'est la procédure si tu ne te sens pas bien... Il dit cela doucement.

-Sérieusement ? Allez jusqu'à me faire mal, c'est la procédure ? Rien que de parler me fait souffrir alors je cesse immédiatement de parler et regarde fixement le jeune homme qui est radicalement sur moi. Non pas que ça me plaise pas mais la situation n'est pas des plus propices.

Soudain, Mary Buckley, ce qui me stoppe direct dans mes pensées, la fameuse infirmière déboule dans la salle, éjecte le pauvre Sujet 198, souffle rapidement, et s'assoit à côté de moi.

-Hey ! Elle sourit et sort sa seringue. C'est du liquide bleu qu'il contient. Finalement, je vais peut-être avoir un arc-en-ciel dans le sang si je reçois des liquides de toutes les couleurs. Bon, je savais déjà que tu étais une rapide, donc tu vas recevoir ton traitement plus tôt que la normale. Mary appuie sur le poussoir et donne une petite pichenette pour agiter le produit puis me montre la seringue. Voici ce qui te permet de pouvoir contenir tes capacités. Je t'avais déjà expliquée que tu recevras ceci pendant deux mois quand ton entraînement sera fini. Bref, tu vas fixer un élément qui te fait du bien et je vais injecter au bout de trois secondes, okay?

Je me focalise sur 198, qui se frotte le cou puis détourné le regard de moi. Il doit être gêné.

-Prête ?

J'acquiesce en silence.

-3... 2... Elle pique, appuie et retire avec violence. Tu vois, rien de terrible. Elle met un pansement, se relève du lit puis quitte la pièce. À demain Sujet 234 !

Je reste les yeux fermés pendant un moment pour réaliser. En l'espace de dix minutes, je me suis réveillée, on m'a plaquée contre un matelas, prise de maux de tête et d'engourdissement pour finir sur une piqûre plus que expéditive. Je ne vais définitivement pas m'y faire à ce bunker. Je sue abondamment puis entends 198 se rapprocher de moi. Il me tend sa main que je refuse. Je me retrouve debout quelques secondes plus tard qui me frotte les poignets en fixant le pauvre 198 avec rage.

-Tu étais vraiment obligé de me faire mal de la sorte? Je crache les mots comme ils viennent puis sors.

Je pars dans les couloirs en entant 198 me poursuivre.

-C'est la procédure 234 ! Il crie.

-J'en ai rien à battre de la procédure ! Tu n'aurais pas dû appuyer si fort ! Je lui lance un doigt d'honneur puis rentre dans la cantine, relativement proche de ma chambre d'ailleurs.

Je prends un plateau, prépare mon repas puis m'installe à une table où personne n'est assis.

-S'il te plaît... Ne m'en veux pas...

198 fait une moue triste, son petit plateau dans les mains. Il me supplie du regard ce qui a le pouvoir de me rendre un peu coupable. Je lui indique de la main la place qui me fait face puis me replonge dans mon bacon. Enfin, bacon, ça ressemble à tout sauf à du bacon mais je ne ferais pas de commentaires.

Je repousse mon assiette des mains puis regarde les sujets qui discutent et rigolent entre eux. Beaucoup me jettent des coups d'œils et parlent sans doute de moi dans mon dos mais je décide de laisser passer.

-234? Hey ! Je te parle !

198 agite sa main devant mes yeux dans le but de me réveiller de mes rêveries.

-Quoi?

-Je te demandais si ça allait... Après ton cauchemar, cette nuit, j'ai réfléchi et... Il laisse sa phrase en suspend.

-Ce n'est rien... Je baisse la tête. Oublies je t'en prie...

-Sûrement pas ! Si tu avais entendu tes hurlements, il était à glacer le sang... Et puis tu avais une tâche rouge sur la poitrine du coup, je t'ai réveillé... Il porte sa main sur son cœur et m'indique l'endroit où j'avais saigné dans mon cauchemar.

-Je... Je... Je place mes mains sur ma table, elles tremblent et 198 les prend dans les siennes, cherchant mon regard. Je veux parler mais les mots bloquent dans ma gorge.

-On ne se connaît que depuis hier mais... Dis moi si ça peut t'aider.

Je retire mes mains et me lève de table, attrape mon plateau et le jette dans le bac de nettoyage puis quitte la pièce en courant.

Pourquoi je fuis ? Sincèrement, j'en ai aucune idée mais quelque chose m'empêche de prononcer le prénom de ma sœur. Cela ne m'avait jamais fait ça auparavant... Du moins, pas avant la piqûre bleue.

Je fonce dans ma chambre, attrape une serviette et m'entoure dedans, nue, me dirigeant vers les douches.

---

Ma connaissance avec les lieux n'est pas extraordinaire donc je me perds pour une énième fois.

-Sujet? Pouvez-vous décliner votre identité? Une voix masculine que je commence à reconnaître me parle, derrière moi.

Oh, non... Pas lui, seigneur !

Je reste silencieuse et continue d'avancer. Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour disparaître.

-Je vous ai demandé quelque chose ! Veuillez répondre à votre supérieur ! Je l'entends s'approcher rapidement de moi, alors je commence à courir.

C'est alors que commence un cache-cache digne des meilleurs joueurs se joue mais évidemment j'arrive à trébucher et tomber au sol, la serviette commençant à partir mais je la rattrape avant qu'il ne puisse voir. J'ai un peu mal au bras, grâce au choc mais me retiens d'exprimer mon mal.

Le supérieur cours vers moi et se retrouve accroupi à côté de moi. Il manque de s'étrangler quand il me relève et aperçoit mon visage, rouge comme une tomate.

-Euh... Sujet 234... Euh... Il rougit en voyant notre position. Il se retire immédiatement et reprend son air sévère. 234, vous auriez dû répondre quand je vous parlais. Je vous ordonne de me dire pourquoi vous ne me répondez pas?

-Et si je ne veux pas vous répondre. Comment on fait ? Je dis ça sur un ton de défi. Ce que je regrette directement après l'avoir dit.

Son sourcil s'arc-boute et il semble furieux. Il attrape mon bras et me rapproche de lui. Je sens son souffle saccadé dans mes oreilles. Je me tourne entièrement vers lui et le regarde bien en face.

-234. Il retient un petit rire. Vous apprendrez à répondre à vos supérieurs sous peine d'être puni. Très violemment, soyez en sûre. Il a un ton grave même si je vois une drôle de lueur dans ses yeux.

J'élude sa question et son avertissement puis lui indique que j'ai besoin de me laver. Il me lâche enfin en m'indiquant le chemin.

-Merci, je prends note Agent Luke. Je souris doucement puis me met à courir vers les douches. Je risque d'être en retard avec mon plantage.

---

Le soir même

J'ai passé la journée entière à m'entraîner. 198 ne m'a parlé, 673, à sa douce habitude, n'a pas cessé de ruminer sa colère et draguer le jeune sujet tandis que l'Agent Luke est resté assez silencieux avec moi.

J'en ai déduit que me voir presque à poil et ne répondant pas à ses ordres l'avait dérangé donc j'ai laissé couler.

Je suis dans une espèce de bibliothèque où tous les Nanopads sont rangés par numéro. Je prends celui de mon numéro et l'allume. Je pianote sur le clavier et regarde les propositions affichées quand un message au sommet s'anime.

"Maintenant, dans l'ŒIL, vite."

L'envoyeur est inconnu mais ma curiosité se joue de moi. Je range l'appareil et sors discrètement du lieu. Les autres Sujets sont tellement obnubilés par leurs Nanopads qu'ils ne prêtent pas attention à mon départ.

Je cours dans les couloirs et atterris dedans la porte de l'ŒIL. C'est 198 qui m'attend cacher.

-Viens. Il rentre dans un trou pas plus grand que lui. J'hésite un instant mais les vibrations d'un garde se rapproche alors je fonce dans le trou.

Nous avançons en silence puis 198 s'arrête et puis me montre du doigt une espèce de fenêtre donnant sur le bureau du directeur, en pleine conversation avec Gibson.

-Le programme RESTART est-il prêt ? Dit Maxwell, assis dans son siège en cuir.

-Non pas encore mais le réveil du Sujet 234 indique que la fin de cette ère est proche. Nous allons bientôt pouvoir commencer.

Je louche sur 198 qui semble aussi surpris que moi.

-Tu sais de quoi ils parlent ? Je chuchote.

-Non, pas du tout mais on va bientôt le savoir.

Nous nous concentrons sur la discussion des deux personnes.

-Vous savez que la tâche ne sera pas aisée et 234 semble se souvenir de son passé. La preuve est visible. Elle n'aurait pas dû se souvenir que ça. La mission sera compromise si elle se remémore.

-Évidemment monsieur. C'est pour cette raison que E-40 va lui faire oublier. Mlle Buckley a eu une très bonne idée pour le lui transplanter. Et nous savons qu'elle réagit vite au sérum. Dans 2 semaines se sera pliée !

-Je n'en doute pas. Tuer 234, comme nous l'avons fait avec sa sœur, sera aisé. Maxwell rit diaboliquement. Elle nous mangera dans la main !

Gibson et Maxwell se mettent à rire ce qui clôture leur conversation.

Quant à 198 et moi, nous nous regardons en silence et rebroussons chemin. Arrivée à l'entrée 198 se tourne vers moi et me regarde.

-234, dis moi comment s'appelle ta sœur.

Grand vide mémoriel.

-Je... Je... Je n'ai plus aucuns souvenirs !

-Merde ! Il se tire les cheveux et fait les cent pas. L'E-40 commence déjà à faire effet ! Ne t'inquiètes pas, je vais te sauver. Il me prend dans ses bras et me caresse le crâne. Je vais t'aider...


Bonne journée/soirée !


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Re: Daloriia's Factory

le Lun 29 Aoû 2016 - 11:29
*double post* désolé les modos ♥

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Attends. Le chapitre 7? Déjà? Mais t'as rien d'autres à faire? Et une simette

J'abuse un peu sur l'écriture, durant ma pause de travail, bah j'écris et là, j'ai pondu le chapitre 7 en une journée. OKE ! Sinon, voici la jeune Kimmy O'Connor qui débarque ici. Elle est dispo sur ma Galerie (ID: Tiploufa) et contient beaucoup de CC du Poulet. Bon visionnage/lecture!

Chapitre 7:
-Je t'en supplie 234. Essaie de te souvenir de ça... Rappelles toi de ton cauchemar... Il se frotte les cheveux et se gratte la tête.

Je reste silencieuse, me triturant les ongles et l'esprit. Je ne peux pas avoir oublier si facilement... C'est impossible. Soudain, je réalise.

-198, comment savais-tu qu'il se tramait un truc? Il est assis sur le bureau de ma chambre, les bras croisés.

Il me fixe, surpris de ma question puis fait une moue défaitiste.

-Avant ton réveil, j'ai aussi reçu des injections. Je savais comment ça se déroulait et quels étaient les effets secondaires. Pour ma part, elles étaient violettes et me rendait un peu fou. Il mime avec ses doigts la taille. Ça a duré deux mois. Deux mois de souffrance... C'est 673 qui m'a aidé à sortir de ma démence. Elle venait m'apporter des médicaments la nuit, qu'elle avait piquée à l'infirmerie. Et puis... Il souffle. Et puis, un jour, les voix qui me parlaient sans cesse se sont stoppées et j'ai commencé à développer des aptitudes.

-Quel genre d'aptitude?

-Du genre mortelle. Il se retourne et fuit mon regard insistant. Je dois être particulièrement flippante à le regarder de la sorte.

-Tu peux m'expliquer, s'il te plaît?

Il m'observe puis descend du bureau pour se positionner devant moi, accroupi.

-Donnes moi ta main.

Je le lui tends, un peu perdue.

-Que vas-tu faire 198?

-Tais toi, je dois me concentrer. Il ferme ses yeux et reste ainsi un long moment sans que rien ne se passe. La lumière qui illumine la pièce commence à clignoter comme si tout allait exploser. Puis, brusquement, il les ouvre et tremble. Ses yeux ressemblent à deux kaléidoscopes et j'ai l'impression qu'il convulse devant moi. Malgré moi, je pousse un hurlement et essaie de libérer ma main qui se retrouve comme dans un étau. J'ai l'impression qu'on essaie de m'ouvrir le crâne.

Je sens un éclair qui nous transperce de part en part, comme à notre première rencontre. Son cri est tonitruant mais la douleur qui nous perce s'arrête immédiatement quand il enlève sa main de la mienne.

Puis il se retire, soufflant comme s'il était en apnée. Ses cheveux luisent de sueur et sa main qui tenait la mienne est zébrée de rouge. Comme ma main droite d'ailleurs.

-Ça va 234? Il tousse et s'assoie contre le mur.

-Je crois... Je crois que oui. Et toi? Je me rapproche de lui pour lui toucher l'épaule mais il m'arrête.

-Ne me touche surtout pas... La décharge pourrait te tuer...

Silence pesant tandis que je m'éloigne à reculons de lui. Je ne dis rien pendant un petit moment pour me rendre compte de ce qu'il vient de se passer. Puis je me mets à réaliser.

-C'était quoi ça, bordel ! La colère commence à pointer son nez, je la sens m'embraser petit à petit.

-Mon aptitude... Je ressens tout... Et quand la douleur est trop forte... L'éclair essaie de tout tuer...

-Tu peux être plus précis?

Il est essoufflé et a la chair de poule mais il se relève.

-C'est un peu compliqué... Il se rassoie sur le bureau et passe ma main sur son front en sueur. Je peux dresser un rapport complet sur toi, savoir un peu près tout mais je dois faire appeler à de l'électricité pour ça... Mais quand je veux entrer dans la tête de la personne pour percer sa mémoire et débloquer ses souvenirs... L'éclair arrive et détruit mon travail.

-Donc... Tu essayais de me rétablir ma mémoire? Ma voix est chevrotante.

-Exactement... J'ai réussi cet exploit sur uniquement une seule personne mais sa mémoire était comme vide... Ce n'était d'une coquille vide. Pour toi... Je n'ai pratiquement rien vu.

-Pratiquement? C'est que tu as vu quelque chose quand même ! Je me relève d'un coup d'un seul.

-Oui. J'ai vu une petite fille en sang qui baragouinait quelque chose...

-Une petite fille?

-Oui, elle disait... Je crois que j'ai entendu son prénom. Maddie.

Étrangement, je fonds en larme et manque de éclater au sol quand 198 m'attrape de justesse.

-Maddie... Un sanglot m'arrache un hurlement. Mon cauchemar me revient... Du sang bleu coule de mon nez et un peu du produit disparaît de mon sang. Je sens mes yeux vibrés dans tous les sens et mon corps se cabre en arrière.

Une énorme douleur me vrille encore une fois le crâne et je me sens attirée dans un grand trou noir.

-Oh merde ! 234 ! 234 ! Restes avec moi ! Mais sa voix s'éloigne de plus en plus de moi, comme si on me recouvrait d'un voile.

---

1 mois plus tard


Je suis assise, droite comme un i sur ma chaise. Je suis là depuis des heures, à ne rien faire, des électrodes collées sur ma peau et ma tête, reliée à une machine qui enregistre mes ondes. Je m'ennuie mais ne laisse rien paraître, si on m'y oblige, je dois le faire. C'est odieux n'est-ce pas?

Depuis mon black-out, le jour deux, je ne vois plus 198 que pour les entraînements et encore, nous nous évitons. 673 est contente car elle est sûre, à présent, que 198 n'est pas intéressé par moi et donc, elle se donne à cœur-joie pour le draguer devant moi. Or, je me fiche complètement d'avoir une relation avec mon statut actuel.

Quant à moi, je perds peu à peu des parcelles de souvenirs. Mais le cauchemar de Maddie persiste, un des seuls souvenirs que je garde réellement de la nuit avec 198. Rien n'arrive à l'enlever et ça m'arrange. Je commence à devenir une des coquilles vides qui traîne dans les couloirs du bunker. Du moins, tout ceci est une simple façade.

L'Agent Luke reste l'homme sévère et froid qu'il est mais je le sens me regarder longuement pendant les entraînements. Je ne réagis pas, espérant qu'il pense que je suis entièrement sous contrôle de Maxwell. Mais d'un côté, je frissonne quand il me touche et je rougis comme une tomate. J'espère très sincèrement qu'il ne le remarque pas, sinon cela mettrait à mal notre mission.

Peut-être que ce je vous raconte vous perd. Reprenons après mon évanouissement, dans la nuit du 11 et du 12 novembre 2152.

"Mes paupières sont aussi lourdes que du plomb mais je m'efforce à les relever. Le sang frappe mes tempes et je me sens obligée de porter ma main sur mon front bouillant. Je ressens un poids à côté de ma jambe droite.

-234 ! Ça y est ! Oh seigneur, merci ! Je le sens mettre ses mains en prière puis me réveille entièrement.

-Merde... Je touche la base de mes narines puis mon crâne. Qu'est-ce qui s'est passé? Je tente de me lever mais 198 pose doucement sa main sur mon ventre pour m'indiquer de ne pas bouger. Il sourit doucement puis sort une seringue bleue. J'ai un mouvement de recul, évidemment.

-Tu t'es évanouie puis j'ai tenté de sauver quelques souvenirs au cas où. C'est pourquoi tu as mal au crâne. Cependant, je n'explique pas pourquoi tu as eu du sang bleu... Il se reprend après avoir baragouiner dans sa barbe inexistante. Tu vois ça? C'est la seringue que Miss Buckley est censée t'injecter dans quelques minutes.

-Tu ne vas pas... Je t'en supplie...

-Non non, ne t'inquiètes pas. Je vais la détruire et la remplacer par une autre qui ne te transformeras en espèce de marionnette pour Maxwell,et Gib'. Il a un sourire malfaisant puis sort une seconde seringue, identique qu'il prend dans l'autre main. Voilà le nouveau liquide. Je vais devoir te demander de faire l'actrice pendant que je trouve un moyen... Pour nous sauver.

-Nous sauver? Mais tu es complètement fou !

Il se donne un petit coup de doigt sur le crâne puis sourit.


-Petit reste de ce que tu sais. Il cligne de l'œil puis reprend son air sérieux. Tu es prête à faire ce que je te dis?

Je réfléchis puis le regarde intensément.

-Si on peut se sauver, je suis avec toi.
"

C'est pour cette raison que nous ne nous parlons plus durant la journée. 198 et moi nous nous réunissons la nuit, durant la période pour l'électricité est coupée, à minuit. Nous nous faisons un rapport journalier puis il m'aide à me rappeler de certains éléments que je dois mimer pour être la plus crédible dans mon rôle.

J'ai voulu faire actrice étant enfant mais maintenant que je joue 15 heures sur 24 un rôle, je n'ai qu'une hâte, c'est que 22h sonne et que j'enlève le masque.

198 me soutient énormément dans cette épreuve fastidieuse, n'oubliant jamais que changer les seringues par celles qui m'apportent une certaine liberté. Je ne peux que le remercier pour ça.

-Sujet 234? Mary entre dans la salle, avec un sourire d'ange, et enlève les électrodes. Votre enregistrement est fini, merci de n'avoir pas bougée pendant deux heures. Vous pouvez rejoindre votre escadron. À demain matin !

Je lui souris mécaniquement puis me lève et sors, comme un robot. J'avoue que c'est assez bizarre mais je m'y suis faite avec le temps. Je me souviens que j'aimais bien les films de science-fiction avant mais je n'aurais jamais imaginé que je vivrais un film en réalité quelques années plus tard.

Les couloirs semblent toujours aussi longs qu'à mon réveil mais je m'y suis habituée avec le temps. J'avance puis déboule dans la salle d'information où le directeur est assis au bout de la table et est entouré de mes confrères. Il m'indique la chaise qui me fait face et des Nanopads sortent que la table en béton au moment où je pose mon fessier sur la chaise en cuir.

Pendant ce premier mois, nous avons pu étudier le profil des numéros 065, 404, 553, 365 et 979. Ce fut très intuitif mais l'épisode Hunter O'Connor me traverse encore l'esprit.

Aujourd'hui, nous étudions 673, qui sourit en ouvrant son dossier. C'est aujourd'hui qu'elle apprend sa mission principale. Elle espère évidemment avoir une place dans la partie militaire de la chose. J'ai appris avec le temps qu'elle n'était pas vraiment dans la discrétion et l'infiltration. Contrairement à moi.

Maxwell nous laisse l'ouvrir mais nous interdit de le lire directement. Il commence alors:

-La séance d'aujourd'hui sera légèrement spéciale puisque nous allons nous renseigner sur vous, Sujet 673. Il paraît évident que la concernée doit nous renseigner par elle-même. Voyons ce que nous savons déjà. Pouvez-vous commencer 673?

-Bien-sûr. Elle affiche un air hautain puis commence à lire. Sujet 673, 7eme réveil. Date de rétablissement: 4 avril 2152 à 03h45. Lieu actuel de résidence: Bunker 10, États Fédérés d'Amérique du Nord. Aptitude: Télépathie et transmission mentale à longue distance. Elle lève le menton et sourit de toutes ses dents pour montrer sa supériorité. Langues parlées: Américain et espagnol. Mission princi-... Elle se stoppe un instant puis ouvre sa bouche en O. Elle prend un temps infini pour reparler puisqu'elle semble être sous le choc.

-673, pouvez-vous poursuivre et arrêtez de faire perdre du temps ! Dit Maxwell qui semble excédé de sa lenteur.

-Excusez-moi monsieur. Elle toussote puis reprend sa lecture. Mission principale: Infiltrer les Mortels et envoyer leurs cordonnées aux bunkers alentours.

Tout le monde semble surpris mais ne laisse rien paraître. Sauf Maxwell qui est parfaitement serein.

-Je suppose que cette mission ne vous enchante guère vu votre expression mais vos aptitudes ont montré que vous étiez faite pour ça. Vous êtes déçue?

-Non, ne vous méprenez pas, j'espérais autre chose. Mais si c'est ce que vous souhaitez..

Soudainement, 198 se lève de sa chaise et regarde le directeur qui a un petit sourire malsain.

-Mais monsieur ! Vous ne pouvez pas faire ça ! 673 est la meilleure en combat et en tir ! La réduire au rang de simple informatrice est complètement idiot ! 198 tape du poing sur la table et manque de la briser en deux. Vous l'envoyez à la mo-...

Je ne peux m'empêcher d'être inquiétée quand Maxwell lève le bras et indique aux Agents qui entourent la pièce d'emmener le Sujet 198 hors de la salle.

-Dictateur cruel ! Tueur ! Hurle 198 en étant soulevé par deux gorilles en costards.

Le silence prend place quand la porte se ferme sur lui. Maxwell se lève à son tour et passe derrière nous deux, stupéfaites par ce qui vient de se passer. Arrivé au niveau de 673, le directeur se penche vers elle, lui attrape violemment la mâchoire puis tire sa tête et glisse à son oreille une phrase qui me fait frissonner. Il appuie si fort qu'il manque d'arracher la pauvre mâchoire du Sujet 673.

-Maintenant, vous saurez qu'il faut obéir à chacun de mes ordres, sauf si vous aimez la douleur... Puis il la lâche et sort de la pièce en indiquant d'étudier le dossier pour la prochaine fois. 673 tombe lourdement au sol et fond en larme.

Heureusement que tout le monde est sorti, je peux oublier mon rôle et aider la jeune mexicaine qui pleure toutes les larmes de son corps.

Comme quoi, c'est une manie de pleurer dans ce bunker.

Je me rue au sol, installe la tête du Sujet 673 sur mes genoux et lui caresse le crâne pour la calmer.

C'est ce que maman faisait quand j'allais mal ou que Maddie pleurait. Je sais que maman se débrouillerait mieux que moi pour faire ça, mais ça semble calmer 673 qui s'apaise petit à petit.

-Valentina. Chuchote-t-elle.

-Quoi?

673 se relève et se tourne bien en face de moi. Elle a les yeux bouffis après avoir pleurée et un petit hématome violet foncé sur chacune des joues. Alors qu'elle semble abattue, son regard, d'habitude aussi dur que l'acier, a une lueur de terreur.

-Valentina Garcia. C'est mon prénom et mon nom. Et je suis envoyée à la mort. Elle dit ça froidement puis se laisse retomber sur moi, les yeux embués.


Kimmy O'Connor:









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Re: Daloriia's Factory

le Mer 31 Aoû 2016 - 11:53
J'aime beaucoup ! Kimmy est vraiment originale et mignonne !
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Re: Daloriia's Factory

le Sam 3 Sep 2016 - 16:56
Trop de choooooooooooooooses.
Bon j'ai pas encore tout lu parce que je viens de lire tout les chapitres de 2150 que j'avais en retard et ça fait beaucoup. Certaines choses me semblent aller très voir trop vite (la scène où 198 et Taya surprennent la discussion du directeur me semble arriver un peu comme un cheveux sur la soupe) mais le dernier chapitre m'a lui beaucoup plus.

Kimmy est très belle, j'aime beaucoup le travail que tu as fait sur son regard, elle a un petit air sauvage qui me plait.

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Re: Daloriia's Factory

le Sam 15 Oct 2016 - 19:50
Merci les filles et je suis d'accord avec toi Lady, cette scène sera réécrite (je sais plus si je ne l'ai pas déjà fait, faudrait que j'aille voir d'ailleurs). Je compte faire des changements avant de tout finir sinon ça n'a pas de sens.

Merci merci pour petite Kimmy, elle vous envoie de l'amour.

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TROP DE TRUCS OMG

Déso, pas déso, pas d'intro. ('tin ça rime). Bon visionnage !

Le feu qui brûle la glace:
Réveil...

Voir le fond...

Jaune sable.

Chaude.

Il se révèle, son front plissé, la peur au ventre.

À ses pieds, le doux rêve, gisant dans le rêche désert, s'enfonçant peu à peu dans l'immensité du rien.

Il a froid.

Il ne sait pas vraiment définir cette ombre informe. Mais tout ce qu'il sait, c'est que ce morceau noir perce le sable qui réside en maître.

L'envie de toucher lui caresse l'esprit, mais il se retient, n'osant pas l'a réveillé. Cependant, l'homme s'accroupie au dessus d'elle et se surprend de voir dans cette simple ombre, un coeur qui bat.

Il s'approche encore, ressentant une attirance exquise pour ce corps chaud.

Il se gèle.

L'ombre remue. L'homme, surpris, se relève aussi sec.

"Cela ne doit pas être réel..." pense-t-il.

Puis un vent frais et brusque le bouscule violemment, il s'écrase comme pomme tombant de son arbre fruitier. Ses muscles le coincent dans une léthargie. Son souffle se coupe, le vent balaie les grains de sable et l'étouffe peu à peu.

Il devient glace.

Il suffoque et meurt à petit feu quand il sent l'ombre le recouvrir, bouclier contre l'infâme meurtrier qui rôde dans l'espace-temps. Il veut pleurer mais rien ne s'échappe à part un goût salé qui le transperce de part en part. Simple fierté.

Puis d'un coup d'un seul, l'ombre se mouve sur lui, prenant l'apparence d'une femme aux cheveux aubrun. Alors qu'elle s'approche, douce comme la soie, de lui, il sent le parfum.

Et quel parfum...

Celui de plus beau d'entre tous.

L'ombre pose ses lèvres sur les siennes, l'embrassant avec passion. Le vent s'arrête.

L'homme peut encore voir la lueur du cœur. Elle bat au rythme du sien. Un tambour résonne dans son habitacle, aspirant le mal qui l'occupe.

Le désert s'infiltre entre ses pores, effaçant les dernières traces de l'enfance. Le vent n'est plus là mais les marques restent. L'ombre disparaît à son tour, un triste sourire dessiné sur son visage, laissant l'homme allongé sur le sable.
Sa paralysie abandonne chacun de ses muscles et il ferme ses yeux, la fatigue l'emportant sur tout le reste.

L'homme, allongé sur son matelas, se réveille de son rêve. Deux visages pour le même rêve. Cauchemar ou rêve, il se tourne sur son flan gauche et pose sa main sur les cheveux auburn qui s'étalent sur la taie d'oreiller. Doucement, il les caresse et sent le feu les parcourir.

Il frisonne à son contact.

Le feu et la glace, deux amants, partageant un simple souvenir. Un rêve.

Sims 3:














Sims 4:















Bonne journée/soirée !

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Re: Daloriia's Factory

le Dim 16 Oct 2016 - 16:14
Comme à chaque fois j’apprécie toujours autant ta plume.

Tes paysages S4 sont tous très beaux mais j'ai une préférence tout de même pour tes portraits S3. Tu sais bien mettre en valeur la beauté de tes modèles.

Tes dernières simsettes S4 sont toutes très intéressantes, t'aimes bien les oreilles décollées non ?

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Re: Daloriia's Factory

le Jeu 20 Oct 2016 - 14:36
Merci ma Lady ♥️ !

J'avoue que les oreilles décollées rendent bien sur les Sims 4 donc je m'y donne à cœur joie et si ça peut les démarquer tant mieux .

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Re: Daloriia's Factory

le Jeu 20 Oct 2016 - 15:09
J'admire réellement absolument tout ce que tu fais ! Et c'est vrai que tes simsette 4 sont vraiment magnifiques et originales. J'aime tout particulièrement leurs skins. Et les oreilles décollées, c'est mimi !
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Daloriia
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Re: Daloriia's Factory

le Jeu 20 Oct 2016 - 15:24
Merci petite Tylda émue , ça me fait chaud au cœur !

Je tiens juste à dire que ce sont les skins de bases que j'utilise, j'ai juste trouvé des freckles et des boutons . Comme quoi, ça marche bien hein !

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Caroline
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Re: Daloriia's Factory

le Ven 21 Oct 2016 - 14:22
Tes photos sims 3 sont sublimes ! J'adore la bouille du bambin
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Ythylolyn
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Re: Daloriia's Factory

le Sam 22 Oct 2016 - 13:47
pour ma part, j'ai un faible pour ta première sims 4, la brune aux oreilles décollées
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